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Concorda – La Théorie des Quanta 3/10

Cover Concorda La Theorie des QuantaTroisième des 10 premiers chapitres du Roman Concorda – La Théorie des Quanta, sorti le 18 Janvier (cliquez ici pour vous le procurer)

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La silhouette était athlétique, les épaules brutales, larges et musclés. Sa voix était presque féminine et douce.

Cette corpulence, cette voix appartiennent au directeur de l’Ha-Mosad le-Modi’in u-le-Tafkidim Meyuhadim, plus connu sous le nom de Mossad, l’agence de renseignement israélienne la plus puissante, Allon Shey.

En face de lui, le directeur de la section économique de l’Institut. Mince, de taille moyenne. Les yeux verts s’abritant derrière des lunettes fines d’intellectuel.

Haïm Tzvi écouta son supérieur avec attention.

– L’opération a été parfaite !

Dans son bureau du QG du Mossad à Tel-Aviv, Allon Shey regarda Haïm Tzvi et rêva.

Il y a longtemps que les deux hommes se connaissaient.

Il savait tout de Tzvi.

Il savait que le responsable de la section économique de l’Institut était né à Jéricho, qu’il était le fils d’un Banquier Hongrois échangé par les Nazi durant la seconde guerre contre des Templiers allemands.

Cet épisode de l’histoire avait toujours amusé Allon Shey, par son ridicule.

Entré au Mossad dans les années soixante-dix il avait gravi un à un les échelons pour devenir directeur d’une section qui devenait, suite à la chute du Mur de Berlin, indispensable dans la nouvelle guerre économique qui ce dessinait à l’aube du 11 Septembre 2001.

Tzvi avait traqué à la City de Londres les avoirs de la famille Ben-Laden, mais son fait d’arme récent était d’avoir compromis un oligarque russe, ayant plusieurs intérêts en Israël, immigré dans une autre terre sainte à Monaco, alors que ce dernier blanchissait de l’argent.

Un succès d’autant que le FSB était aussi à la poursuite de l’homme d’affaires. Mais, le directeur du Mossad savait aussi que Tzvi n’avait pas de réels opinions politiques concernant la campagne de Tsaal contre le monde musulman qui l’entourait.

Seul comptait l’économie.

Les chiffres.

Les deux hommes se respectaient depuis que Shey avait été nommé Directeur du Mossad en juin 2010.

Allon Shey avait un sourire.

Un large sourire.

Tzvi y répondit, mais plein de réserve.

Il voudrait d’abord savoir ce que signifiait cette cordialité.

– Haïm, dit Shey de sa voix de tête, la première phase de l’opération a été un succès, mais il faut enfoncer le clou.

Un silence.

Un silence voulu.

Il fallait que Tzvi comprennent que cette mission était un plan qui ne concernait pas réellement l’intérêt d’Israël, mais du Mossad.

Qu’il le comprenne bien.

– Nous devons trouver le moyen de le compromettre. De le neutraliser. Définitivement.

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Spygate – Retour vers le futur pour Renault

Immeuble 68 rue de la Chaussée-d'Antin à Paris 9eme arrondissement (patrimoine de france.com)Le numéro 68 de la chaussée d’Antin était connu de beaucoup d’historiens.

C’était là que Mirabeau vivait dans un charmant hôtel particulier appartenant à l’actrice Julie Carreau, entre cour et jardin.

Le Senateur Richard Brown entra dans la salle à manger, un homme l’attendait envahissant la pièce de son extraordinaire physique. A chaque visite, la même impression. La demeure de François Glorio était puissante, intriguante, ancienne.

Un autre temps, dans un autre monde.

L’homme avait encore vieilli depuis leur dernière entrevue. Les dommages du temps qui passe sur cette silhouette si imposante. Sir Richard Brown remarqua que le port de tête, si orgeuilleux se tassait, mettant en avant un double menton.

La voix tonnait toujours autant.

Dernier vestige du personnage se disait Sir Richard Brown

– Les français se sont donc lancés aujourd’hui dans l’aventure, tonna la voix de François Glorio

Une question rhétorique qui n’appelait pas de réponse. Il enchaîna.

– Maintenant que le retour est amorcé, il va falloir signer un pilote de pointe… La voix s’étouffa en même temps qu’un verre de vin s’écoula finement dans la gorge de François Glorio.

Sir Richard Brown avait pour habitude de ne jamais rien dire lors de ses entrevues avec l’ancien président de la Fédération Internationale du Sport Automobile et fondateur du réseau Concorda. L’homme étant âgé, l’entretien n’était que dans un sens. Le sens de l’écoute, car le débat était inutile.

– Comme à chaque fois que les français reviennent en Formule 1, ils vont chercher leur dernier champion. En 1989, c’était Ayrton Senna, en 2000 c’était Jacques Villeneuve. Là ce sera Fernando Alonso. D’ailleurs Ghosn a déjà formulé un désir dans ce sens. Reste qu’historiquement le problème est qu’aucun de ces anciens champions n’est revenu immédiatement, comme souhaité par la direction du constructeur français…

Senna n’avait signé qu’en 1994 et Villeneuve en 2004 pour une pige de trois courses seulement, estima Sir Richard Brown, buvant son verre de Bordeaux en fixant l’ancien président de la FISA.

La voix de François Glorio envahissant la pièce à chaque détonation. Ils étaient seuls dans la salle à manger comme à chaque rendez-vous. Une habitude entre les deux intriguant.

– Vous savez quelle sont les modalités du contrat du pilote espagnol ?

– Il a signé un contrat de trois saisons, 2015, 2016 et 2017. Mais il semble, d’après mes informateurs, que la dernière année soit une option. Expliqua calmement Sir Richard Brown.

– Et le salaire ?

– De ce que l’on sait il touchera le même salaire en 2015 et 2016, mais 2017 il y aura une forte baisse.

Un silence.

François Glorio dégustait son poulet-salade avec une méticuleuse attention. Puis épongea sa bouche avant de reprendre la conversation.

– Les français vont faire comme ce qui a été fait dans les années quatre-vingt dix. L’ère précédente était un rattrapage des années quatre-vingt avec Prost. Ils ont été champion du monde avec un pilote qui a débuté sa carrière et obtenu ses résultats avec eux. Aujourd’hui leurs ambition est de venir une marque premium, donc d’avoir les meilleurs pilotes du monde. Hors qui sont t’ils ? Hamilton, Vettel et Alonso. Comme l’on été Mansell, Prost et Senna. Toutefois je ne pense pas que l’anglais acceptera, il a fait toute sa carrière avec les allemands. A moins que Raikkonen et Button… je me penche plus sur leur cas pour 2017… eux aussi sont des anciennes gloires de la marque et des alternatives séduisantes. J’estime le finlandais favori…humm. Quoi qu’il en soit, je pense que l’espagnol fera une ou deux saisons et ira en retraite et que l’allemand Vettel sera le dernier de la liste, car il a été le dernier champion du monde de la marque en 2013.

L’avenir risque d’être assez mouvementé sur le marché des transferts 2017 et surtout 2018/2019, estima Sir Richard Brown.

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Concorda – La Théorie des Quanta 2/10

Cover Concorda La Theorie des Quanta

Deuxième des 10 premiers chapitres du Roman Concorda – La Théorie des Quanta, sorti le 18 Janvier (cliquez ici pour vous le procurer)

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F1 : SIGNATURE D’UNE LETTRE D’INTENTION ENTRE LE GROUPE RNA ET OBLIVION MOTORSPORTS Ltd

Le Groupe Eunos et Oblivion Motorsports Ltd., une filiale de  Lamassu Capital SA, ont le plaisir d’annoncer la signature d’une Lettre d’Intention portant sur l’acquisition potentielle par RNA d’une participation majoritaire dans le capital Aspid F1 Team Ltd.

La signature de cette Lettre d’Intention marque le premier pas vers le projet d’une écurie Eunos en Formule 1 en 2016, poursuivant ainsi l’engagement de la marque dans la discipline reine des sports mécaniques.

Le Groupe Eunos et Oblivion Motorsports Ltd., travailleront ensemble dans les prochaines semaines pour transformer cette lettre d’intention en accord définitif, sous réserve que tous les termes et conditions entre eux et avec les parties prenantes se concrétisent.

 

 

Le voyage avait été ridiculement humiliant.

Un bimoteur, foula par miracle le tarmac de l’aéroport de Larnaca. Le contact des roues avec le sol étaient couvert par le bruit sourd des pâles du moteur à piston.e voyage a été ridiculement humiliant.

Lâchant son Falcon pour un modeste Cessna 421 bimoteur d’un autre temps Irfan Sarkis avait survolé les quatre cent soixante douze kilomètres séparant Tel Aviv et Chypre en deux heures.

Autant dire une éternité.

Durant le voyage, Irfan Sarkis avait l’impression qu’il avait vieillie d’un siècle et se demandait comment un homme d’affaire respectable pouvait voyager dans un tel engin. La vitesse étant désormais l’un des principaux facteurs de réussite, le vieux Cessna représentait l’âge de pierre.

Le crépuscule laissait un léger souffle chasser les nuages pour faire place à plus d’encre dans le ciel.

La soirée s’annonçait pluvieuse.

Sarkis entra dans un taxi. Moins d’une heure plus tard il pénétrait dans le hall du Londa Hôtel. Établissement cinq étoiles au bord de la mer méditerranée.

Un défi face au Liban tout proche.

Découvrant sa suite vue latérale partielle Mer, Sarkis songea à son équipage. Le commandant Matthieu l’avait rassuré en embarquant dans le vieux Cessna. Il ne pouvait l’accompagner, le règlement de l’entreprise de location était claire. Il devait rester auprès du Falcon saboté.

Saboté.

Sarkis n’avait pas réellement eu le temps de repenser à l’acte de sabotage tendu par le Mossad. Depuis plusieurs mois, les services secrets Israélien souhaitaient l’éliminer.

Il en devenait paranoïaque.

Chaque personne le fixant, le dévisageant d’un profond et insistant regard était perçu comme un agent de l’institut.

Sa colère monta.

Planté derrière la grande baie vitrée de sa suite, Sarkis regardait le balai des ombres dans le ciel qui allait former un violent orage. Demain il sera à Londres et ensuite il rentrera à New York.

Chez lui.

Loin.

Sarkis hésita un instant. La main plongée dans la poche de son pantalon de costume. Son Blackberry sous les yeux. Il devait régler un autre problème.

Deux sonneries se firent entendre.

Une voix.

Menaçante.

– Je vous avais bien indiqué qu’il ne fallait pas me joindre avec votre numéro personnel, fît la voix cassante.

– Je sais bien, mais je devais vous parler, balbutia Sarkis

– Vous faites beaucoup trop d’erreurs…

Un silence qui glaça l’assurance de l’homme d’affaires.

La voix repris brusquement.

– Vous voulez quoi ?

– Je…je voulais que vous honoriez votre part du contrat ! s’écria Sarkis au bord de la perte de contrôle.

– Vous rigolez j’espère ? Si vous m’appelez c’est pour gagner du temps. Donc vous avez échoué….Lamentablement. Comme je vous l’avais dit, rendez-vous dans soixante-douze heure à la banque.

La réponse n’avait pas tardé.

Encore plus implacable que le début de la conversation.

Levant ses yeux vers le mur blanc de sa suite, Sarkis tentait de réfléchir.

Vite.

Le temps d’une réplique cinglante pour reprendre l’avantage.

Il n’en aura pas le temps.

– Un conseil Sarkis, évitez de vous plaindre. Vous n’en avez pas le pouvoir.

La conversation stoppa nette.

La voix c’était éteinte,  laissant place à un bip bip qui réveilla Sarkis.

Il était choqué.

Relâchant ses muscles il s’affaissa dans son fauteuil blanc, le regard perdu.

Il avait échoué.

Il était désormais entré dans le chemin des condamnés.

Dans soixante-douze heures il perdra tout.

< Partie 1         Partie 3 >

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Concorda – La Theorie des Quanta 1/10

Cover Concorda La Theorie des Quanta

Premier des 10 premiers chapitres du Roman Concorda – La Théorie des Quanta, sorti le 18 Janvier (cliquez ici pour vous le procurer)

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Son costume en coton beige et sa chemise blanche au col largement ouverte sur une chaîne en or étaient fouettés par le vent. L’homme attendait que sa cigarette brûle son index et son pouce, alors qu’il avait le bras lâché le long de son corps, regardant l’horizon au travers ses lunettes Police.

La chaleur étouffante de la journée laissait place à un air frais venant de la Méditerranée.

Cela faisait une heure qu’il patientait.

Son paquet de cigarette largement entamé. Il ne fumait qu’en de rares occasions. Souvent lors d’une forte poussée de stress.

C’était le cas.

Devant lui la mer, derrière lui le silence du désert.

Autour de lui le sifflement des réacteurs et turbopropulseur d’avions allant et venant sur le tarmac de l’aéroport Dov Hoz à seulement trois kilomètres de Tel Aviv.

La capitale israélienne ne laissera pas un souvenir merveilleux à l’homme qui attendait patiemment son heure. Après avoir longuement entretenue des liens d’affaires, ses partenaires israéliens lui avaient émis une fin de non recevoir à son projet.

Un déplacement pour rien.

Un déplacement qui devait vite être oublié.

– Maudit pays…jura l’homme aspirant une ultime bouffée de poison.

La braise du mégot s’écrase dans un éclat sur l’asphalte du complexe aéroportuaire. Il avait atterrit à Dov Hoz par commodité. Moins compliqué que l’aéroport Ben Gourion, il était surtout situé plus proche de la capitale et évitait les embouteillages que l’homme d’affaires n’avait pas envie de subir. Après tout il y en avait déjà assez à New York et à Londres. Alors, pourquoi encore s’envahir d’un stress supplémentaire.

– Monsieur ?

Dans son dos, le commandant Dominique Matthieu, le pilote de la société Dassault, un ancien de l’armée de l’air tricolore, environ cinquante ans, était très méticuleux. L’homme d’affaire l’utilisait depuis plusieurs années et Matthieu était la seule personne envers qui il pouvait confier sa vie. Il ne se retourna pas, attendant que le Commandant parvienne à sa hauteur et répète en forçant sa voix pour couvrir le raffut des ronflements des réacteurs.

– Monsieur ?

– Oui je sais il est l’heure j’arrive.

La main du commandant Matthieu se posa sur l’épaule de son patron.

– Il n’est l’heure pour rien du tout, Monsieur.

Matthieu lâcha ses mots sans aucune émotion. L’homme releva la tête et le visage du pilote se reflétait sur les verres de ses lunettes.

– Dominique ?

Le commandant tourna les talons et invita d’un geste son patron qui retirait ses lunettes.

– Que se passe-t-il ?, Dominique ?

– Suivez-moi Monsieur. Je vous en prie.

L’homme d’affaires emboîta le pas de son pilote. Ses mocassins foulaient un tarmac brûlant. La fumée du goudron s’évaporait à l’horizon et le trouble brouillait la vue à plus de dix mètres. Au pied du Dassault Falcon 7X louée pour l’occasion, l’homme découvrait les visages de Jonathan et Mylan, le copilote et le mécanicien. Ils étaient l’un et l’autre livides. Le commandant Matthieu s’engagea le premier sur les marches de la passerelle de l’appareil, suivi par son patron. La cabine passagers du Falcon était baignée par le soleil couchant, le pilote se faufila vers l’arrière jusqu’au bloc des toilettes où la lumière était allumée. Le commandant s’agenouilla près du siège des W-C chimique, jeta un œil derrière son épaule et pointa du doigt le plancher.

– C’est quoi ce bordel Dominique ?

Le commandant se releva et s’effaça pour que son patron puisse lui aussi se mettre à genou.

– C’est là, monsieur…

La main du pilote trembla subitement et s’avança par-dessus l’épaule de l’homme d’affaire. Le doigt assuré quelques secondes auparavant tressaillait. Recouvrant un trou.

Minuscule.

Le boss passa la paume de sa main sur l’emplacement indiqué et sentit un faible courant d’air.

Imperceptible si l’on ne s’y approchait pas.

Mortel s’il n’avait pas été découvert.

La voix du commandant Matthieu resta neutre, toujours sans émotion

– Au-delà de dix milles pieds c’est la dépressurisation…et nous serions tous mort dans la mer Méditerranée en quelques secondes.

– Qui a…Qui a trouvé ça ?

– C’est Mylan lors de sa tournée d’inspection. Nous inspectons à tour de rôle l’appareil par mesure de sécurité. La routine en somme. Mais personne ne l’avait vu. Le découvrir maintenant tiens du miracle.

Dominique Matthieu aida son patron à se redresser. Ils quittèrent la cabine. Redescendant la passerelle. L’homme d’affaire se dirigea vers Mylan, qui baissa les yeux pudiquement, lui posant une main sur l’épaule gauche.

– Merci…Merci c’est de l’excellent travail.

Le cœur cognait dans sa poitrine.

Un miracle oui.

Cinq petites minutes et il était mort.

S’éloignant de la piste, il tira une nouvelle cigarette de son paquet et son zippo. Le commandant Matthieu, derrière lui le suivait. Remettant ses lunettes Police, l’homme tourna son buste en direction du majestueux Falcon. Chef d’œuvre de technologie et pour le coup cercueil volant des plus élégants. Malgré la chaleur, un frisson parcourrait son corps. Fermant les yeux, il leva sa tête pour contempler le ciel bleu azure.

Il pouvait hurler pourquoi.

Mais il savait pourquoi.

Marchant en direction de sa voiture, il se contenta d’un murmure

– Mossad…

Partie 2

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