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Avant Poste – PK Orlen, le retrait et le scandale

Le 8 Janvier 2025, la société PKN Orlen annonce être parvenu à un accord pour récupérer 100 millions de dollars sur les 400 millions de dollars de paiements anticipés pour le pétrole d’un contrat vénézuélien et d’autres hydrocarbures que la société n’a jamais reçus. En vertu de cet accord, Orlen, contrôlée par l’État, récupérera les 100 millions de dollars en plusieurs tranches d’ici la fin de l’année auprès d’Horizon Global, une société basée à Dubaï.

Le lendemain, le pétrolier annonce viser à investir 380 milliards de zlotys (91,5 milliards de dollars) d’ici 2035, dans de nouvelle technologies et énergies vertes. Orlen a déclaré que son dividende garanti en 2025 passerait de 4,30 zlotys à 4,50 zlotys par action, tout en maintenant sa politique d’augmentation annuelle de 0,15 zlotys par action par la suite. La société aura également la possibilité de recommander des versements de dividendes plus élevés, jusqu’à 25 % des flux de trésorerie d’exploitation annuels, nets des coûts de financement.

Tout ce charabia de marché boursier est une communication anticipant un double événement arrivé par la suite. Le 15 Janvier l’annonce du retrait du sponsoring de la société pétrolière, comme sponsor secondaire de l’écurie Visa Cash App RB pour la saison 2025. Une saison avant son terme est dévoilé, sans véritable surprise pour les observateurs. Le deal est un manque de 15 millions d’euros par saison pour VCARB.  A ce moment, la valeur de l’entreprise ayant chuté de 20% au cours de l’année 2024, la situation géopolitique avec la Guerre en Ukraine et la Russie et l’arrêt/sabotage de l’oléoduc Nord Stream, étaient des raisons suffisantes pour annoncer un retrait logique en F1. En réalité, pas du tout.

La chute à une raison : la corruption de ses dirigeants.

Le jour même de l’annonce du retrait de PK Orlen en F1, le ministère polonais des affaires étrangères annonce sur son compte X, que l’ancien directeur d’Orlen Trading Switzerland (OTS) a été arrêté aux Émirats arabes unis. Ce cadre dirigeant, désigné uniquement sous le nom de Samer A. en vertu des lois polonaises sur la protection de la vie privée, est accusé d’avoir conclu des contrats qui ont entraîné des pertes de 378 millions de dollars pour Orlen et sa filiale suisse. Le fruit d’un mois d’enquête.

En octobre, un tribunal polonais a ordonné la détention d’un autre cadre de l’OTS pendant trois mois dans le cadre de l’enquête. Orlen n’a pas récupéré l’argent envoyé par l’OTS en paiement anticipé des livraisons de pétrole. La société a acheté du pétrole pour plus de 100 milliards de zlotys (24,64 milliards de dollars) entre 2018 et 2023 et n’a jamais effectué de paiements anticipés, a déclaré la société en novembre. Notons que dans la pratique des grandes compagnies pétrolières, ces dernières utilisent généralement des lettres de crédit lorsqu’elles achètent des produits de base. Cela n’a pas été le cas ici. Pour simplifier, la société d’état a servie de tirelire.

Règlement de compte au sommet de l’état

Les actionnaires de la société polonaise Orlen ont soutenu en décembre 2024, une résolution permettant à l’entreprise de demander des compensations à 13 anciens cadres supérieurs, dont l’ex-PDG Daniel Obajtek, pour les pertes financières subies par le raffineur sous leur mandat. Le gouvernement polonais pro-européen, alias Tusk III, élu en décembre 2023, considère Orlen comme un symbole des efforts déployés par l’administration précédente, le très conservateur gouvernement Morawiecki III en poste depuis 2019, pour utiliser les entreprises contrôlées par l’État à des fins politiques.

Après le changement de direction, les procureurs ont lancé plusieurs enquêtes sur les actions de l’ancienne équipe de direction dirigée par M. Obajtek, notamment sur la fixation des prix du carburant d’Orlen avant les élections de 2023 et sur les contrats passés par l’unité suisse de la société pour du pétrole qu’elle n’a jamais reçu. M. Obajtek a précédemment rejeté toute accusation de malversation.

Les pertes de l’unité de négoce suisse et la manipulation des prix du carburant ont coûté au raffineur polonais plus de 5 milliards de zlotys (1,23 milliard de dollars). Selon le ministre des actif de l’état, la société a perdu un montant similaire sur son projet phare d’investissement dans la pétrochimie. Sous la nouvelle direction, Orlen a réalisé plus de 50 audits de projets mis en œuvre par l’ancienne direction et un nombre similaire est en cours, d’autres pertes pouvant être identifiées. Un scandale à plusieurs milliards de dollars.

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Avant Poste – Bybit et sa croissance opaque

Décembre 2024, ByBit fête six années en communiquant sur l’avenir. Devenue depuis quelques mois la deuxième plus grande bourse de crypto-monnaie au monde en termes de volume d’échanges, la société basée à Dubaï, réfléchis à son prochain chemin fait de résilience, de croissance et de changement transformateur. Alors que son business est menacé par la théorie des dominos.

Imaginez qu’un domino tombe dans un marché important, par exemple en Europe ou en Asie, que se passera-t-il ? le doute s’installera. Et lorsque le doute s’installe, ce n’est pas bon pour l’image. D’autant qu’en parallèle à ces problèmes stratégiques, la marque retire son partenariat avec Red Bull Racing. Sans plus d’information que la rumeur d’insolvabilité qui larve en coulisse depuis plusieurs mois.

En décembre 2024, Bybit expliquait dans son événement à l’adresse de ses investisseurs que 60 millions d’utilisateurs sont enregistrés (contre 20 millions en 2023), marquant la stratégie de fidélisation du client. Au cours du dernier trimestre de l’année, la plate-forme à enregistré un volume d’échange quotidien de 33 milliards de dollars en moyenne. Soulignant que Août 2024 avait été le record de l’année avec 100 milliards de dollars d’échange quotidien. Propulsant Bybit à la 2ème place mondiale avec 8.51% de part de marché.

Ben Zhou, cofondateur et PDG de Bybit parle d’histoire de transformation dans le parcours de sa société, d’engagement envers l’innovation, la confiance et l’inclusion. Pour je cite « ensemble construire un monde ou les opportunités sont illimitées. »  A ce moment précis, l’écurie Red Bull Racing est présentée comme une fierté en termes de partenariat. Rien ne filtre. L’introduction à l’annonce des nouveautés, avant d’aborder les conformité mondiale et l’engagement communautaire.

La communication de Bybit est simple : Les efforts de conformité stratégique de Bybit ont contribué à son succès dans l’obtention de licences dans des juridictions clés, notamment en Argentine, à Dubaï, au Kazakhstan, aux Pays-Bas et en Turquie. En 2024, Bybit a également introduit la conformité à la charia Comptes islamiques, élargissant encore sa portée mondiale et offrant des services à une communauté plus large.

France, Malaisie ferme pour exploitation non déclarée

 La France a décidé de fermer le 8 Janvier l’accès au client français de la plate-forme, sous couvert d’une enquête de l’AMF qui avait mis le service dans sa liste noire en 2022. La France impose un processus de vérification d’identité. C’est notamment sur ce point que Bybit avait fait l’objet d’une surveillance accrue de la part de l’Autorité des marchés financiers (AMF), le régulateur décidant de placer Bybit sur sa liste noire en mai 2022. Alors qu’en 2024, 115 acteurs ont un enregistrement PSAN dans l’hexagone et 3 acteurs (Société Générale Forge, Deblock et GOing) détiennent l’agrément de l’AMF.  Début août 2024, Bybit avait annoncé qu’elle ne proposerait plus ses services aux utilisateurs français, cette dernière n’ayant jamais été enregistrée en tant que PSAN (prestataire de service sur actifs numériques). Un élément de sa croissance ?

Le 11 décembre, la Securities Commission Malaysia (SCM) ordonne à la société Bybit de désactivé son site web et ses applications dans le pays dans un délai de 14 jours ouvrables. La SCM a signalé que le géant de l’échange de crypto-monnaies opérait dans le pays sans enregistrement local. Elle était sur liste noire dans le pays depuis 2021. Malgré une organisation de soutien sur Telegram,

« Cette décision fait suite à des inquiétudes concernant la conformité de la plateforme aux exigences réglementaires locales et la protection des intérêts des investisseurs », a expliqué le régulateur dans sa motivation de fermer la plate-forme qui place son PDG sur liste noire jusqu’à nouvelle ordre. Notons que la Malaisie est un pays musulman pour majorité et que cette fermeture met un coup de frein à la stratégie de finance islamique de la société.

La croissance de Bybit vient ainsi de là. Dans l’exploitation de zones d’ombres et sa nouvelle croissance s’inscrit dans des pays à la réglementation assez faible. L’ouverture au Pays-Bas en est l’exemple, qui exige non pas un une licence mais un simple enregistrement auprès de sa banque centrale.

Des finances opaques et amendes massives

Quid des finances alors ? en pleine croissance durant 2024, il semblerait que Bybit pouvait continuer à sponsoriser Red Bull Racing de manière augmenté par rapport au contrat actuel d’une valeur de 45 millions d’euros par saison. En vain. En Mai, une rumeur d’insolvabilité de Bybit avait été énergiquement contrée pendant de longues journées sur le réseau X par Zhou en personne, expliquant que la société disposait de 11 milliards de dollars de liquidité. Toutefois, elle semble demander des délais pour rembourser ses fermetures de marchés. À travers un document signé le 24 octobre, FTX (le leader avant sa chute en 2022), annonce mettre fin à ses poursuites à l’encontre de l’exchange crypto Bybit. Ainsi, après plusieurs mois de négociation, les avocats de FTX sont parvenus à trouver un terrain d’entente avec les différents défendeurs, leur permettant de récupérer un total de 230 millions de dollars, dans le détail 175 millions de dollars de cryptos détenus sur Bybit. Ajoutant pour FTX, l’autorisation de vendre l’équivalent de 53 millions de dollars à Mirana Corp, la branche d’investissement de Bybit, sous forme de tokens BIT.

FTX avait engagé cette procédure l’année dernière, affirmant que certains comptes affiliés à Bybit avaient transféré d’importantes sommes – à hauteur de 327 millions de dollars – depuis FTX vers Bybit, juste avant que la plateforme ne s’effondre en novembre 2022. Ce mouvement rapide de fonds a laissé de nombreux clients de FTX dans l’incapacité de retirer leurs propres actifs, aggravant selon eux l’ampleur de la crise pour les utilisateurs. Un coup dur pour les finances de Bybit, selon plusieurs observateurs.

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Avant Poste – Le double jeux marketing de Stake/Kick

Lorsqu’un sponsor investit en Formule 1, c’est souvent pour deux raisons : la première est pour augmenter la visibilité de sa marque. La seconde est d’offrir une image de marque légitime grâce à la discipline. Mais quand un sponsor utilise la visibilité de la discipline pour augmenter sa visibilité et développe en parallèle une stratégie de marque à l’opposé ?  

Fondé en 2017 par les entrepreneurs australiens Ed Craven et Bijan Tehrani (mais apparemment exploité depuis la petite nation caribéenne de Curaçao ), Stake est un site de jeu en crypto-monnaies valant aujourd’hui plus de 2,6 milliards de dollars. Le dernier article de blog de la société affirme que plus de 1,2 milliard de paris ont été placés en septembre seulement, et le Financial Times a rapporté qu’en 2023, la société comptait environ 600 000 utilisateurs réguliers avec 6 millions de comptes enregistrés. La société est également sponsor de l’écurie Sauber à hauteur de 40 millions d’euros, selon nos données 2024 et développe une stratégie de communication fun autour des pilotes Valterri Bottas et Guyanu Zhou sur les réseaux.  Malgré cela, la perception publique du site semble extrêmement négative – et une grande partie de sa mauvaise réputation provient des stratagèmes de marketing viral que l’entreprise utilise pour attirer de nouveaux utilisateurs.

Une stratégie marketing de contournement

Selon le site Slate.com, son nouveau système de « mêmes » sur le réseau X est une campagne publicitaire qui ignore les frontières internationales et les lois sur les jeux de hasard qui y existent. Bien qu’elle soit juridiquement douteuse, elle est également moralement douteuse. Les enfants qui veulent juste regarder des mèmes sont devenus la cible d’une ruse de la plate-forme.

Après s’être fait bannir de Twitch, les fondateurs ont crée Kick et ont beaucoup investit dans l’animation de la plate-forme, en payant ses streamers stars des fortunes, pour faire la promotion de Stake, le site cousin. On estime que depuis 1 an, près de 3 milliards de dollars auraient été misé via Kick.

La nouvelle stratégie de Stake est désormais de capturer et republier par un compte ami de Stake sur les réseaux (surtout X) et ainsi, votre contenu devient une publicité pour la marque. Seul le logo est ajouté et cela devient viral. Ainsi l’opération est répété à l’infini. Au détriment de l’utilisateur et des créateurs de contenus.

L’histoire du compte X @FearedBuck, qui a commencé comme simple compte de fan des Milwaukee Bucks comptant 64.000 abonnées, a pivoté en publiant des clips Kick et Stake depuis Aout et le compte est passé à 645.000 abonnés. Mais il y a eu un revers. Le compte a été dénoncé à la Fédéral Trade Commission, car toute la pratique violait les directives de X sur la promotion des jeux d’argents. Le compte a arrêté la pratique depuis. Mais d’autres ont naturellement pris le relais. La croissance des comptes est la clé, avant l’extinction des feux.

Le retour de flamme

Souvenez vous que les autorités néerlandaises ont ordonné la suppression des logos sur les Sauber pour le Grand Prix. L’influence sur le public mineur a été justifié pour motiver cette injonction. L’Advertising Standards Authority du Royaume-Uni, a débuté depuis la même période une surveillance sur la campagne X de Stake.

Malgré tout, la stratégie de la marque sur X avec les « mêmes » se retourne contre elle. Car désormais les utilisateurs collent massivement le logo Stake sur leur production dérivés et annoncent qu’ils sont sponsorisés en fait par une autre marque, voir une autre plate-forme. Provoquant des alertes massives sur X. Mais sans bouleverser l’ensemble. Cela continue de faire de la publicité pour le casino.

Notons que Audi/Sauber et Stake sont encore sous contrat jusqu’en 2025, mais que le constructeur allemand ne souhaite pas vraiment partager son image avec la plate-forme en ligne de casino. Cette dernière, toutefois consciente de sa double stratégie, cherche à se maintenir en F1 pour l’avenir. Confirmant sa stratégie énoncé en 2023, lors de la signature de son contrat avec l’écurie suisse : « d’élargir ses possibilités d’engagement des fans par l’intégration et l’activation des marques Stake et Kick ».

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Avant Poste – Comment Dorilton Capital valorise financièrement Williams

Williams Racing n’est pas à vendre, et cela fait plusieurs mois que son propriétaire, le fond d’investissement américain Dorilton Capital le précise. Notons quand même des mouvements en octobre qu’il est intéressant d’expliquer.

Durant le mois d’octobre, la rumeur grondait que Dorilton Capital cherchait à vendre une partie du capital de l’écurie anglaise, 9 fois championne du monde de F1. Déjà lors des négociations pour la signature de Carlos Sainz pour 2025 et 2026, le clan espagnol avait demandé une lettre paraphé du fond d’investissement, assurant une non-vente de l’écurie Williams durant la période de présence du pilote ibérique. Depuis, on entendait un accord avec un investisseur des Emirats, voir avec un géant d’un secteur précis. Rien de tout cela, car Dorilton Capital s’est surtout vendu à elle-même.

10 augmentations de capital

Trois actions ont été noté dans le capital durant ce mois d’Octobre. La première est l’évolution du capital de l’écurie Williams Grand Prix Engineering Ltd. Lors du rachat de l’écurie en septembre 2020, le capital était d’environ 50 millions d’euros (42.5 millions de £). En décembre de la même année, deux augmentations de capital ont été réalisé, passant ainsi de 50 millions d’euros à 56.5 millions, puis 78 millions d’euros (65.5 m£). Dans les soixante premiers jours de 2021, le capital a encore augmenté, 95.7 millions, puis 119.5 millions d’euros (100.5m£). L’augmentation suivante sera pour 2023 et à 4 reprises. Respectivement en Janvier, Octobre, Novembre et Décembre de cette année-là. Le capital de l’écurie de Grove passant donc de 119,5 millions d’euros à 162 millions, puis 174 millions et 197.5 millions, pour se stabiliser à 204 millions d’euros (171.5 m£). Toutefois, le 21 Octobre 2024, une nouvelle augmentation a été présentée à 323 millions d’euros (271.5m£).

La vente à soi-même…

Cette augmentation de 100 millions de Livres Sterling est intéressante. Elle n’est pas juste une injection classique dans le capital, mais dans les faits, elle relève du concept owner buy out (OBO). L’idée est de créer une Holding dans un paradis fiscale qui va racheter sa propre entreprise au moyen d’un emprunt bancaire. Cette augmentation représente 36% du capital de l’équipe. Toutefois, notons que cette injection de liquidité est une première partie qui a rapport à un troisième événements daté du 11 Octobre (et déposé le 31/10/2024).

…Qui cache un mécanisme de protection et valorisation

Cette résolution précise : « les administrateurs de la Société (« Directors ») soient généralement et inconditionnellement autorisés à attribuer des actions de la Société jusqu’à concurrence d’un montant nominal total de 150 000 000 £ à condition que cette autorité, à moins qu’elle ne soit renouvelée, modifiée ou révoquée par la Société, expire le 30 septembre 2029, sauf que la Société peut, avant cette date, faire une offre ou conclure un accord qui exigerait ou pourrait exiger l’attribution d’actions et les administrateurs peuvent attribuer des actions en application de cette offre ou cet accord nonobstant l’expiration du pouvoir conféré par la présente résolution. »

150 millions de Livre Sterling (178 millions d’euros), soit 55% du capital ne peuvent ainsi être cédé jusqu’en septembre 2029, sauf si Williams Grand Prix Engineering Ltd a le pouvoir de racheter ses actions. Ce qui ouvre également le capital à un partenaire financier minoritaire. Avec cette manœuvre, Dorilton Capital (via sa filiale BCE LLC) protège son investissement, mais aussi le valorise. Car dans un mécanisme dit de « poupée russe », l’attribution à soi-même, en créant une holding de tête, permet de valoriser l’écurie. Qui avec cette première injection est désormais évaluée à 1,2 milliards d’euros et peut augmenter sa valorisation jusqu’à 1,8 milliards d’euros.

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Avant Poste- Sponsoring Crypto, ton univers impitoyable

Bybit et OKX ont fait des progrès significatifs dans le secteur des produits dérivés, capturant des parts de marché de 11,94 % et 20,2 % respectivement. Cela s’inscrit dans un contexte d’augmentation globale de l’activité au sein du marché des cryptos, qui a enregistré son volume d’échange global le plus élevé depuis mars 2023. Dans les faits le sponsor de Red Bull a réalisé 375 milliards de dollars de volume d’échange, tandis que le sponsor de McLaren a réalisé un chiffre de 660 milliards de dollars. Binance (sponsor Alpine F1 Team), le leader a de son coté réalisé, pour information, 113 milliards de dollars de volume en Novembre 2023. Mais ce dernier est au ralenti.

ByBit et OKX, les bons numéros du moment

En pleine croissance, ByBit (basée à Dubai) revendique 20 millions d’utilisateurs et 93 produits dérivés (qui représente 74% du marché de la Crypto) et sa part de marché a été multiplié par 8 en 2023. Ce qui en fait un partenaire solide pour Red Bull Racing à l’avenir. Il existe des discussions pour l’avenir afin de faire passer le sponsoring de la société à 70 millions d’euros par saison pour 2025 et 2026. Mais, si la croissance reste présente, la société sera largement convoité par d’autres équipes à l’horizon 2027.

De son coté, OKX est en passe d’avoir autant d’utilisateur que la leader Binance, selon les rumeurs du secteur, soit 150 millions de comptes. La croissance de la société basée au Seychelles est telle qu’elle représente 15% du marché désormais. Binance est toujours leader avec 51%. Mais en début d’année 2023, la part de marché de OKX était que de 8%. Montrant le bond en avant. La société a augmenté son investissement de présence sur les McLaren, passant de 30 millions à environ 55 millions pour la saison 2024, selon les estimations.

Toutefois, si Binance, OKX et Bybit semblent être solide. Cela n’a pas été le cas pour Mercedes AMG F1 et FTX (15 millions d’euros envolés), et Velas avec Ferrari (50 millions d’euros par saison disparu). Dans le cas de TFX, le scandale qui a alimenté le monde de la Cryto en 2023, est un coup de malchance incroyable, et démontrant la fragilité du secteur, qui malgré sa croissance rapide peut aussi réalisé une chute aussi rapide.

Mais le milieu crypto est encore très instable

D’ailleurs les affaires continuent en coulisse. FTX poursuit ByBit à hauteur de 1 milliard de dollars de dommages et intérêts sont encore en suspension aujourd’hui, malgré la faillite de FTX. Aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) accuse la société Binance de s’être livrée à des opérations fictives. Forbes dévoile que De novembre 2019 à novembre 2022, la société Binance a envoyé pour 4,6 milliards de dollars de BNB à FTX, dont 87 % ont été presque immédiatement transmis à Binance.US. Sous fond de guerre commerciale Chine/USA. En France, ByBit a arrêté ses opérations à l’automne, faute d’accréditation. La plateforme crypto figure aussi sur la liste noire dressée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) depuis mai 2022.

Un milieu ultra concurrenciel qui relève du gain à court terme, mais qui ne permettra pas aux équipes F1 de s’installer sur la durée. Expliquant le retour en arrière auprès des institutions bancaires de transaction, plus classique, comme sponsor.

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Avant Poste – Steiner/Haas, l’histoire d’un désaccord économique

La starification d’une part de Guenther Steiner. La popularité acquise avec le programme Netflix a rendu le personnage intouchable, pour beaucoup d’observateurs du paddock. Une situation en paradoxe pour Gene Haas, qui voyait le manque de résultats au bout des trois saisons contractuelles qu’ils s’étaient donnés. Le départ de Steiner trouve sa racine dans sa réaction par rapport au business plan validé par les deux hommes, indiquant zéro dollars d’investissement pour le propriétaire.

Haas a dépensé plus de 300 millions dans son équipe

En réalité, pour réussir ce business plan, Steiner avait imaginer un plan 2021 et 2022 avec une dépense d’environ 2/3 de budget (70/30), afin de constituer un trésor de guerre et mieux aborder l’introduction des nouvelles règles techniques. Cela a permis d’avoir en réserve environ 100 millions d’euros. Le résultat de cette stratégie a fonctionnée en 2022 et a permis à l’équipe d’obtenir plus de 97 millions d’euros de recettes TV pour 2023. Toutefois, les dommages collatéraux en 2022 du départ de Mazepin, ayant amputé de 35 millions cette réserve, s’ajoutant aux 60 millions d’euros en 2021/2022/2023 injectés pour combler le budget. A la fin, la réserve avait besoin d’argent. Le plan 2023 était donc clair : Avoir un budget de 138 millions d’euros et dépenser 100 millions, pour garder 38 millions en réserve. Mais, cette décision extrême et la dernière place au classement du championnat du monde des constructeurs, ont mis à mal le modèle économique de Steiner. L’équipe sous investissait avec une seule mise à jour technique dans la saison, contre 5 millions d’euros environ. Sauf que le changement de design de la monoplace lors du GP des Etats-Unis a nécessité un investissement de 10 millions d’euros, réduisant à 28 millions d’euros la réserve initiale.

En vain à la fois en termes de résultats et de finance pour l’écurie. Mais cela a causé une différence interne avec la direction technique de l’usine de Maranello, provoquant le départ de Simone Resta, qui souhaitait apporter des évolutions à la VF23 régulièrement et non avec un gros package unique. Resta qui était mis à disposition par Ferrari n’était plus dans une situation de partenariat, mais de fournisseur.

Une histoire de contrat management

Gene Haas avait fait le choix de proposer un beau contrat de management à Steiner pour 2021/2022/2023 en échange de 4 millions d’euros par saison. En fin de contrat, Steiner était en discussion avec Gene Haas pour prolonger son bail jusqu’en 2026. Mais, l’autrichien, n’a-t-il pas été trop gourmand ? On parle d’une demande de 6 à 8 millions d’euros par saison, qui n’a pas été apprécié par le propriétaire de l’écurie. Faisant ainsi de l’autrichien le représentant de l’équipe le plus payé, loin devant les pilotes titulaires Kevin Magnussen et Nico Hulkenberg et devant imposer l’homme comme le titulaire de la franchise Haas F1 Team. Malgré son propriétaire américain.

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Avant Poste – La bataille secrète du réglement 2026

La réglementation 2026 fait débat. Sujet de conversation pour Red Bull, elle interroge sur l’orientation de la Formule 1 de la fin de la décennie. Elle devient plus Indycar que Formule 1.

Christian Horner a indiqué depuis quelques semaines, que les simulations des monoplaces 2026 vont transformer les voitures en « Frankenstein. » Comprendre : un monstre que l’on ne contrôle pas. Le terme est typique anglophone pour qualifier un projet mené par l’homme en perdant le contrôle. Pendant ce temps, la FIA annonce une réduction du poids et de la taille des monoplaces. Mercedes de son côté et pour la réglementation moteur, comme Ferrari. Mais ne se prononce pas vraiment pour l’aspect châssis. En réalité, l’un va avec l’autre.

Retour en arrière.

 En 1997, les monoplaces disposait d’un empattement compris entre 2850 et 2950 mm et la longueur était de 4,15m pour la Williams FW19 de Jacques Villeneuve et 4m40 pour les McLaren et Jordan disposant d’une boite longitudinale et non transversal. La réduction de 20cm des voies entre les roues en 1998, va allonger les monoplaces. La McLaren MP4/13 proposera un empattement de 3050 mm et une longueur de 4m50. Cela va devenir la norme pendant 10 ans. Il fallait compenser en longueur la perte en largeur. En 2005, la Renault R25 disposait d’un empattement de 3100 mm et une longueur de 4m60. Puis en 2006, alors d’introduction du V8, 2,6L au lieu du V10 3L, il était attendu de revenir à des gabarits des années 95/97. Pas vraiment. La Renault R26 était aussi grande que sa grande sœur.

L’introduction du KERS a allongé un peu plus les monoplaces entre 2009 et 2013. Mais avec l’introduction des MGU, les monoplaces de 2014 faisait 4m80, puis 5m de longueur (aujourd’hui 5m50). Pire, le poids qui était de 605 kg dans les années 2000 pousse jusqu’à 695kg et aujourd’hui 795 kg avec le pilote. Soit désormais le poids d’une Indycar des années 90/2000. Rappelons que les dimensions d’une Indycar/Champcar étaient de 5m/5m20 et l’empattement de 3000mm, à l’époque.

La clé du rapport poids/puissance

Le rapport poids/puissance, est aujourd’hui de 0.87. Dans la génération 2014/2016, c’était 0.81. En 2005, 0.65. Historiquement la Formule 1 évoluait entre 0,60 et 0,70 dans les années 80/90/2000. Les Indycar/Champcar en 1998, par exemple, faisait 700 kg pour 850 cv, dont 0.82 en rapport poids/puissance.

Des changements en réponse à une grande crise

A chaque fois qu’une réglementation change en Formule 1, c’est en rapport à une grave crise qui menace son existence. Le premier grand changement est intervenu après la crise 2008/2009 et a provoqué le règlement 2014. Le règlement actuel est le résultat de la COVID 19. C’est une décision de la FIA, unilatérale et non consulté.

Dans les années 90/2000, les directeurs techniques se réunissaient et proposaient des pistes. La dernière fois que cela a eu lieu c’était en 2005. Depuis, Le Groupe Stratégique, imposé suite à la guerre FIA/FOTA des années 2008/2012 a fait évoluer en 2013 le projet en dimension politique et non plus technique. Un changement de règlement doit intervenir 2 ans avant son introduction effectif. C’est ainsi que les règlements de 2017 ont peu être modifiés. Le règlement actuel a été imposé dans le package Accord Concorde/Budget Plafond/Pour le bien de la F1, post COVID 19 et par une équipe de 6 ingénieurs dans un petit bureau d’étude mené par Pat Symonds (alors qu’un bureau d’étude d’une équipe F1 classique est composé de 50 ingénieurs).

Le défaut de 2026

Le même principe a été énoncé pour le règlement 2026, mais un retour à l’équilibre s’annonce politiquement et techniquement. Alors que Liberty Media et Stefano Domenicali souhaite accélérer, les constructeurs et ingénieurs ralentissent en coulisse. Nous sommes en 2023. Liberty annonce une anticipation des Accords Concorde pour 2024 (au lieu de 2025), en cas de succès de la réglementation 2026. Le remake de 2020, mais les temps ont changé.

Le principal défaut du règlement 2026 est que la technologie des batteries ne permet pas de gagner du poids. En augmentant la puissance du MGU-K de 120 kW à 350 kW, cela va s’accompagner d’une augmentation de poids estimé à 50kg. Ainsi qu’une longueur encore plus importante, pour compenser le poids en le répartissant sur l’empattement. L’équation voulue par la FIA, est impossible par rapport à la volonté de réduire le poids et les dimensions des monoplaces. S’oppose une nouvelle vision, celle tournée vers l’énergie.

Les constructeurs automobile, après la folie électrique des années 2018/2021, ralentissent le mouvement, vers une plus grande diversification du portefeuille produit. Mercedes a stoppé la production de son EQC cette année, faute de client. La Formule 1 se place désormais dans deux axes : la durabilité et surtout la provenance de l’énergie. C’est pourquoi des projets de moteur nouveau s’annoncent en coulisse. Alimenté par des carburants hydrogène vert (produit pas des énergies renouvelable), en comparaison au MGU d’aujourd’hui.

Avec l’uniformisation des technologies par la logique de durabilité (boite de vitesse, bloc moteur, suspension, soufflerie etc…). La crainte est que le règlement 2026 soit un remake de 2014. Un constructeur va prendre de l’avance et les autres vont mettre 4 ou 5 ans pour rattraper le retard. Déjà Mercedes a annoncé un monstre de technologie pour 2026, la semaine dernière.

Toujours cet aspect monstrueux…

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