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Note du Mardi – La continuité est une clé de la réussite

Note du mardiNe jamais s’arrêter est maintenir son niveau est devenu l’un des aspects les plus important de la Formule 1 moderne.  D’autant plus que les changements de réglementations modifient profondément la discipline.

Il y a toujours eu deux écoles en Formule 1 : La première étant celle de la continuité et la seconde étant celle décidant d’abandonner une saison au profit d’une autre plus prometteuse en terme d’innovation. Ferrari a débuté son programme 2017 en Novembre 2015, sacrifiant la saison 2016. Un point que n’a pas manqué de souligner Toto Wolff et Niki Lauda d’ailleurs. Ces derniers ayant oublié qu’ils avaient fait la même chose pour la saison 2013, pour concentrer les efforts sur la saison 2014.

La préhistoire Lotus

Par le passée Colin Chapman avait gravée dans l’ADN de la Formule 1 cette idée de rupture  dès les années 70. Au départ chaque arme de Lotus était pensée comme celle de la domination et était systématiquement radicale par rapport au modèle précédent. Toutefois entre 1976 et 1978 l’évolution d’une espèce et le principe de sacrifice d’une saison a été mis en œuvre. Après une saison 1975 trop compliqué, Chapman a rapidement abandonné la saison 1976 au profit de la saison 1977 et 1978 avec l’introduction de l’effet de sol sur les Lotus 78 et 79.

Par la suite les concepts initiés par John Barnard chez McLaren et Patrick Head chez Williams ont dominé les années 80 et 90 (eux même dans l’aspiration des réalisations de Gordon Murray et Mauro Forghieri), avant qu’Adrian Newey chez McLaren ne relance le principe lors de la période 2003/2004/2005 avec le concept MP4-18/19/20.

Honda le contre exemple

Si dans les châssis le deux courants de pensée font partie de l’ADN, côté moteur la continuité est devenue une valeur essentielle et unique.

Lorsque Jean-Luc Lagardère au nom de Matra Sport décida durant l’hiver 1974 d’arrêter la compétition, le directeur technique moteur, George Martin lui a demandé de maintenir une veille moteur. Selon le créateur du V12 français, il serait plus simple de relancer la conception d’un châssis qu’un moteur. Cette idée est restée dans les esprits de Renault qui n’a jamais vraiment arrêter sa cellule moteur entre 1987 et 1988, dans le même esprit. Idem lors du deuxième retrait fin 1997. Viry Chatillon est resté en semi activité derrière Mecachrome et Supertec jusqu’au retour de la marque au losange en 2001. Depuis lors, Renault n’a jamais arrêté la Formule 1, préférant par moment devenir fournisseur moteur. Une continuité qui lui a permis d’investir dans le moteur hybride. L’opposée de Honda.

Lorsque Honda a décidé de son premier retrait fin 1992, la structure Mugen Honda a permis de développer un moteur V10 compétitif jusqu’à la fin des années 90. Un aspect de l’histoire oublie toutefois qu’à Suzuka tournait régulièrement des monoplaces nommées RC 100, 101 et 101B entre 1993 et 1994. Ces monoplaces étaient propulsées par le V12 RA122E et étaient mis aux spécifications de chaque championnat jusqu’au changement de réglementation moteur de 1995. Lors de l’annonce du retour de Honda en 2000, la stratégie des années 80/90 était déjà dépassée et le constructeur japonais a attendu 2004 pour avoir un moteur compétitif. Changeant plusieurs fois de concept.

La même chose arrive aujourd’hui. Après son retrait en décembre 2008, Honda n’a pas gardé une cellule de veille et pensait que la nouvelle réglementation allait lui permettre de retrouver de la compétitivité. Cela vire plutôt au cauchemar tant l’écart entre les constructeurs (Ferrari, Mercedes et Renault) est devenu important. Pire, Honda est à son troisième concept d’unité moteur F1 en 2017 en trois saisons. Sans succès.

En 1992, Honda avait voulu son V12 RA122 comme l’aboutissement ultime de son savoir faire. Mais il ne sera pas à la hauteur des ambitions. La même aventure pour Yamaha en 1996, avec son moteur OX11A, ultra compact et léger (100 kg). Ce sera un échec. Mais l’idée sera reprise par Mercedes-Benz 18 mois plus tard, mais avec plus de succès. Notons que la dernière rupture technique moteur date des années 80 avec le moteur Turbo.

Si côté châssis l’évolution est devenue culturel, côté moteur la continuité est devenu un élément essentiel de compétitivité. L’aventure Honda depuis 2015 est analysée par chacun comme un échec et un investissement abyssal (900 millions d’euros en trois saisons), pour quelques points. Réduisant à néant l’implication future de constructeur automobile, même émergeant en Formule 1.

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Note du Mardi – Le modèle Sauber – Longbow

Note du mardiDepuis le départ des constructeurs il y a une dizaine d’année environ. Les modèles économiques ont été nombreux. L’arrivée de Longbow Finance SA dans le capital de Sauber F1 Team va inspirer une nouvelle voie.

Longbow Finance est présent avec Sauber pour une durée de dix années. L’objectif est de garantir un budget d’environ 40 millions d’euros par année pour permettre à Sauber F1 Team d’assurer l’avenir. Cela faisait plusieurs saisons que Monicha Kalterborn visait un partenaire capable de fournir un tel investissement à moyen terme.

Trois axes vont permettre à Longbow d’assurer le budget. Dans un premier temps la commercialisation de la soufflerie d’Hinwill doit être améliorée. Le chiffre d’affaire de la prestation de cette soufflerie est estimé entre 8 et 12 millions d’euros par année actuellement. Audi est son principal client. L’ambition sera donc de viser 20 millions par année.

L’autre axe était d’avoir un partenaire constructeur permettant à Sauber d’être plus qu’un simple client. Il est indiqué que Honda apporterait 20 millions d’euros dans le budget Sauber pour 2018, avec possibilité d’obtenir 40 millions d’euros, si Sauber F1 Team entre dans le Top 5 du championnat constructeur. Un désir d’avenir. Pour séduire Honda, Sauber a présenté  un projet de Joint Venture industriel, qui permettra à l’usine de devenir le pôle technique le plus performant de Suisse et s’inspirer de ce qu’ont réalisé Williams et McLaren en matière d’ingénierie commerciale.

Le dernier axe sera d’entrée en bourse d’ici 5 ans environ. Sur le modèle Williams.

Le modèle Williams

Lorsque Adam Parr est arrivé chez Williams en 2006, sa mission était de faire entrer l’équipe de Sir Frank Williams dans une autre ère et inventer un nouveau modèle pour une équipe indépendante. Parr a investi dans la technologie de récupération d’énergie en 2007, puis a signé un accord technique avec la FIA pour l’élaboration de la première génération de Formule 2. Enfin une antenne au Qatar a été mise en place en 2010 afin d’établir un échange technique. Après un bref passage d’investisseur Islandais, Toto Wolff solidifiera le capital avant que Williams n’entre en Bourse en 2011. Assurant son avenir à long terme.

L’héritage du partenariat Russe

Le projet Sauber-Longbow entrevoie son dessin en Juillet 2013. A l’époque Sauber avait entamé des négociations avec des investisseurs russes. Le Fonds international de coopération et d’investissement (ICIF), le Fonds d’Etat pour le Développement de la Fédération du Nord-Ouest de la Russie et l’Institut national des technologies de l’aviation (NIAT) devait être les partenaires de l’équipe Suisse. Les détails de l’accord ont jamais été divulgués, estimé entre 160 millions d’euros et 470 millions d’euros.  Pour des motifs géopolitiques en 2014, l’accord a été rompu, mais les bases étaient là.

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GP Espagne 2017 – Paddock Confidences

L’avenir de Fernando Alonso 

Beaucoup de spéculations concernant l’avenir de Fernando Alonso en Formule 1. Son contrat McLaren expire à la fin de la saison. Maurizio Arrivabene ne souhaite pas un retour du double champion du monde ibérique chez Ferrari en remplacement de Kimi Raikkonen. Tandis que Cyril Abbiteboul estime même que Alonso ira en retraite. Pire, une piste farfelue indique même que Flavio Briatore pourrait devenir le team manager de Force India, repris par Bernie Ecclestone, avec Fernando Alonso comme pilote. L’autre piste, plus discrète est un possible contact avec Williams pour remplacer Felipe Massa.

Modification structurelle chez Williams

L’arrivée de Paddy Lowe chez Williams s’illustre par un changement assez profond de la méthode de management. Felipe Massa a avoué que l’équipe est devenue très différente de ce qu’elle a été depuis 2014. Il est estimé que les interactions entre les services a été amélioré, ainsi que la communication interne. Les améliorations seront donc sensible pour 2017, mais la saison 2018 marquera la première réelle saison du projet Lowe-Williams.

McLaren – Honda – Mercedes-Benz

Mansour Ojjeh a été vue en grande discussion avec Niki Lauda dans le paddock de Barcelone. Confirmant les rumeurs d’un rapprochement entre l’usine de Woking et la marque allemande. McLaren cherche à améliorer pour la saison 2018 le moteur Honda. Mario Illien a été consulté pour créer un lien entre les deux structures, tandis que Ojjeh négocierait un accord avec Mercedes-Benz concernant la partie MGU-K et du MGU-H.

 

 

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GP Russie 2017 – Paddock Confidences

Sotchi 2017 GP F1Rumeur de paddock 
La saison débutant à peine que déjà des rumeurs de transferts sont dans l’air. Daniel Ricciardo et Max Verstappen chez Ferrari à la place de Kimi Raikkonen. Sebastian Vettel chez Mercedes AMG à la place de Bottas. Fernando Alonso chez Renault ou Mercedes, voir même (plus intéressant) chez Williams.

Sauber et Honda
La confirmation a été faite que Honda fournira bien Sauber F1 Team en 2018 et jusqu’en 2020. En coulisse, l’accord s’accompagne d’un engagement financier du constructeur nippon envers l’équipe suisse. Sauber demandait 40 millions d’euros de’apport dans son budget, il obtiendra 20 millions en 2018 et peut-être 40 millions en 2019. Selon conditions.

Honda et McLaren
Une rumeur indiquait à Sotchi que McLaren allait conclure un accord avec Mercedes pour obtenir son moteur en 2018, le temps que Honda via Sauber mette au point un moteur performant. Le clan allemand a rapidement démenti, tandis que du côté Honda on a indiqué avoir débauché des ingénieurs de Mercedes, Ferrari et Renault dans des rôles de consultant, afin de progresser plus vite. Il y a quelques temps, l’ingénieur Mario Illien a été consulté par McLaren pour intégrer le staff technique dans un rôle ressemblant beaucoup à celui d’Ussamu Gotto en 1993, lorsque le gourou nippon avait quitté Honda pour intégrer le staff McLaren, modifié le moteur Lamborghini V12, se pencher sur le projet V10 Chrysler et le V8 Ford HB, avant de partir chez Ferrari début 1994 pour modifier le V12 et concevoir le premier V10 de l’équipe italienne en 1996.

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Paddock Confidences (mini) – GP de Chine 2017

Vers un gel des moteurs en 2021 ? 

C’est dans l’air depuis un petit moment, mais jamais encore clairement exprimé. Gunther Steiner propose après 2020 d’appliquer la mesure prise sur les moteur V6 après 2006 pour réduire les coûts et stabiliser les performances. Plutôt que de réintroduire un nouveau concept moteur qui est synonyme de hausse des coûts pour les équipes.

L’avenir d’Alonso 

McLaren et Fernando Alonso est une histoire compliquée. Zak Brown souhaite prolonger l’aventure avec le double champion du monde espagnol jusqu’en 2019, mais Alonso n’a pas fait de commentaires. La piste Mercedes AMG F1 est active. En Décembre dernier, Flavio Briatore a tenté une opération commando, mais ne voulais pas se faire forcer la main, la direction du constructeur a préféré le profil de V. Bottas qui a signé un contrat d’une seule année. Les discussions sont toutefois ouvertes, mais le PDG de Daimler, Dieter Zetsche ne souhaite plus revivre les saisons explosives de 2014/2015 et 2016, compliqué à gérer au niveau de l’image. A Fernando Alonso de prouver qu’il pourra cohabiter avec Lewis Hamilton.

L’après 2020 vu par Red Bull

« Pour le moment l’avenir est décidé jusqu’en 2020. Tout est clair et sécurisé et les contrats signés. » indique Franz Tost. La déclaration illustre assez bien la pression de Red Bull sur les nouveaux patrons de la Formule 1. Les Accords Concorde signé en 2013 étant favorable à l’équipe autrichienne, elle peut ainsi se permettre de financer deux équipes chaque année et rester compétitive. Si il y a un changement notable, Red Bull pourrait se désengager de Toro Rosso selon les dernières rumeurs…

 

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McLaren : le projet avorté qui pourrait renaître de ses cendres

Mclaren LogoSeptembre 2007, Ron Dennis, la main gauche sur sa hanche, fixe Max Mosley devant son motor home pour une poignée de main de la honte. Le Spygate se concluait avec une amende de 50 millions de dollars, qui sera payée intégralement par Mercedes-Benz à l’époque. Le déficit d’image était telle que le titre de Lewis Hamilton l’année suivante, n’avait pas suffi à effacer l’humiliation. A Woking, sentant le vent tourner, une nouvelle stratégie c’est mise en place et sera l’objet d’une guerre qui aboutie aujourd’hui au retrait de Ron Dennis.

Lorsque l’établissement financier Bahrain Mumtalakat Holding Company entre à hauteur de 30% dans le capital de McLaren, l’anticipation du retrait de Mercedes-Benz perçait dans l’obscurité. Le constructeur allemand disposait de 40% et sa valeur estimée autour de 500 millions d’euros. Conclure avec un solide établissement financier était la seule solution. Bahrein avait accepté des actions vraisemblablement sans droits de votes, pour limiter le coût financier afin de préparer la partie suivante du scénario.  En 2010, Bahrein va prêter 125 millions à Mansour Ojjeh et Ron Dennis et acheter chacun 10% de capital supplémentaire, pour monter à 25%. McLaren à cette époque avait une valeur de 1,2 milliards d’euros.

L’argent prenant le pas sur l’aspect sportif, McLaren sous la direction de Martin Whitmarsh va doucement dériver, tandis que Ron Dennis, exclu pendant 5 ans des paddocks va construire McLaren Automotive et permettre une diversification heureuse du groupe TAG McLaren.

En coulisse deux plans se construisent. La répartition du capital est de 50% pour Mumtalakat , TAG et Ron Dennis héritant de 25% chacun. Mais en matière de droits de votes (donc de décision exécutive dans l’entreprise), c’est Ron Dennis qui dispose de 58% devant Mansour Ojjeh 28% et l’établissement de Bahrein avec 14%. Un jeu de dupe va se mettre en place.

Le premier projet inspiré par Mansour Ojjeh et Martin Whitmarsh s’inspire de l’avenir. L’ambition secrète était une introduction en bourse sur le modèle Williams. A l’époque on estimait McLaren à 2 milliards d’euros, ce qui permettait à TAG de rembourser l’emprunt auprès de Mumtalakat et d’augmenter la valeur de sa participation. L’introduction en bourse était d’autant plus tentant que les actionnaires entre McLaren Group Ltd et McLaren Automotive Ltd sont quasiment les mêmes, donc les possibilités sont importantes.

En coulisse, Whitmarsh tente de séduire dès 2011 le constructeur Honda pour un retour à l’horizon 2014. Toutefois, l’anglais va échouer dans sa tentative de prolonger Lewis Hamilton courant 2012. Idem concernant le sponsoring, la tentative d’un sponsoring avec le fond souverain de Libye contre 25 millions d’euros la première année et 40 millions, s’inspirait fortement du programme Williams/Baugur Group, et elle était la suite logique de l’évolution du groupe pour garantir son avenir. Était donc.

Cette idée n’aboutira jamais. Alors que Whitmarsh négociait avec Honda un moteur et une participation au budget de McLaren, Ron Dennis étudiait l’idée de construire son propre moteur 4cyl 1,6L turbo (projet initial de l’unité moteur d’aujourd’hui) à l’horizon 2013. Ses démarches allant jusqu’à trouver un partenaire équivalent à celui de TAG à l’époque du programme Porsche des années 80. Bahrain Mumtalakat Holding Company était la compagnie toute trouvée. Ce sera le début de la rupture et le début de la fin pour Ron Dennis, qui amorçait son retour aux affaires fin 2013, grâce à un pacte d’actionnaires dont il n’a pas respecté l’échéance.

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Note du Mardi – La différence de statut n’est plus sportive, mais économique

Note du mardiL’aveu fait mal, mais il est une réalité. Un constructeur privé ne peut plus devenir champion du monde de Formule 1. Claire Williams a raison lorsqu’elle le dit, mais la définition d’un constructeur privé a également beaucoup évoluer depuis 30 ans.

Claire Williams indiquait qu’il y a deux décennies (bizarrement lors du dernier titre de champion du monde de Williams), c’était aussi difficile, mais il était possible de gagner contre des équipes ayant un budget plus important. Cette approche financière de la définition d’une équipe privée est le symbole de la F1 d’aujourd’hui.

Des artisans à la poursuite du moteur usine

Après la décennie des années 70 permettant à de petite équipe de devenir client, puis constructeur indépendant. La définition d’un constructeur privé était de disposer de moteur Cosworth préparé par un indépendant et non l’usine. Lorsque l’équipe Brabham de Bernie Ecclestone signa en 1975 avec Alfa Roméo, une nouvelle ère s’ouvrait progressivement sur ce qui allait devenir les années 80 et 90. La marque italienne fournissait son Flat 12 gratuitement et garantissait une partie du budget de l’équipe.

Après l’ère des voitures à effets de sol, le moteur Turbo va permettre aux constructeurs automobiles d’investir le paddock. Pour une équipe privée, disposer du concours d’un constructeur était le graal permettant la sainte trinité : argent, performance, visibilité. Williams a signé avec Honda pour rivaliser avec McLaren Tag Porsche en 1983, puis avec Renault sur la même approche.

Les équipes privées sont à cette époque des teams disposant de motorisation clientes ou un bloc Ford Cosworth V8 HB à partir des années 90.

Du moteur usine au statut d’équipe privée financière

Avoir le soutien d’un constructeur pour disposer d’un moteur performant avait permis à de petites équipes d’espérer évoluer au classement. Dans le dernier numéro de Champion Magazine (actuellement en  kiosque), un très intéressant retour sur les débuts de l’équipe Jordan est l’illustration majeure de cette évolution. Née en 1991 avec un moteur V8 HB et 8 millions d’euros (d’aujourd’hui) de budget, sa dette était de 7 millions à l’issus de la saison et il avait fallu à Eddie Jordan étaler la dette sur trois saisons. En 1992, Jordan signe avec Yamaha qui débourse l’équivalent de 3,7 millions d’euros dans le budget et le pétrolier SASOL remplace avantageusement 7up sur les voitures irlandaises contre l’équivalent de 15,5 millions de dollars d’aujourd’hui. En 1993 et 1994 le moteur V10 Hart va permettre d’assurer des performances, avant que Jordan ne signe avec Peugeot en 1995 et franchir enfin un cap. Le moteur était usine et l’impact psychologique fort pour l’ensemble de l’équipe qui a pu grandir (soufflerie en 1996, un personnel passant de 50 à 100 personnes entre 1995 et 1997).

Cette période allait progressivement laisser place à une autre ère. en 1997, l’équipe Stewart GP avait été construite de toute pièce avec le soutien du constructeur américain FORD. Mercedes-Benz s’impliquait plus dans McLaren que ne le faisait Renault envers Williams par exemple entre 1992 et 1997. Les constructeurs automobiles allaient investir le paddock et l’argent n’allait plus être un problème. Ainsi par définition, un constructeur privé était désormais une équipe ne disposant pas du soutien d’un constructeur automobile (capitalistiquement parlant).

Enfin, après une dérive sans fin des budgets au milieu des années 2000, les constructeurs ont quitté un par un la discipline en 2009, emporté par la crise économique qui avait submergé le monde.  Il était désormais facile de disposer d’un moteur d’un constructeur automobile, ainsi que son soutien (voir Red Bull et Lotus avec Renault entre 2010 et 2014). Désormais la différence est budgétaire. Un constructeur automobile ayant une équipe de Formule 1 investira 250 millions d’euros de plus qu’un constructeur privé comme Williams ou Force India qui sont simplement des partenaires/clients de l’unité moteur.

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L’évolution de McLaren

Mclaren LogoLes rumeurs autours de McLaren secouent l’empire de Woking, mais pas réellement de la façon dont nous pouvons le croire. Un jeu de rôle intéressant.

L’avenir de Ron Dennis

En 1995, Ron Dennis avait annoncé qu’il partirait en retraite lorsqu’il aurait 60 ans. Une parole que le temps a oubliée. A 70 ans, l’homme est à la tête de son équipe, toutefois, l’introduction de Jost Capito dans l’organigramme McLaren F1 perturbe l’ordre établi. Au point que les rumeurs de départ de Ron Dennis et même d’Eric Boullier hument l’air du paddock depuis quelques semaines.

La situation rappelle exactement la situation Ross Brawn/ Toto Wolff/Niki Lauda en 2013. Les médias diffusaient les mêmes rumeurs pour obtenir le même résultat : L’ère des Team Manager tout puissant est révolu, place à un duo de gestion. Une idée qui a fait son chemin, car imité par Renault depuis et désormais par McLaren, avec le soutien de Honda. Capito complète Boullier et Jonathan Neale dans le triumvirat de la direction de Woking. Mais c’est l’ancien patron de VW Sport qui est en haut et c’est lui qui représente la nouvelle stratégie de McLaren.

Car, le projet de Ron Dennis était de racheter les parts de Mansour Ojjeh et Mumtalakat. Il avait trois saisons pour y parvenir. L’échec des négociations avec plusieurs interlocuteurs a provoqué le chamboulement de l’été 2016, mais Dennis restera actionnaire de McLaren et donc le patron de Capito. Le plan B serait probablement de reproduire le modèle avec Daimler en 1999 : à savoir vendre 40 ou 50% du capital à Honda. Ce sera la possible mission de Capito, selon toute vraisemblance.

Le changement débute

L’influence de Honda est de plus en plus forte chez McLaren, malgré les performances du moteur, le constructeur japonais injecte des centaines de millions d’euros dans le budget de l’équipe de Woking et l’interdépendance des deux partenaires au milieu de l’OPA moteur de Mercedes, Ferrari et Renault fait dépendre une nouvelle stratégie. L’accord avec Sauber est une première étape (une stratégie toujours refusée par Dennis d’avoir une seconde équipe comme partenaire de Honda). Tandis qu’une analyse de la saison 2016 a indiquée que les carburants proposés par Exxon ne sont pas performants dans l’ère moderne de la Formule 1. Il est entendu que les carburants sont capables de faire gagner 30 ou 40 cv sur les unités moteurs. En 2014, McLaren (propulsé par le moteur Mercedes-Benz) avait un retard énorme sur les Williams et surtout les Mercedes, dès le début de saison.

Ce que recherchent McLaren et Honda est un partenariat similaire à celui de Petronas avec Mercedes AMG, ou comme Renault avec Total.  Après avoir sondé plusieurs pétroliers émergeants, le duo anglo-japonais c’est tourné vers British Petroleum avec beaucoup d’espoir. Le géant anglo-saxon étant en difficulté d’image depuis 2010, le projet a été accepté. L’investissement sera similaire à celui de Petronas avec Mercedes, soit entre 30 et 40 millions d’euros par année (tout compris).

Une manne financière pour un projet McLaren/Honda qui se redéfini sous nos yeux. Depuis 2014, Ron Dennis était sur un modèle similaire à celui qu’il avait développé dans les années 90/2000 avec Mercedes-Benz (un sponsoring principal, sponsoring secondaire, des partenaires techniques…), alors que le projet actuel est de s’inspirer de Mercedes AMG F1 : un partenaire technique carburant très impliqué, des sponsors secondaires et un constructeur puissant.

UPDATE 12/11/2016

Selon Sky News , un consortium d’investisseurs chinois a déposé une offre publique d’achat de 1,65 milliard £ (1.9 milliards d’euros) pour McLaren Group,  déclenchant une bataille sur l’avenir de Ron Dennis .

Sky Nouvelles a appris que M. Dennis a pris connaissance de l’offre d’un groupe d’investisseurs non identifiés la semaine dernière, une manoeuvre qu’il a comprise comme un complot visant à l’évincer en tant que patron.

Des sources racontent que M. Dennis était présent à la Haute Cour de Londres jeudi et vendredi afin d’obtenir une injonction contre la manoeuvre  pour le mettre en « congé de jardinage » jusqu’à ce que son contrat expire à la mi-Janvier 2017.

Il semblerait que cette demande a été entendu, mais cependant rejetée, ce qui a a conduit à une réunion d’urgence du Conseil d’Administration de McLaren vendredi soir, qui devrait conduire à la suspension avec effet immédiat de Ron Dennis à la direction de l’entreprise.

Dans l’attente d’une confirmation de cette histoire.

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GP Mexique 2016 – Paddock Confidences

GP Mexique 2016 F1La tourmente McLaren
Les rumeurs sur l’équipe de Woking sont fortes depuis le GP des Amériques la semaine précédente. Eric Boullier pourrait partir prochainement (pour aller ou ?) L’une des clés de lecture est que l’alliance McLaren et Honda pourrait devenir le principal vainqueur de la fin de la réglementation hybride actuelle en 2020. Indépendante (pas de moteur client), puissante financièrement, disposant de top pilotes, McLaren est toujours considéré comme une menace…

L’avis de Brawn sur Rosberg
Intéressante analyse de Ross Brawn sur l’approche de la course de Nico Rosberg et Lewis Hamilton. L’ingénieur anglais a indiqué que le triple champion du monde a une approche plus émotionnelle que Rosberg. De plus l’allemand a un entourage solide, tandis que Hamilton est plus volatile. Pour résumer : Rosberg a cumulé de l’expérience et analyser ses faiblesses depuis 2014.

Plus vendeur…
Jenson Button a été très déçu par la couverture du prochain F1 Racing, indiquant que c’est Ron Dennis qui l’a forcé à prendre une année sabbatique. Le champion du monde 2009 a simplement indiqué que c’était faux et que c’était lui qui a indiqué à Dennis son intention de stopper sa carrière pour 2017.

Vettel et Ferrari
Le quadruple champion du monde annonce déjà qu’en 2017 Ferrari se battra pour le titre. Cette séquence d’annonce fait suite à la précédente : c’est lui qui a interrompu les discussions pour une prolongation avec l’équipe de Maranello jusqu’en 2020. La réalité est que Sergio Marchionne est déçu par les performances de l’allemand et a indiqué qu’il voulait voir comment évoluera le début de saison 2017 de Ferrari pour prolonger l’aventure avec Vettel.

La Malaisie et la F1
Le promoteur du circuit de Sepang discute apprement avec Bernie Ecclestone pour prolonger l’aventure avec la Formule 1. Le problème du prix est au centre. Sepang estime qu’après bientôt 20 ans, elle doit payer moins (50% de moins), ce qui n’est pas de l’avis d’Ecclestone. Ce week-end, Sepang recevra environ 95.000 spectateurs pour la course MotoGP, trois fois plus que pour la F1 et en moins coûteux…

Retour de bâton…
Bernie Ecclestone n’a de respect que pour les hommes de la course et très peux pour les businessman de la course. Estimant que Toto Wolff est présent en F1 pour l’argent, la charge est forte et le retournement de l’histoire passionnante. En 2012, Ecclestone avait fait en sorte qu’Adam Parr (alors directeur général), quitte l’équipe Williams pour favoriser Toto Wolff dans l’entourage de Grove en échange d’un peu glorieux chantage aux Accord Concordes.

La menace Formule E
L’annonce d’Audi de stopper son programme d’Endurance, pour se concentrer sur son programme de Formule E, fait échos avec le programme de Mercedes-Benz de venir dans la discipline en 2018. Audi pourrait investir 100 millions d’euros par an dans la discipline et son programme. Nous entendons aussi que BMW aurait une option pour racheter l’équipe Andretti en 2018/2019.

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GP du Japon 2016 – Paddock Confidences

Japan GP 2016Nico Hulkenberg et Renault

C’est la rumeur la plus folle du week-end. Il y a quelques jours, un bruit indiquait que Nico Hulkenberg allait rester chez Force India, mais payé par une autre équipe, afin d’être à disposition pour 2018. Finalement, le pilote allemand pourrait rejoindre Renault Sport F1 en 2017 et quitter Force India. L’accord entre l’équipe indienne et Mercedes-Benz indique qu’il faut un pilote allemand. Pascal Wehrlein est naturellement sur les rangs.

Sauber et son moteur

Le choix du moteur Ferrari 2016 de Sauber a été justifié par le risque de l’évolution de l’unité moteur italien pour 2017. Pour rattraper son retard, Maranello pourrait prendre plus de risque la saison prochaine. La vérité est différente. Le retard de développement de la Sauber provoquait le choix d’un moteur éprouvé et en 2018, Sauber disposera du moteur Honda. Le contrat serait déjà signé, reste à savoir : moteur gratuit ou payant ?

Le plan de Renault

Bob Bell a indiqué que l’ambition de Renault serait de devenir champion du monde d’ici 4 ou 5 ans (à l’horizon 2020). Pour assurer son développement, Red Bull et Mercedes sont les modèles. Les premiers pour la mise en place d’une filière de jeune pilote et s’auto alimenté. Les seconds pour l’organigramme des ingénieurs…

Hamilton et la FIA

Pendant la conférence de presse d’avant Grand Prix, Lewis Hamilton a agacé les journalistes anglais par son comportement. Il jouait avec son smartphone à envoyer des photos et vidéos sur Snapshat et Instagram. Le triple champion du monde trouve que les journalistes posent des questions sans intérêts et que cela fait 10 ans que ça dure…ambiance;..

Hamilton, Vettel et leur salaire

Fort d’un salaire de respectivement 32 et 30 millions d’euros, Lewis Hamilton et Sébastian Vettel sont critiqués pour leur manque de professionnalisme. Le comportement en conférence de presse du pilote anglais à fait ressortir des sentiments cupides, tandis que pour l’allemand c’est son patron, Mauricio Arrivabene qui a critiqué son implication et son comportement en interne chez Ferrari. Estimant que cela ne justifie pas le salaire payé par la Scuderia. Vettel a naturellement démenti ce propos.

Liberty pas vraiment libre…

Il semblerait que le rachat de la Formule 1 par le groupe Liberty ai déjà des difficultés et pourrait même être annulé. C’est le dernier bruit dans les milieux informés des affaires. Le principal problème étant que le groupe média…est un groupe média justement…

 

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