
La semaine dernière le co-gérant du fond d’investissement Genii Capital, Gérard Lopez, s’étonnait d’entendre encore son pilote, Vitaly Petrov être considéré comme un pilote payant. Dans le même cas, Bruno Senna est considéré comme un pilote payant, tout comme Adrian Sutil, Pastor Maldonado, voir Sergio Perez et même Jérôme d’Ambrosio. La réalité est bien différente.
En marge des rumeurs de rapprochement entre Kimi Raikkonen et l’équipe Williams, une rumeur s’étonnait de la découverte de la possible utilisation de l’image du champion du monde 2007 par le team anglais, pour séduire un partenaire important, qui aimerait bien que Raikkonen soit derrière le volant des prochaines FW. Cette rumeur démontre la nouvelle logique des équipes de F1 autour des pilotes payants.
Actuellement, il n’y a qu’un seul et unique pilote payant, utilisant un ancien schéma d’apports de financements. Son nom est Nairan Karthikayan, pour le compte de l’équipe Hispania Racing Team. Ce principe lie le pilote avec le sponsor, qui soutien le volant en Formule 1. Comment Parmalat avec Pedro Diniz dans les années 90. Mais aujourd’hui, le changement est visible.
La Formule 1 n’est plus la même qu’il y a encore 5 ou 10 ans, sa puissance marketing est très forte, mais la crise économique de fin 2008 a profondément réformée le principe de recherche de partenaires. Pour séduire un sponsor, le pilote est désormais devenu un outil marketing de décision, mais pas de finalité. Une amorce, mais pas un lien indéfectible pour le futur. Le cas Medion est intéressant, car l’investissement de la société allemande ne dépend pas de la présence d’Adrian Sutil, mais plus largement d’un pilote allemand. Contrairement à la croyance commune.
Même cas pour Sergio Perez, qui est avant tout un pilote Ferrari (académie des jeunes pilotes), mais qui a permis à l’équipe Sauber de séduire le milliardaire Carlos Slim et sa société Telmex. Cette dernière a signé un contrat de deux ans, tandis que Sergio Perez n’avait signé qu’un acccord d’une année avec une option pour 2012 Même chose pour Pastor Maldonado, qui a signé un accord avec Williams pour 2011,2012 et 2013, mais avec un contrat indépendant du pétrolier vénézuélien PDVSA. Toutefois ce dernier a été influencé par la présence du pilote.
C’est ce même concept qu’utilise Genii Capital pour LRGP. Vitaly Petrov n’est pas un pilote payant, comme Bruno Senna. Ils sont utilisés comme outil marketing pour séduire des partenaires de leur pays d’origine. L’un et l’autre ont rapporté un total de 20 millions d’euros à l’équipe en 2011. Le même concept est utilisé par Jérôme d’Ambrosio, qui apporte certes 5 millions d’euros à l’équipe Marussia Virgin Racing, mais sous une forme équivalente à Petrov-Senna. Le récent accord avec Soleco, a été annoncé par l’équipe et non le management du pilote.
Il y a 5 ans, Bernie Ecclestone avait indiqué que l’idéal était d’avoir des pilotes de tous les continents en Formule 1, permettant d’ouvrir la discipline à de nouveau marché et sponsors. Nous y sommes aujourd’hui.