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Note du Mardi – La (contre) culture technique de Williams

notedumardi-900x6757165869066367047722.jpgLa situation technique de Williams Racing, avec le retrait de Paddy Lowe, montre qu’un état profond dans la mentalité technique d’une équipe est enclin à reproduire les mêmes erreurs que le passé, même si le bureau d’étude a été renouvelée dans son intégralité.

Zak Brown avait pointé du doigt la saison dernier le problème de McLaren. Cette culture reposant sur 3 piliers, Un pilier technique, un pilier pilote et un pilier de diversification, qui avaient été autrefois un atout à Woking, mais qui avec le temps et les évolutions ont été un frein à son développement. Cela reste le même cas de Williams.

Une histoire en 2 étapes entre 1979 et 1992

L’histoire technique de Williams est un résumé autour de deux évolutions. La première étant de s’inspirer des autres avec une ou deux saisons de décalage pour rattraper son retard et apporter sa touche spécifique qui faisait que la monoplace de Grove était plus forte. Cela a fonctionné avec la FW09 de 1979 qui était une copie de la Lotus 79, puis de la FW11 qui était une interprétation de la McLaren MP4. Puis l’ère Adrian Newey dans les années 90 a relancé l’équipe dans une séquence de design évolutif qui ne devait rien à personne. Depuis lors, cela a été un mix entre les deux, suivant le directeur technique du moment.

Après le départ de Newey courant 1997, les monoplaces de 1999 à 2002 ont été le fruit d’une culture mélangée. Puis 2003/2004/2005 ont marqué une rupture confuse. 2006 a été un retour à 1979, avec une monoplace manifestement inspiré de la McLaren MP4/20 de la saison précédente. Les évolutions suivantes entre 2007/2008/2009/2010/2011 et 2012 ont été influencé par d’autres circonstances (l’équipe changeait de modèle économique), mais le design restait assez similaire. Suite à la victoire de Pastor Maldonado au Grand Prix d’Espagne en 2012, l’équipe a décidé de changer le design pour proposer une monoplace innovante pour 2013 et franchir une étape supplémentaire. En vain.

L’ère Pat Symonds de 2014 à 2017 n’a été qu’un curieux déclin. Symonds, inspiré par ses méthodes d’évolutions chez Renault entre 2003, 2004, 2005 et 2006, l’homme n’avait probablement pas mesuré les changements pour se maintenir au sommet. La monoplace 2014 a été bonne (bien qu’ayant des faiblesses, mais le design de 2015, 2016 et 2017, n’a pas été à la hauteur. Williams a ainsi embauché Paddy Lowe pour repenser son projet. L’homme est venu avec ses idées et son expérience de Mercedes AMG F1. Mais le mélange de culture n’a pas pris comme souhaité. L’aspect radical de la dernière monoplace contrastait avec un certain conservatisme de la précédente.

Le même phénomène

Depuis 1977, Williams F1 a toujours eu la même réaction face au même phénomène. Après une saison moyenne avec une monoplace conservatrice, elle innovait la saison suivante en étant plus osés dans ses choix techniques. Cela avait obtenu un certain succès en 1979, puis en 1985, 1991, 2003.  Mais souvent elle a une tendance à aller trop loin, en voulant franchir un step majeur, au lieu d’appliquer la politique de l’évolution progressive.

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Note du Mardi – Faire évoluer un accord de sponsoring

notedumardi-900x6757165869066367047722.jpgLa liste des participant au championnat du monde de Formule 1, publiée par la Fédération Internationale de l’Automobile présente plusieurs intérêts. Hors Ferrari, c’est l’évolution du sponsoring de BWT envers Racing Point (Ex Force India) qui nous intéresse.

Mars 2017, l’équipe indienne signe un accord avec la société BWT et change de couleur, passant du triste au rose. Assez rapidement l’estimation sponsoring était assez basse, entre 6 et 10 millions d’euros. Loin du rapport avec la place du partenaire sur la voiture. En réalité, le géant européen du traitement de l’eau a négocié un prêt de 40 millions d’euros pour la saison 2017 (puis 2018 et 2019). La seule condition étant de rembourser 1/3 du prêt chaque année, soit 13.5 millions d’euros. Le solde devant être visible sur la voiture en retour.

La difficulté étant que si le remboursement a été bien réalisé en 2017, pour la saison 2018, il aura fallut céder l’équipe aux partenaires de Lawrence Stroll pour garantir l’accord en Août. Un détail important : La dette de l’équipe envers son partenaire est de 53 millions d’euros.

Le précédent Crédit Suisse

Juillet 2005, BMW reprend les parts de Peter Sauber et signe un accord avec le Crédit Suisse pour la reprise du capital de l’équipe Sauber F1 Team. Dans les faits, seuls les parts du fondateur sont payés en numéraire. La partie (63%) détenue par la banque helvétique sera céder sur trois saisons (2006/2007 et 2008) sous la forme d’un retour de sponsoring estimé au total à 51 millions d’euros.

Entre naming moteur et retour sur investissement

La liste FIA des participants au championnat du monde de Formule 1 2019 indique que Racing Point sera propulsée par un moteur BWT Mercedes, donnant l’indication de l’évolution du sponsoring. BWT est toujours largement présent sur les monoplaces de Silverstone, mais il dispose aussi du naming moteur. Un marqueur intéressant.

Il semblerait que l’accord soit en plusieurs parties. Une première partie remboursant le partenaire comme l’indique l’accord initiale, soit 13,5 millions d’euros (probablement poussé à 18 millions). Pour une exposition sur la voiture estimée à 22 millions d’euros (donc une dette). Quid des 51 millions d’euros de dette précédente ? Convertir cela en naming moteur pour un contrat jusqu’en 2021 (soit 17 millions d’euros par an). Enfin, il restera 22 millions d’euros de cette saison qui sera à convertir. Ce pourrait devenir des parts dans l’équipe. Si cela n’a pas déjà été réglée par le rachat d’Août…

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Note du Mardi : Prost GP : l’illustration de l’évolution marketing F1

notedumardi-900x6757165869066367047722.jpgLe développement d’un actif marketing en Formule 1 dispose de son modèle : Prost Grand Prix. La défunte équipe française a finalement fortement marquée son environnement. Avec vingt ans d’avance sur l’histoire, elle est toujours l’illustration parfaite de l’évolution d’une marque F1 avec son succès et son échec.

En marketing il y a des évolutions, par exemple : évoluer de l’image produit à l’image de marque. Pour Prost Grand Prix, nous pouvons distinguer, trois cycles de 18 mois environ chacun. Un premier concernant l’image du produit Prost GP autour de l’image de son fondateur, puis l’image du produit en marque et enfin l’image de marque à par entière.

1997 – mi 1998 : Autour de l’image de son fondateur

Entre l’annonce de la reprise de l’équipe Ligier en décembre 1996 et l’arrivée des premiers sponsors made in Prost GP, il n’aura pas fallut attendre longtemps. Quelques mois, tant l’impact médiatique eu un effet salvateur. L’équipe vendait l’image d’un grand champion qui construisait son équipe de Formule 1, comme une continuité de la réussite de sa carrière. Cela a parfaitement fonctionné, car en parallèle les résultats de la saison 1997 ont été à la hauteur de l’enthousiasme général.

En parallèle, l’équipe Marketing de Prost GP s’activait à démarcher de nouveaux partenaires français, en utilisant Alain Prost comme dernier ressort pour faire pencher la balance, mais également un organigramme incluant Bernard Dudot. Cela a fonctionné, un temps, mais lorsqu’il a fallut démarcher des partenaires européens ou internationaux, l’image française de l’équipe a été un point de pénalité. Ce qui provoquera l’évolution avenir.

mi-1998 à 2000 : de l’image produit en marque

Les résultats en piste n’étant pas à la hauteur, les énergies ont été misent sur le marketing. Le principe de Service Après Vente des sponsors a été mis en place, ainsi que l’originalité des valorisations sponsorings. Un club de supporters fort de 15000 membres a été mis également en action à cette époque là. Petit à petit le plan se mettait en place.

L’introduction à hauteur de 10% de LV Capital (LVMH) était un signe de développement de l’évolution future. Mais, sportivement la signature de John Barnard a été un vecteur majeur de cette évolution. L’équipe perdait son image française, pour devenir plus internationale et capter l’image novatrice de son ingénieur. Alain Prost s’effaça petit à petit au profit de son équipe et la signature avec Yahoo sera l’illustration de ces efforts.

2000 à mi 2001 : l’image de marque

Lorsque Yahoo signe avec Prost GP, c’est un événement majeur. La start up américaine est un symbole et un véritable atout marketing pour l’équipe, qui chasse son image française et clivant pour devenir une marque de la Formule 1. Le projet avec Yahoo, basé sur un deal de 3 ans, devait permettre de placer la marque Prost GP sur le territoire nord américain et en faire un vecteur commercial majeur.

De la même manière les signatures d’UFA Sport et du Groupe Diniz aspire à cette démarche nouvelle. La société allemande de marketing avait pour ambition d’utiliser la marque Prost pour obtenir du sponsoring, tandis que le Groupe Diniz misait sur un projet de vente de produits dans son réseau de magasin en Argentine et Brésil. Dans l’aspiration, la signature avec le groupe média PSN entrait dans cette logique de développement. Avant que la crise en Amérique du sud n’éclate.

En coulisse, deux dossiers illustrent assez bien l’évolution du modèle marketing.

Lorsque courant 2000, Prost démarche le Crédit Suisse, un dossier est présenté. Secret depuis longtemps, le contenu ne permet pas de savoir ce qui avait été proposé réellement, toutefois nous pouvons estimer de par l’évolution que ce qui avait été proposé au Crédit Suisse est un investissement autour de 25 millions de dollars pour financer la marque Prost GP et ensuite toucher une part de dividende sur le milliard de chiffre d’affaire visé à long terme. En utilisant sa nouvelle puissance commerciale, Prost pouvait aspirer son grand projet en devenant une marque, comme Lacoste pour le Tennis.

L’autre démarche aura été autour du moteur Mercedes-Benz courant 2000. Un business plan a été présenté à la marque allemande qui a hésité avant de plonger. L’axe Franco-allemand avait été valorisé, ainsi que la valorisation de la marque en premium, la signature d’un pilote allemand (Nick Heidfeild). En résumé, comme John Barnard avait été un vecteur d’image, Mercedes-Benz devait via un projet junior team être l’aboutissement du projet et assurer un avenir sportif digne. En vain.

Aujourd’hui, McLaren et d’une certaine manière Renault F1 Team et Sauber Racing sont entrés dans cette logique inspiré par Prost GP il y a 20 ans. Il sera intéressant de constater l’évolution future de ces trois équipes à l’horizon 2021.

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Note du Mardi : vers la mutualisation Image/Technologie pour les sponsors

L’annonce de partenariat entre McLaren et British American Tobacco symbolise un tournant dans l’approche d’acquisition de sponsoring en F1.

L’accord est un partenariat Business 2 Business, devant permettre au géant du tabac d’accélérer sa transition vers un nouveau business en utilisant un slogan « A Better Tomorrow » comme marqueur principal. L’accord est surtout une mutualisation entre la visibilité de McLaren Racing et là force de frappe de technologique de McLaren Applicated.

L’épisode Ferrari

Lors du renouvellement de leur accord il y a quelques mois, Philip Morris et là Scuderia Ferrari avaient mis en avant l’idée de la promotion d’une marque de e cigarette, en lieu est placé de la célèbre marque de Tabac masquée. Rapidement, le projet s’est transformé en un slogan fédérateur, dans la même veine du « Team Spirit » imaginé lequipe marketing de Renault F1 Tram au milieu des année 2000 avec Japan Tobacco.

Le modèle Red Bull

Depuis 2 ans, Red Bull a fortement fait évoluer son modèle d’acquisition de partenariat en misant sur la mutualisation image/technologie et surtout en créant elle même des sponsors sur le long terme, lui permettant d’anticiper. Tag Heuer, Exxon et Aston Martin ont été les symboles de cette nouvelle stratègie, rapportant selon le Business Book GP 2018, un total de 50 millions d’euros annuel.

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Note du Mardi – Le plan Racing Point

Note du mardiProgressivement les plans de Racing Point (Force India) se développent. Un programme 2019/2020 se résume à un programme simple : investissement.

Pour terminer la saison 2018 de Force India, Lawrence Stroll et ses associés ont été obligé de débourser environ 40 millions d’euros, sur un plan de financement de 100 millions globale. L’argent ayant permis de relancer aussi le développement de la machine 2019, qui s’était endormie sous l’influence du manque de liquidité du précédent propriétaire. Toutefois pour 2019 et 2020, le plan Stroll sera beaucoup plus ambitieux. L’objectif sera de construire une équipe compétitive et de haut de tableau. Dans l’aspiration de ce qu’a réalisé Red Bull avec son équipe depuis 2005.

Retour sur le taureau rouge

Lors du rachat de Jaguar fin 2004, Red Bull avait mis en place un plan d’investissement de trois saisons (2005/2006 et 2007), de 300 millions de dollars sur le papier, qui s’est transformé dans la réalité en 450 millions de dollars. Puis après la vague période de restrictions de budget entre 2008 et 2010, faisant baisser l’investissement entre 50 et 100 millions d’euros, une nouvelle vague d’investissement d’environ 150 millions d’euros a été acté entre 2011 et 2014. Depuis lors, Red Bull investit environ 200 millions d’euros dans son équipe première chaque année.

En parallèle le changement de réglementation en 2009 a permis à Red Bull Racing de rattraper son retard technique sur les constructeurs et de s’établir comme un top team depuis lors.

De Force India à Racing Point

Depuis la propulsion des moteurs hybride, Force India a été en difficulté économique. En 2018, son budget était estimé par le Business BookGP 2018 à 117,8 millions d’euros. Trop peu en rapport avec le niveau de compétitivité de l’ensemble de l’équipe depuis 2016. Les nouveaux propriétaires sont dans la lignée des Benetton, Red Bull et Haas.

Lawrence Stroll estime que l’objectif pour 2019 sera de se battre pour la 4ème place du championnat du monde des constructeurs, puis 2020 aura pour ambition de viser la 3ème. Ensuite, lorsque les changements de réglementation technique interviendront le projet permettra de viser le podium régulièrement. Pour 2019 et 2020, Stroll et ses associés vont investir 250 millions d’euros au total dans le budget de l’équipe.

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Note du Mardi – Les nouvelles conditions pour se maintenir au sommet

Note du mardiAprès cinq titres de champion du monde des constructeurs, l’équipe Mercedes AMG F1 arrive à un tournant de son existence comme top team. L’objectif d’égaler la Scuderia Ferrari et ses six titres entre 1999 et 2004 est puissant, mais les méthodes pour y arriver ont beaucoup évolué depuis 15 ans.

2 points pour débuter

Une fois que l’ascension vers le sommet est acquise, deux règles s’appliquaient : La première indiquait qu’il  fallait garder l’équipe et les pilotes autour de soi, leur parler constamment. Le team manager devant faire sentir que tous se donnent de la peine. La seconde résidait en neuf points. Neuf clés du succès pour rendre une équipe gagnante sur le long terme :

Cela débute par des objectifs clairs et buts communément définis. Puis une ouverture d’esprit et confrontation d’idées (ce que beaucoup d’équipe comprennent pour de l’agressivité). Ensuite le soutient et confiance entre les personnes du groupe. Viendra après, la coopération entre les membres, mais confrontation d’idées sans nuire à l’équilibre de l’ensemble. Ce qui impose des procédures saines, des dirigeants en phases avec les circonstances et une remise en cause régulière des performances (un facteur clé qui, s’il est inexistant, peut nuire à n’importe quel projet). Arrivera pour finir un bon sens du développement personnel et de la contribution apportée par chacun des membres et enfin des rapports efficaces avec les autres équipes.

Toto Wolff, au nom de Mercedes AMG F1, souhaite approfondir cette recette immuable, qui a permis à McLaren (1984-1991), Williams (1992-1997), Ferrari (1999-2004 puis 2006-2008) et Red Bull Racing (2010-2013) de rester au sommet.

L’après aura des conséquences

Mais la chute peut être drue. McLaren est entrée dans une idéologie qui l’a tellement imprégné 20 ans plus tard qu’il faut tout rénover. Williams est devenu prisonnier de son passé et ne fait que reproduire un schéma usité et dépassé. Ferrari imite ce qui se fait de mieux dans le paddock, afin de se maintenir en haut de l’affiche, réagissant au lieu d’agir, comme elle le fait quand elle est en crise. Red Bull Racing mise sur la stabilité, mais avec les hauts et les bas qu’impose cette méthode qui est construite autour d’une vieille recette de management, qui a de tout temps fonctionné en Formule 1.

Les conditions de travail au centre

Rester au sommet est donc plus compliqué que d’y arriver. L’une des solutions de Toto Wolff est de maintenir la tension, afin de préserver la soif de vaincre. Pour cela il est aussi important de comprendre comment les niveaux d’énergies peuvent être maintenus. Auparavant la méthode était de renouveler le personnel (McLaren renouvelait chaque saison 10% de son personnel pour maintenir une efficacité théorique), tandis que d’autres mise sur la continuité du staff et son expérience acquise ensemble dans la victoire. Jusqu’à l’usure.

Le grand changement chez Mercedes AMG F1 est que ce sont des professionnels extérieurs qui vont travailler sur différents aspects des membres de l’équipe. L’environnement de travail est analysé et trois axes sont privilégiés : la nutrition, le sommeil et le sport pratiqué. L’équipe apporte également un soutien médical. L’utilisation des psychologues est devenue une norme, car la marque allemande estime que la force de ses succès réside dans ses employés. Chacun comprend sa mission. Toto Wolff a une métaphore intéressante : « nous n’agissons pas comme des enfants de  cinq ans qui jouent au football et courent après le ballon, mais en essayant de ne pas perdre le ballon. » Les mêmes recettes utilisées pour maintenir une équipe de football au sommet.

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Note du Mardi – Diversifier pour décliner

Note du mardiLewis Hamilton estime que le secret de Mercedes AMG F1 est de n’avoir pas dévié de son chemin en misant sur ses succès pour se diversifier au-delà de la Formule 1.

Le constat est sans appel, Red Bull Racing, via sa structure Engineering a développé l’Aston Martin Walkyrie depuis 2014 (2015 ayant été le pic du développement de la voiture), et cela a été la pire saison de l’équipe autrichienne. Williams depuis une dizaine d’année cherche à se diversifier. Dans le KERS, puis la conception des Formule 2 et une école technique au Qatar. Aujourd’hui, Williams, via sa division Advanced Engineering travaille sur un système de batterie qui sera utilisée en Formule E dès cette saison et sur des moyens de mobilités urbains et met à disposition ses souffleries pour d’autres disciplines sportives et constructeurs.

McLaren via sa division Applied Technology (520 personnes) a signé un accord avec l’équipe cycliste professionnel du Bahreïn Merida (d’une valeur de 20 millions d’euros), des batteries pour la Formule E, un projet Indy 500 et un simulateur conçu par McLaren et qui fait la grande fierté des ingénieurs. En plus d’être une marque automobile de haute performance depuis le début des années 2010.

Mais avant aussi…

Par le passée, les équipes Brabham et Lotus, voir même Ferrari était des exemples qui ont confirmé l’observation de Lewis Hamilton. L’équipe de Jack Brabham et Ron Tauranac, produisait des monoplaces pour d’autres catégories afin de financier une partie de l’équipe de Formule 1. Lotus a cycliquement été victime de sa diversification automobile et bureau d’étude. L’introduction en bourse en 1969, nouveau modèle au milieu des années 70. A chaque fois que l’équipe de Formule 1 brillait, une diversification s’opérait et un déclin s’amorçait. Ferrari a eu aussi la même histoire dans les années 80 et 90. Même McLaren dans les années 66-73 était effectivement moins performante avant d’abandonner le programme Indycar et CanAm.

La diversification économique de Williams, McLaren et Red Bull a un impact sur les résultats sur la piste. Cela a été le cas entre 2015 et 2016 chez Red Bull et il est visible que Williams et McLaren ne sont plus les équipes du passée. Toutefois à la différence de Mercedes, le projet Formule 1 n’est pas uniquement un facteur d’image, mais la base du modèle économique.

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Note du Mardi : La fausse légende Brawn GP

Note du mardiToto Wolff a indiqué en marge d’une intervention d’une convention organisé par Hewlett Packard, que le changement de réglementation de 2019, pouvait provoquer l’émergence d’une nouvelle Brawn Grand Prix. L’histoire d’une exception qui avec le temps devient une légende qui n’a rien d’historique.

En 2009, Brawn GP domine le début de saison. Machine classique, disposant d’un moteur Mercedes puissant et d’un double diffuseur efficace, la monoplace anglaise permettra à Jenson Button de décrocher son unique titre de champion du monde des pilotes et à l’équipe de devenir championne du monde des constructeurs. Toutefois, ce changement de hiérarchie sur la piste a occulté la réalité. Brawn est né sur les cendres d’un investissement massif de Honda depuis 2006 et sa victoire cache la réelle montée en puissance de Red Bull Racing. L’équipe autrichienne est la vraie gagnante du changement de réglementation 2009. Dominant les championnats jusqu’en 2013.

La réalité est bien différente

En réalité le vainqueur de la première année d’un changement de réglementation n’est pas la menace réelle. C’est le second. En 1998, McLaren domine le championnat, mais c’est Ferrari qui va gagner tout les titres jusqu’en 2004. En 1995, c’est Benetton qui remporte le titre, mais Williams dominera jusqu’en 1997. En 1989, McLaren domine largement la Formule 1, suite au changement de réglementation moteur, mais Williams gagnera ensuite à partir de 1992. Idem pour le profond changement châssis de 1983, interdisant l’Effet de Sol. Ferrari reporta le titre constructeur, comme en 1982.

Les changements de réglementation n’ont pas réellement bouleversé la hiérarchie. En 1988 et 1989, McLaren restait devant. En 1994 et 1995, Benetton et Williams restaient devant, en 1998, McLaren avait pris le dessus sur Ferrari qui avait terminé second la saison précédente. 2009 restera une exception, car Ferrari et McLaren, dominateur la saison précédente avaient mal ajusté la réglementation du KERS alors en vigueur (et non utilisé par les Brawn et Red Bull cette année là).

2019 ne devrait pas faire exception. L’avance des trois plus grosses équipes du championnat est devenue très importantes. Technologiquement et financièrement. Forçant à la raison. D’ailleurs, en 2017, lors du précédent changement de réglementation, Toto Wolff avait déjà mis en avant sa prédiction de l’émergence d’une équipe « à la Brawn ». Mais l’époque n’est plus.

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Note du Mardi – L’avenir de Fernando Alonso

Note du mardiL’avenir de Fernando Alonso est flou. Les divergences apparaissent entre le double champion du monde et la direction de McLaren. Le verni s’effrite désormais.

20 millions d’euros, c’est le prix à payer pour réaliser le projet que souhaite Fernando Alonso. Durant l’été 2018, le pilote espagnol a longuement échangé avec Michael Andretti. Le souhait de réaliser une saison complète en Indycar se présentait comme un challenge ultime, en plus des 500 Miles d’Indianapolis. En coulisse, les complications ont été des plus nombreuses.

Toyota d’abord qui cherche à prolonger Alonso pour 2019, mais souhaite l’exclusivité. Estimant que le retrait de la Formule 1 du pilote, annoncée cet été,  permet d’augmenter son salaire et donc ses retombés. La victoire aux 24h du Mans en Juin dernier a été très bénéfique et la marque japonaise souhaite continuer l’aventure. Mais de façon exclusive. Toyota ne souhaite naturellement pas qu’Alonso réalise une saison Indycar en parallèle avec un moteur Honda. Cela forcerait le projet à se propulser avec un bloc Chevrolet, qui est encore loin d’être aussi compétitif.

McLaren retarde également sa décision. La conférence de presse lors du Grand Prix des États-Unis a été une bizarrerie rare. L’abandon du programme complet s’accompagne d’une première divergence entre Zak Brown et son pilote. Non McLaren ne financera pas le projet de Fernando Alonso en Indycar. Sous la pression de ses actionnaires des émirats, le manager américain souhaite se concentrer sur la Formule 1 et retrouver des résultats sur la piste, au lieu de l’image sur les réseaux sociaux ou dans les médias.

En 2017, l’aventure Alonso au 500 Miles avait été financée par Honda. N’ayant plus le moteur japonais dans sa McLaren en 2018, il est difficile de demander un soutien économique au constructeur japonais. Surtout après avoir critiqué son moteur pendant de longues saisons.

La fin de l’aventure McLaren – Alonso s’annonce proche et le pilote parle déjà d’un retour en 2020. L’entourage du pilote ibérique estime que ce n’était pas une bonne idée d’annoncer sa retraite en 2019. Le projet d’égaler Graham Hill au palmarès (seul pilote à avoir remporté le titre mondiale F1, les 500 Miles d’Indy et les 24h du Mans dans sa carrière), se heurte aux comportements du passé et aux contrats du futur. La rumeur indiquait déjà qu’Alonso discuterait avec Racing Point Force India pour revenir en 2020 aux côtés de Lance Stroll (Sergio Perez ayant prolongé que pour 2019), dans un projet globalement ambitieux avec la Holding de Lawrence Stroll associant la marque du pilote ibérique : Kimoa.

Mais l’issus du Grand Prix des Etats-Unis et la réaction de Fernando Alonso après son sérieux contact avec Lance Stroll, semble également compromettre cette idée.

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Note du Mardi – le film du deal Raikkonen – Sauber

Note du mardiTout c’est accéléré à partir du Grand Prix d’Italie. La prise de position de Ferrari s’étant dévoilée, le rapprochement Raikkonen-Sauber pouvait s’établir, avec le contrôle de la Scuderia.

La disparition de Sergio Marchionne aura été un marqueur fort de la saison de Ferrari en 2018. Ce 25 Juillet, suite à une longue complication médicale, l’homme qui avait redressé FIAT s’était éteints et avec lui un projet : Relancer la Scuderia Ferrari en ayant décidé de signer avec Charles Leclerc aux cotés de Sébastian Vettel. Le contrat de deux saisons devait toutefois être confirmé pour Monza de la même année.

Dès Juin 2018, le flou c’était installé pour Kimi Raikkonen. Depuis 2015, à la même époque, le champion du monde 2007, rencontrait Marchionne et savait comment son avenir allait se dessiner pour la saison d’après. A l’issus de l’entretien, ou la pression était de mise (comme en 2015 et 2016), ou alors le concours d’un contrat offrait un cadre. Depuis 2014, le contrat de Kimi Raikkonen indiquait que Ferrari devait dévoiler une proposition à son pilote avant le 31 Août de chaque saison. Si cette dernière ne vient pas, libre au pilote de démissionner et de se lancer sur le marché. En Juin 2018, Raikkonen n’était pas vraiment sûr de continuer l’aventure avec la Scuderia Ferrari. Quelques semaines plus tard, la rumeur Charles Leclerc envahissait le paddock et plus tard les médias. Mais, Marchionne, malade ne pourra plus contrôler la communication.

L’été se passant dans le flou le plus absolu, entre honneur de la mémoire et décision à prendre pour 2019. Sébastian Vettel est sondé et souhaite que Raikkonen continue l’aventure à ses côtés. Du côté des ingénieurs, il y a un sentiment mitigé. Autant autour du champion du monde 2007 que sur Vettel, qui cumule les erreurs en Grand Prix. De son côté, Maurizzio Arrivabene fait le choix de ne pas faire de choix. L’hésitation est palpable. L’émotion devait retomber.

Le mois d’Août se termina avec le GP de Belgique. Kimi Raikkonen n’avait toujours pas de signe de Ferrari. Il comprit la situation. A la date de sa clause butoir, il démissionnera. De son côté Zak Brown est un homme dans le besoin. Son offensive sur Daniel Ricciardo ayant échoué, il lui fallait une star pour remplacer Fernando Alonso pour 2019. Une offre éclair de 16 millions d’euros est formulée. Dans les faits, c’est 6 millions d’euros de fixe et 10 millions de variable. Steve Robertson demanda plutôt 10 millions et une prime de 10 millions. L’affaire en resta là.

Reste que l’offensive McLaren interpelle le management de Ferrari qui souhaitait garder le contrôle de la situation. Depuis fin Avril, 3 ou 4 équipes ont fait une proposition à Kimi Raikkonen pour 2019 : McLaren, Renault, Sauber Alfa Roméo et une timide approche de Haas. Les offres McLaren et Renault n’existant plus, il en restait une solide : Sauber Alfa Roméo.

Après étude de cas, Raikkonen estime que Sauber est dans la même position que Lotus en 2011. Ainsi, il est possible d’occuper la 4ème ou 5ème place du championnat derrière Mercedes, Ferrari et Red Bull (surtout avec l’inconnue Honda pour cette dernière) dès 2019. A partir du Grand Prix d’Italie un rapprochement se fait entre l’équipe suisse et le pilote finlandais. En coulisse, Ferrari indiqua à Longbow Capital, le propriétaire de Sauber F1 Team, qu’elle acceptait de payer le premier salaire de Raikkonen pour 2019. Soit 5 millions d’euros. Charge à l’équipe suisse de trouver le complément. Marché conclu et le dernier champion du monde Ferrari signa quelques jours plus tard avec Sauber pour un contrat d’une saison (2019) et une option pour 2020 à définir ensemble. L’ensemble est évalué entre 20 et 25 millions d’euros chaque saison maximum. Un deal important pour Sauber, qui a amélioré sa capacité économique en 2018 et vise la signature de sponsors de compléments pour 2019 et 2020.

Durant sa carrière, Kimi Raikkonen est un homme logique. Après sa première période Ferrari, il avait hésité à revenir chez McLaren en 2010. La nouvelle proposition de McLaren pour 2018 n’était pas jugé sérieuse. Sa signature avec Lotus, était surtout un écho au pré accord de 2006 signé à l’époque de Renault pour 2007 (avant de conclure son deal avec Ferrari). Pour définir l’avenir du pilote, il faut connaître son passée. Ainsi, fin 2012, il avait, via son agent Steve Robertson proposer un projet de reprise de l’équipe Sauber, avant de prolonger son contrat avec Lotus F1 Team. Peter Sauber l’avait dévoilé en décembre 2013. Discrètement.

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