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Saga : Benetton Formula – 1994, l’âge d’or

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Ford l’avait pourtant promis à la signature courant 1992. Le moteur 12 cylindres 3,5L en développement depuis quelques mois tardait à venir renforcer l’équipe. Pire, l’accord entre le constructeur américain et l’équipe avait été écorché par McLaren la saison précédente. L’attraction Ayrton Senna avait été trop forte pour les dirigeants de la marque à l’ovale bleu. Mais cette négligence de Ford envers Benetton força Flavio Briatore à faire face et prévoir l’après. Acceptant la mort dans l’âme de rompre son contrat avec une année d’avance sur le projet initiale, Ford accepta les modalités de Benetton Formula. Car en parallèle une véritable opération charme à destination de Renault et ELF, ce m’était en place.  Avec le bloc français et le concours de Michael Schumacher,  l’italien estimait que Benetton pouvait rester compétitive face à la concurrence. L’idée fera son chemin et obtient un avis favorable en Octobre 1993.  Renault Sport signa un pré accord avec Benetton Formula pour une fourniture de trois saisons à partir de 1995. Gratuite. Mais il fallait des garanties et la concurrence était nombreuse. Ainsi, Briatore pris une option d’achat de l’équipe Ligier, propulsée par le fameux V10 Renault, afin d’avoir à la fois un plan B et une base pour gagner du temps.  L’offensive sur la marque au losange fît réagir Ford. Un nouveau moteur avait été mis en chantier à Northampton en toute hâte fin 1993. Le V8 Zetec-R. Avec un régime passant de 13,500 à 14,700 tr/min proposant 760cv, soit trente de plus que le HB de l’année précédente. Le chant du cygne pour le duo Ford-Benetton.

Transformant son option d’achat, Briatore pris 85% du capital de Ligier Sport et le contrôle de l’usine de Nevers pour 50 millions de Francs. L’argent avait été prêté par Bernie Ecclestone avec intérêt à court terme, car Luciano Benetton ne souhaitait pas participer à l’aventure. Ce projet de reprise était surtout une reprise du projet initial présenté aux français par Ron Dennis  et McLaren durant l’hiver 1992/1993. McLaren souhaitait à l’époque le moteur V10 Renault pour 1993 afin de garde Ayrton Senna le plus longtemps possible. Un an plus tard, Briatore réalisa ce que Dennis n’avait pas fait pour préserver l’avenir de l’équipe Benetton.  Olivier Panis signa un contrat similaire à celui qu’avait paraphé Michael Schumacher en Septembre 1991 et le moteur Renault propulsa une monoplace simple évolution de la précédente. Pour un budget de 280 millions de francs, l’équipe bleue n’en dépensera que 100 millions (dont 65 millions de moteur Renault). Le bénéfice était important. Ecclestone ayant été remboursé,  Briatore racheta la marque Kickers au groupe Zannier, avant de la revendre plusieurs dizaines de millions de dollars au même groupe Zannier. Les débuts de la diversification pour Briatore. L’argent de Kickers servira à prendre 50% des parts d’une petite société pharmaceutique italienne. La base de la fortune de Briatore était ainsi née.

Autour du moteur Zetec-R, la B194 était une évolution gommant les défauts de la B193. Une machine surtout développée en soufflerie, mais au design similaire. Ross Brawn présentait cette monoplace non pas comme une version B de la précédente mais comme une solution plus évolué encore. Une évolution dans le détail. En réalité, la B194 était un mix entre la B193 et l’un des deux projets Reynard F1 imaginés par Rory Byrne. Après l’arrivée de John Barnard, l’ingénieur sud-africain avait trouvé refuge chez Reynard. Le petit constructeur anglais qui brillait en F3000 avait de l’ambition pour son avenir. La Formule 1 était la prochaine étape, une première monoplace sera mise en chantier et un accord de fourniture avec Yamaha pour 1992 sera signé. La monoplace ne sortira jamais de la soufflerie et son dessin servira de base aux modèles d’Indycar de Reynard à partir de 1994. En parallèle de ce projet, Byrne développa un autre modèle dont il laissa les dessins à Reynard avant de revenir chez Benetton. Cette monoplace au nez haut et ponton reculé avait été également conçue autour du V12 japonais. L’ironie de l’histoire verra cet ultime design de Byrne pour le constructeur anglais, sous le nom de Pacific PR01 durant la saison 1994, non pas propulsé par un V12, mais adapté pour un V10 Illmor, sans succès toutefois. La réglementation 1994 imposa les ravitaillements en course força Benetton désormais composé de 175 employés d’être ingénieuse et méthodique. L’approche mathématique par ordinateur des Grand Prix sera en grande partie le succès de cette saison. Ainsi qu’une exploitation de l’anti-patinage sur la monoplace de Schumacher qui sera toujours sujet à controverse. Même aujourd’hui, malgré les démentis. 8 victoires et une  triste fin de Grand Prix d’Australie pour Schumacher plus tard, le titre de champion du monde des pilotes est désormais inscrit dans les tablettes de la discipline. La marche avait été franchie. Il fallait confirmer pour la saison suivante.

La joie du premier titre de Schumacher ne sera toutefois qu’une façade. En coulisse, la main mise de Tom Walkinshaw sur l’équipe Benetton devenait trop forte. Ses excès aussi. L’option de l’écossais pour prendre le contrôle de l’équipe inquiétait les italiens. Un plan s’esquissa doucement. Ecarter Walkinshaw du jeu. Luciano Benetton promis les parts de l’écossais à Flavio Briatore. Le salaire de l’italien passa à 800.000 dollars. Briatore céda l’exploitation durant 18 mois de Ligier à Tom Walkinshaw et TWR. Le piège se mettait en place autour de l’aventureux  manager écossais.

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La brève histoire de Team Lotus et Pacific F1

Pacific PR02Lundi 17 Octobre 1995, Keith Wiggins, le patron de Pacific Team Lotus se met d’accord avec le pilote japonais Katsumi Yamamoto. Contre 1,2 millions de dollars le jeune homme de 22 ans, espoir de la Formule 3000 disposera du volant de la Pacific numéro 16 pour le Grand Prix du Pacifique et Japon. La Fédération Internationale de l’Automobile suivant l’évolution des pilotes de l’équipe anglaise refuse la superlience à Yamamoto. Bertrand Gachot retrouve son volant et abandonnera très vite durant la course.  En coulisse, les discussions pour disposer du moteur 1995 V10 Yamaha ont échoué.  La fin de l’histoire Pacific Team Lotus était déjà consommée.

Après une aventure décevante en 1994, Wiggins commande une nouvelle voiture développée par son directeur technique Frank Coppuck et propulsée par un V8 Ford ED, peu puissant, mais promis fiable. La voiture est présentée et en plus de son esthétisme  c’est l’accord avec Team Lotus qui étonne. L’équipe se nomme Pacific Team Lotus et la PR02 hérite d’une partie du travaille du modèle 112 qui était entrée en soufflerie en 1994 avant la chute de la célèbre équipe anglaise. Le 23 Février 1995, David Hunt, le nouveau propriétaire des actifs du team de Colin Chapman enregistre Team Lotus au registre des marques et signe l’accord avec Pacific.

L’idée derrière tout cela est de séduire des sponsors à hauteur de 8 ou 10 millions de dollars et d’être le véhicule du retour de Team Lotus pour 1996 en obtenant un partenariat moteur d’un constructeur. En coulisse, Bertrand Gachot qui reste pilote, entre dans le capital de l’équipe Pacific avec l’homme d’affaire japonais Ko Gotoh. Pedro Lamy, ex-Team Lotus est pressenti pour être le second pilote, mais le portugais manque de temps pour réunir assez d’argent pour obtenir le volant. Andrea Montermini héritera du baquet contre 2 millions de dollars.

Si la PR02 proposait une série de petits sponsors, le manque de budget se faisait déjà sentir. On parlait à l’époque d’une dizaine de millions de dollars seulement. Les essais privés ont été limité pour garantir la performance de la boite de vitesse et du moteur. Malgré un bon début au Brésil, le GP suivant en Argentine a été difficile avec un accident pour les deux voitures.

A la mi-saison les problèmes d’argents étaient trop visibles. Le partenariat avec le nom de Team Lotus n’a pas permis de signer le partenaire tabac (malgré une approche de BAT et Benson& Hedge qui signera plus tard chez Jordan) et un moteur d’un constructeur (Mugen a été contacté et à refusé, tout comme finalement Yamaha plus tard). Gachot renonce à son siège et Giovanni Lavaggi signe pour 4 courses, tout comme le suisse Jean-Denis Deletraz. Les pilotes apportent l’argent pour permettre une présence sur les courses.

Au Grand Prix d’Europe sur le circuit du Nurburgring, est le symbole de la saison de la petite équipe anglaise. Dans les conditions humides en début de course, Jean-Denis Deletraz luttait contre la McLaren de Mark Blundell et Andrea Montermini était à la lutte avec Mika Hakkinen. Malheureusement le team n’a pas réussi à transmettre au pilote italien l’information de sa position depuis les stands, pour la simple et unique raison que les mécaniciens n’avaient pas les lettres pour écrire « Hakkinen » sur le panneau. Quelques instants plus tard, Montermini rentre pour ravitailler, il roule sur le mécanicien Paul Summerfield qui se casse la jambe. L’italien terminera la course en panne de carburant. La faute à la panique.

Spa Francorchamps, Heini Mader entre dans le paddock avec une froide détermination. Il entretenait les V8 Ford ED privé et Pacific n’avait pas payé sa première facture de 2 millions de dollars remontant à décembre 1994. Avec 10 ruptures de boite de vitesse, la faute était trouvée sur le manque de fiabilité des moteurs américains préparée par le suisse. Mader saisi la justice Belge pour récupérer la moitié de sa créance. Les deux monoplaces PR02 sont saisies. Finalement un compromis « honorable » est trouvé entre les parties. Après accusation de complot et menace de faire disparaître l’équipe. Pacific a payé jusqu’en 1997 sa dette avec caution de deux établissements bancaires. Entre temps, David Hunt était déjà parti. le projet Pacific Team Lotus n’aura durée que 6 mois et l’homme d’affaire anglais cherche désormais à entrer en Formule 1 à l’horizon 1997.  Quelques mois plus tard, et un dernier tour de piste en Asie-Océanie, l’équipe Pacific termine dans la douleur et dans les pertes financières son aventure Formule 1, sans avoir brillé.

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