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La brève histoire de Team Lotus et Pacific F1

Pacific PR02Lundi 17 Octobre 1995, Keith Wiggins, le patron de Pacific Team Lotus se met d’accord avec le pilote japonais Katsumi Yamamoto. Contre 1,2 millions de dollars le jeune homme de 22 ans, espoir de la Formule 3000 disposera du volant de la Pacific numéro 16 pour le Grand Prix du Pacifique et Japon. La Fédération Internationale de l’Automobile suivant l’évolution des pilotes de l’équipe anglaise refuse la superlience à Yamamoto. Bertrand Gachot retrouve son volant et abandonnera très vite durant la course.  En coulisse, les discussions pour disposer du moteur 1995 V10 Yamaha ont échoué.  La fin de l’histoire Pacific Team Lotus était déjà consommée.

Après une aventure décevante en 1994, Wiggins commande une nouvelle voiture développée par son directeur technique Frank Coppuck et propulsée par un V8 Ford ED, peu puissant, mais promis fiable. La voiture est présentée et en plus de son esthétisme  c’est l’accord avec Team Lotus qui étonne. L’équipe se nomme Pacific Team Lotus et la PR02 hérite d’une partie du travaille du modèle 112 qui était entrée en soufflerie en 1994 avant la chute de la célèbre équipe anglaise. Le 23 Février 1995, David Hunt, le nouveau propriétaire des actifs du team de Colin Chapman enregistre Team Lotus au registre des marques et signe l’accord avec Pacific.

L’idée derrière tout cela est de séduire des sponsors à hauteur de 8 ou 10 millions de dollars et d’être le véhicule du retour de Team Lotus pour 1996 en obtenant un partenariat moteur d’un constructeur. En coulisse, Bertrand Gachot qui reste pilote, entre dans le capital de l’équipe Pacific avec l’homme d’affaire japonais Ko Gotoh. Pedro Lamy, ex-Team Lotus est pressenti pour être le second pilote, mais le portugais manque de temps pour réunir assez d’argent pour obtenir le volant. Andrea Montermini héritera du baquet contre 2 millions de dollars.

Si la PR02 proposait une série de petits sponsors, le manque de budget se faisait déjà sentir. On parlait à l’époque d’une dizaine de millions de dollars seulement. Les essais privés ont été limité pour garantir la performance de la boite de vitesse et du moteur. Malgré un bon début au Brésil, le GP suivant en Argentine a été difficile avec un accident pour les deux voitures.

A la mi-saison les problèmes d’argents étaient trop visibles. Le partenariat avec le nom de Team Lotus n’a pas permis de signer le partenaire tabac (malgré une approche de BAT et Benson& Hedge qui signera plus tard chez Jordan) et un moteur d’un constructeur (Mugen a été contacté et à refusé, tout comme finalement Yamaha plus tard). Gachot renonce à son siège et Giovanni Lavaggi signe pour 4 courses, tout comme le suisse Jean-Denis Deletraz. Les pilotes apportent l’argent pour permettre une présence sur les courses.

Au Grand Prix d’Europe sur le circuit du Nurburgring, est le symbole de la saison de la petite équipe anglaise. Dans les conditions humides en début de course, Jean-Denis Deletraz luttait contre la McLaren de Mark Blundell et Andrea Montermini était à la lutte avec Mika Hakkinen. Malheureusement le team n’a pas réussi à transmettre au pilote italien l’information de sa position depuis les stands, pour la simple et unique raison que les mécaniciens n’avaient pas les lettres pour écrire « Hakkinen » sur le panneau. Quelques instants plus tard, Montermini rentre pour ravitailler, il roule sur le mécanicien Paul Summerfield qui se casse la jambe. L’italien terminera la course en panne de carburant. La faute à la panique.

Spa Francorchamps, Heini Mader entre dans le paddock avec une froide détermination. Il entretenait les V8 Ford ED privé et Pacific n’avait pas payé sa première facture de 2 millions de dollars remontant à décembre 1994. Avec 10 ruptures de boite de vitesse, la faute était trouvée sur le manque de fiabilité des moteurs américains préparée par le suisse. Mader saisi la justice Belge pour récupérer la moitié de sa créance. Les deux monoplaces PR02 sont saisies. Finalement un compromis « honorable » est trouvé entre les parties. Après accusation de complot et menace de faire disparaître l’équipe. Pacific a payé jusqu’en 1997 sa dette avec caution de deux établissements bancaires. Entre temps, David Hunt était déjà parti. le projet Pacific Team Lotus n’aura durée que 6 mois et l’homme d’affaire anglais cherche désormais à entrer en Formule 1 à l’horizon 1997.  Quelques mois plus tard, et un dernier tour de piste en Asie-Océanie, l’équipe Pacific termine dans la douleur et dans les pertes financières son aventure Formule 1, sans avoir brillé.

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John Judd, un artisan motoriste de la F1

Brabham BT59 - Yamaha OX99

En 1999, la société Engine Developments , alias Judd Power, stoppait le développement de son moteur V10 JV, alias Yamaha OX11A entrevue pour la première fois en 1996 lorsqu’il propulsait la Tyrrell 024…

L’espoir de vendre la technologie de ce moteur, à l’époque révolutionnaire, à Toyota c’est heurté au recul du grand constructeur japonais dans le choix des moteurs pour son entrée en Formule 1 à l’horizon 2001/2002. Une page se tournait pour John Judd et son équipe qui décida de se consacrer sur les courses d’endurances et les voitures de tourisme. C’est en 1969, lorsque Brabham abandonna le robuste V8 Repco pour le mythique Ford-Cosworth DFV que John Judd débuta en Formule 1.

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Note du Mardi – La fin de la fourniture moteur premium

Note du mardiLa situation politico-interne entre Red Bull Racing et Renault Sport F1 marquera la fin prochaine du partenariat de fourniture moteur d’un constructeur à une équipe premium. La fin d’une évolution d’une relation de nature ambigüe.

Lorsqu’en 2011, le Directeur General de Renault Sport, Jean-François Caubet indique dans la presse, lors de la signature du contrat de cinq ans (2012-2016) avec Red Bull Racing les mots qui raisonne encore aujourd’hui : « Notre stratégie est claire. Nous allons nous réinstaller totalement dans notre rôle de motoriste F1. Le vrai rôle d’un constructeur automobile. » Un retour en arrière en réalité, inventant non plus l’idée d’une fourniture moteur exclusif comme cela avait déjà été entrevue par le passé, mais le principe du partenariat référent. Ultime avatar qui cause sa perte aujourd’hui.

Une lente évolution du principe de fourniture exclusive

Par le passé un constructeur fournissait gratuitement son moteur à une équipe. Puis le constructeur a investit de l’argent pour apparaitre sur la monoplace (Honda à partir de 1988 avec McLaren). Renault lors de son retour en Formule 1 en 1989 a mis en place le partenariat donnant/donnant. D’un côté Williams déboursait 8 millions de dollars par année (soit l’équivalent aujourd’hui de 14 millions d’euros environ), pour participation au développement moteur. Un contrat équivalent avait été signé entre Prost et Peugeot entre 1998 et 2000 (contre 4 millions de dollars par année à l’époque). Ensuite le constructeur disposant de sa propre équipe, vendait simplement un moteur client, avant que Renault redevenant motoriste invente la ristourne marketing : A savoir un prix moteur baissé de 25% en échange d’un espace publicitaire sur les monoplaces partenaires. Une logique qui est dépassé depuis la nouvelle réglementation 2014.

L’erreur d’une approche classique 

Depuis 2010, Red Bull Technology avait largement investit dans le KERS (on parlait d’environ 90 millions d’euros), alors que dans le même temps Mercedes-Benz développait son propre concept et le vendait, la marque au losange se contentait de construire et développer son bloc moteur uniquement. L’arrivée de la nouvelle réglementation 2014 n’avait pas été abordée de manière différente. Les composants électriques de l’unité moteur Renault sont conçus par Red Bull Technology et produite par Magna Styr en Autriche. En somme, la marque française achète une technologie à RBT pour ensuite les vendre à ses deux clients, à savoir RBR et la Scuderia Toro Rosso. On parle d’un investissement de 6 ou 8 millions d’euros par an. Alors que dans le même temps, Mercedes-Benz a élaboré un ensemble moteur en interne, maitrisant tout les composants de son évolution et développement.

L’avenir marketing et économique

La situation de Renault est aujourd’hui intenable et marquera l’arrêt pendant un moment de ce type de partenariat avec une équipe dans un proche avenir. Depuis 2014 le fautif est systématiquement le motoriste (comme Peugeot avec Prost en 1999 et 2000, McLaren avec Mercedes-Benz en 2000,  TWR avec Yamaha, Williams et BMW en 2005 etc…) alors que nous étions à l’époque sur des partenariats d’exclusivités fourniture qui ont engendré le développement des constructeurs automobiles comme propriétaire. C’est ainsi la logique de Renault Sport avec les rumeurs de reprise d’une équipe. Mais c’est également la fin de la simple collaboration premium entre un constructeur automobile et une équipe F1. Désormais le monde devrait être binaire : un constructeur faisant de la Formule 1 un outil marketing premium et une série d’équipe cliente pour le financement de son modèle économique.

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Jorge Lorenzo fait le remake de Valentino Rossi

L’histoire a une tendance à se répéter dans le sport. C’est devenu une constante prise au sérieux. La présence la semaine dernière du pilote Jorge Lorenzo à Maranello pour un essai en simulateur aux côtés de Fernando Alonso n’avait rien d’autrement plus intéressant qu’une simple opération de relation publique. Sauf qu’en parallèle de cette visite les négociations entre Yamaha et Lorenzo n’ont rien de paisible. Au contraire.

Jorge Lorenzo Fernando Alonso Simulateur Maranello 2014

Retour en 2012. Lorenzo discute une prolongation de deux ans avec Yamaha Motors sur une base salariale élevée. 8 millions d’euros en 2013 et 10 millions d’euros en 2014. Avec un détail : aucun titre n’est venu augmenter le palmarès de l’une et l’autre partie. Il y a un mois le constructeur japonais a proposé une extension de contrat de deux saisons (2015/2016), avec une réduction de salaire significative. On parle d’un salaire de 5 millions d’euros annuels. Le souci (et l’avantage) de l’histoire et que la Moto GP est en manque de concurrence. Une rumeur Ducati n’est pas crédible sportivement parlant aujourd’hui. C’est ainsi que la présence à Maranello de Lorenzo prends son sens et n’a rien d’innocente loin de là.

L’entourage du pilote a proposé la semaine dernière aux dirigeants de Yamaha une extension d’une saison (2015) de son contrat en échange du maintien de son salaire. En coulisse Lorenzo discute avec Ferrari pour obtenir un essai à Maranello ou Mugello, comme l’a obtenu Valentino Rossi il y a 10 ans. A l’époque le champion italien avait même une offre (fictive) de 30 millions de la part de Ferrari sur trois ans, qui ont permis à Rossi d’obtenir un salaire équivalent et continuer l’aventure avec Yamaha. L’histoire se répète donc avec Lorenzo en 2014…

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