Note du Mardi – le changement de paradigme Williams

Note du mardiLe retrait de Martini comme sponsor principal de Williams F1 Team en 2019 illustre assez bien l’orientation de l’écurie pour justifier la hausse de son budget, afin d’atteindre ses objectifs auprès de ses investisseurs.

Auparavant, Williams était comme les autres équipes, ses performances en piste devaient permettre de séduire des sponsors. Désormais l’idée n’est plus d’être performant sur la piste, mais d’avoir le budget souhaité pour promettre des performances futures.

La course aux millions

Fin 2015, lors du conseil d’administration de la société Williams Plc, Claire Williams a exposé un plan économique à l’horizon 2018. Objectif : 250 millions d’euros de budget. Dans quel but ? permettre de se battre dans le haut du tableau et redevenir champion du monde. Un changement de paradigme total.

En 2017, le budget était estimé par le Business Book GP 2017 à 189 millions d’euros, il augmentera encore pour 2018, autour de 220 millions, selon les premières estimations. La structuration du budget de l’équipe ressemble à s’y méprendre à celle de l’époque BMW.

A l’époque, BMW garantissait 20 à 30 millions de dollars comme sponsor et investissait 80 millions dans le développement moteur. HP était sponsor à hauteur de 35/45 millions de dollars par année sur une période de 5 ans et les sponsors secondaires débroussaient 10 à 15 millions par an, sur des contrats de trois saisons.  En 2000, le budget était de 150 millions de dollars, puis 195 millions en 2001, 230 millions en 2002, 250 millions en 2003 et 275 millions en 2004. Le sponsoring était supérieur à 100 millions de dollars à l’époque.

Legacy BMW

Pour arriver à son projet financier, Claire Williams redéfinit les rôles. L’investissement de BMW est une combinaison entre les droits TV et l’investissement de Lance Stroll. Le sponsoring principal est désormais calqué sur celui de l’époque HP, les secondaires sur l’époque 2003/2009 également en termes de tarif (Unilever débourse 15 millions d’euros, pour exposer sa marque sur les pontons des monoplaces anglaises.)

Les négociations avortées entre Bacardi et Williams pour une prolongation du sponsoring de Martini illustre cette stratégie. Après avoir déboursé 10 millions d’euros entre 2014 et 2016, l’investissement est monté à 15 millions d’euros pendant deux ans, tandis que les performances chutaient. Aux dernières nouvelles, Williams souhaitait une prolongation de trois à cinq ans contre 30 millions d’euros de sponsoring, afin de justifier le rôle de sponsor principal de la marque dans ses packs. Echec. Pour le moment…

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Note du Mardi – Le jour sans fin du marketing F1

Note du mardiA la manière de Phils Connors (Bill Murray) qui revit sa journée jusqu’à donner un sens à sa vie, dans « un Jour sans fin », la Formule 1 en matière marketing, depuis désormais 20 ans tourne en rond…

L’annonce de l’accord entre Renault Sport F1 et La Liga Espagnol a un air « de déjà vu ». Il y a 6 ans, Sauber F1 Team avait noué un accord avec le club de Chelsea FC sur le même principe de promotion croisé entre la Formule 1 et le Football. Plus avant, lorsque Williams prolonge avec Lance Stroll, c’est un profond remake de Pastor Maldonado, concernant les chiffres injectés au budget de l’équipe anglaise. Enfin McLaren est entrain de reproduire l’histoire de Lotus F1 Team en matière d’offre avec Dell (qui ressemble à l’accord avec Microsoft à l’époque). Ici nous remontons le temps que depuis une demi-douzaine d’année.

L’évolution depuis 20 ans

À la fin des années 90, les écuries c’étaient transformés en support publicitaire. Profitant de la mondialisation avenir de la discipline. Cette évolution a provoqué l’arrivée des constructeurs automobiles, qui n’étaient que fournisseur moteur jusqu’à présent. Plusieurs milliards ont été injecté entre 2000 et 2008. La présence de BMW, Renault, Toyota, Honda, Jaguar ont permis d’attirer de nouveaux sponsors. Cette course à l’armement a été poussé jusqu’au point critique à partir duquel l’investissement dans la discipline dépassait les retours sur investissement. De même que la nuit succède au jour, l’explosion suit l’expansion.

La crise de 2008 a provoqué un retour en arrière d’une décennie. Les constructeurs se sont retirés, ainsi que des sponsors et une parenthèse économique c’est mise en place.

De nouvelles directions

Comme dans les années 80, lorsque Ron Dennis permis au groupe TAG de s’introduire dans son capital, ouvrant ainsi une nouvelle voie. La période 2009/2015 a été une propice à la financiarisation de la discipline. Williams s’est introduit en bourse, les grandes équipes ont diversifié leurs activités d’ingénieries, le Business to Business a été montré comme la solution et les équipes se sont transformées en plate-forme marketing et communication. Cette parenthèse a profité de la formidable expansion de la discipline à ce moment là.

L’émergeance des réseaux sociaux et du média internet, ont permis d’augmenter la visibilité de la discipline et justifier du sponsoring de haute valeur. En 2010, la valeur d’un investissement qui auparavant était : 1 euros investit égale 3 euros de retour, c’est transformé à peine quatre années plus tard, par 1 euros, égale 20 euros de retour. Désormais, c’est une combinaison qui se profile.

Combinaison des genres

Renault est de retour avec son équipe, Mercedes domine la discipline, Sauber imite Renault/Lotus (époque 2011), Red Bull Racing tente de réinterpréter l’histoire de Williams, tandis que Toro Rosso celle de Benetton. McLaren reconstruit son image pour revenir dans les années 70, Williams combine sa stratégie commerciale des années 2007/2009 et celle de 2011/2013. Force India reprend à son compte la stratégie de visibilité de son ancêtre Jordan GP. Honda après avoir voulu faire un remake des années 80/90, retourne à sa stratégie des années 2000. Enfin HAAS n’est qu’une réinterprétation de Benetton/Red Bull.

La Formule 1 entre ainsi dans sa phase de transition avant que les effets de son nouveau propriétaire effacent 40 ans de stratégie de Bernie Ecclestone, qui n’avait qu’une vision commerciale du marketing. Place désormais à la vision médiatique, pour un nouveau sens ?…

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Note du Mardi – L’accélération du cycle sponsoring

Note du mardiLe retrait de Banco Santander comme partenaire de Ferrari illustre assez bien l’idée que le cycle du sponsoring c’est raccourci. Passant de 10 à 8 ans désormais.

Durant de longues années, les équipes de Formule 1 proposait uniquement un produit à ses partenaires : Le temps de communication sur la marque. L’explosion de la médiatisation de la discipline a permis de réduire de 5 à 3 ans le temps d’assimilation. Puis, souvent, le sponsor quittait la Formule 1 pour investir dans une autre discipline destinée à mettre en avant son produit, puis enfin rechanger pour permettre de fusionner avec une dernière discipline pour mettre en avant le temps d’incarnation de la marque.

Vodafone durant sa première période Ferrari/Schumacher entre 2002 et 2006 a tenté de compressé sur la période les trois phases. Avec plus ou moins de succès. il était trop tôt. Son investissement auprès de McLaren entre 2007 et 2013 a été construit autour de la mise en avant du produit (souvenir des présentations des MP4-22 avec Fernando Alonso et Lewis Hamilton faisant des photos et mettant en avant les produits de l’opérateur). Puis le programme « Chase your Dream » a permis d’incarner la marque dans sa dernière phase à partir de 2011. Toutefois, Vodafone a investit l’équivalent de 795 millions de dollars pour en arriver là. C’était une première évolution.

Banco Santander et l’évolution

Lorsque Banco Santander arrive sur l’aileron arrière des McLaren en 2007, l’idée était de sonder. C’est le principe du sponsoring secondaire. Puis en 2010, l’établissement a défini une nouvelle stratégie dès suite à la crise financière et l’affaire Madoff (ou elle a été touchée), en misant sur un sponsoring plus massif et s’associer au duo Ferrari/Alonso pour maximiser son impact médiatique. Cette première phase d’investissement a coûté 150 millions d’euros.

Puis lors du renouvellement du contrat, l’idée de la banque était d’utiliser Ferrari comme une plate-forme pour ses clients et donc de mise en avant de ses produits premiums. Cela a durée deux saisons environ. Puis enfin, elle a investit 3 saisons à démontrer que son investissement en Formule 1 avait du sens pour ses clients. Au total 300 millions d’euros (345 si l’on compte l’investissement sur McLaren entre 2007 et 2009).

Notons qu’Infiniti Cars était passé de 250 millions d’euros d’impact médiatique en 2011 (pour un investissement de 5 millions) à 1 milliard en 2013 (pour un investissement de 20 millions d’euros environ). Grâce aux réseaux sociaux, l’accélération réduit le temps. A terme, un contrat de 6 ans suffira pour boucler le cycle.

La baisse des investissements à long terme

C’est une tendance qui s’affirme. L’Union des Banques Suisses a signé en 2010 son contrat de sponsoring avec la Formule 1 pour une première durée de 5 ans, avant de renouveler pour 5 nouvelles années. Le premier contrat était un achat publicitaire classique (250 millions de dollars), puis le nouveau contrat (200 millions de dollars) a évolué vers une plate-forme d’affaires permettant d’utiliser la Formule 1 comme un vecteur de relation publique efficace pour le business.

La démarche d’UBS est un temps long, car elle a choisi un investissement qui périclite rapidement après la deuxième année d’exploitation (90% de visibilité perdue). Mais souhaite rester sur la durée pour renforcer sa propre image d’entreprise solide et qui soutien ses partenaires sur le long terme. Toutefois le prochain contrat sera en baisse autour de 15/20 millions d’euros par année, selon les estimations.

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Note du Mardi – McLaren à la croisée des mondes

Note du mardiDepuis l’arrivée de Zak Brown à la tête de McLaren, une nouvelle image se construit sous nos yeux. Un retour à l’histoire et une première introduction à la passion. En cela McLaren s’inspire de Ferrari.

Entre 1981 et 2016, l’image de McLaren était celle d’un top team au palmarès impressionnant, qui était tourné constamment vers le futur. Cela a fonctionné jusqu’à présent, pour séduire des partenaires financiers, toutefois en voulant se transformer en plate-forme de luxe depuis 2014, la stratégie qui misait sur la récente évolution du groupe de devenir un constructeur d’hypercar, n’a pas fonctionné comme souhaité. Ainsi la direction de l’équipe a décidé de remercier Ron Dennis pour lancer une nouvelle stratégie avec Zak Brown.

Retour vers le futur

En 1967, Bruce McLaren avait signé un accord de fourniture moteur F1 avec BRM. Malheureusement le V12 3L anglais a pris beaucoup de retard et c’est un modeste V8 de 2L qui a propulsé les monoplaces rouges. C’est en 1968 que deux événements arrivent : La couleur orange et le moteur V8 Ford-Cosworth. A partir de ce moment les résultats décollèrent. Après une première approche en 1970 (Yardley signa finalement chez BRM) c’est finalement en 1972, que la marque de cosmétique Yardley sponsorisa l’équipe et Marlboro/Texaco enchaîna en 1974, pour en faire un top team.

De 1968 à 1971 il n’y avait pas de sponsors sur les monoplaces McLaren. Bruce McLaren vendait des monoplaces et barquettes à des clients pour financer ses programmes de course.  CanAm, Indy et même F1 ont été vendue à des équipes privées. Mais, la Formule 1 devenant de plus en plus coûteuse (300 à 500.000 dollars la saison à l’époque), l’arrivée de Porsche en CanAm et d’autres constructeurs pour les compétitions Indy ont scellé définitivement l’avenir du modèle économique.

Entre 2015 et 2017, Honda a été le principal financier du projet F1. En 2017, Brown a décidé de changer les couleurs de l’équipe de Woking. Exit le noir et le gris, place à un l’orange, avec une touche de noir. Exit aussi l’appellation MP4 pour laisser place à MCL. En 2018, l’orange sera plus visible sur les monoplaces et le moteur sera un Renault au lieu de l’anémique Honda. Le modèle économique changera lui aussi.

La passion au cœur de la nouvelle histoire de McLaren

A l’instar de Ferrari qui modifie ses décorations pour rappeler son passée, McLaren a décidé de revenir sur ses origines pour construire son avenir. Le retour des couleurs Orange avec Fernando Alonso en Indy 500 a été une première étape. L’image du passée de McLaren était d’avoir participer à des compétitions américaines. La participation aux 24h de Daytona 2018 de Fernando Alonso fait échos à cela. Ce n’est plus vraiment la marque McLaren, mais son ambassadeur sur les circuits qui fait l’image.

Brown se souvient que l’équipe la plus médiatisée des années 90/2000 derrière Ferrari était Jordan GP et sa couleur jaune. Dans le même temps, Lotus (période 2012 et 2013 avec Raikkonen) avait ses couleurs faisant échos à son passé (noir et or) permettait d’en faire une arme médiatique redoutable. La couleur orange et Fernando Alonso seront des avatars du modèle Jordan – Lotus/Raikkonen.

Le retour de l’univers comme nouvelle étape pour McLaren

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Note du Mardi – la Formule 1, sport de seconde zone dans le domaine sponsoring

Note du mardiL’acquisition de sponsoring pour les équipes est de plus en plus difficile en Formule 1. La manière classique d’entrevoir les choses n’est plus. Le départ de Banco Santander est l’illustration d’un changement de cap. D’un programme de sponsoring en exposition médiatique (2010/2011/2012) pour se montrer au monde, la banque a ensuite prolongée l’aventure qui c’est transformée sous deux formes : le sponsoring de réseau (utilisant la Formule 1 comme plate-forme pour ses affaires) et le sponsoring de sens (justifiant la synergie de la banque avec la Formule 1 ces deux dernières années). Mais ensuite ? La boucle est bouclée et Banco Santander s’en va vers le football qui lui permet de franchir une étape supplémentaire en matière de notoriété. Indiquant que désormais la Formule 1 est un sport de seconde zone.

Une situation forçant de s’ajuster. Zak Brown, nouveau patron de McLaren a récemment indiqué qu’il fallait désormais une saison pour crédibiliser une offre commerciale. Un virage compliqué à négocier, d’autant que les prix ne sont plus les mêmes.

L’ère d’un sponsoring à 40 ou 60 millions d’euros en cash n’est qu’un désir d’avenir sans lendemain. Depuis 2014, McLaren échoue à trouver le partenaire permettant s’assoir sa crédibilité. Autrefois forte pour trouver des partenaires, l’équipe de Woking est rentrée dans le rang. Pour 2018, le sponsoring principal de Red Bull Racing a fait le choix de l’échange technologique avec Aston Martin, comme Sauber dernièrement avec Alfa Roméo. Le retour du Business to Business imitant ce que Caterham F1 Team avait réalisé avec Général Electric entre 2012 et 2014. Il sera intéressant d’entrevoir le renouvellement du contrat Martini-Williams après 2019. La stratégie de l’équipe de Grove a jusqu’à présent été une réussite, mais bute sur des fondamentaux. Il manque 25 millions de sponsoring pour maintenir le projet. Lance Stroll a comblé ce que le marketing de l’équipe n’a pu obtenir.

Le départ de Banco Santander vers d’autres horizons va redistribuer les cartes. C’était le dernier véritable grand sponsor commercial. Pour maintenir son niveau économique, l’eldorado du B2B permettra un temps de maintenir le niveau de valeur d’exposition de 25 millions d’euros sur les ailerons arrière, capot moteur et pontons d’une monoplace. Mais il n’est pas impossible qu’un retour aux tarifs de 2005, plus réalistes, ne soit la solution.

Un emplacement, un logo

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Vettel et Ferrari

Sébatian Vettel FerrariAu cœur de l’été, les médias européens rapportaient une offre record de Ferrari à Sébastian Vettel pour 2018/2019 et 2020. 120 millions d’euros, soit 40 millions d’euros par ans. Un record, mais en réalité, c’est un salaire médiatique, qui ne sera pas la réalité.

Lorsque Sébastian Vettel signe son contrat avec la Scuderia Ferrari en Septembre 2014, le concept était le suivant : 28 millions d’euros en 2015, 30 millions d’euros en 2016 et 32 millions d’euros en 2017. Une évolution calculée sur la valeur de base du pilote (22 millions d’euros en 2014 avec Red Bull Racing, selon le Business Book GP  Get this issue in PDF (English) by clicking here 
Obtenir ce numéro en format PDF (Français) en cliquant ici) et sur l’évolution des performances des machines de la Scuderia. La prime en cas de titre de champion du monde était fixée à 5 millions d’euros.

Sergio Marchionne, est un homme de communication. En Juillet 2016,  Sébastian Vettel avait proposé à son patron une prolongation jusqu’en 2020.  Une idée refusée par le maître de Maranello, qui estime que c’est Ferrari qui doit proposer et non le pilote. Une notion de dominance qui est importante d’un point de vue marketing : C’est Ferrari qui crée la valeur pour le pilote qui évolue avec elle. Pas le contraire. Les performances des machines italiennes en 2016 ne permettant de toute manière pas d’établir une discussion pour prolonger en faveur de Maranello. Il a été signifié à Vettel qu’une prolongation sera discutée en 2017. Date de sa dernière année contractuelle. Une erreur.

Lorsque Nico Rosberg annonce son retrait de la Formule 1, une fois l’état de panique passé, Toto Wolff reçoit un premier coup de téléphone de Fernando Alonso qui annonce sa disponibilité pour une seule saison. Plus curieusement l’appel du quadruple champion du monde venu s’enquérir de la situation ouvre des possibilités. Wolff signe en réaction Valtteri Bottas pour une saison (2017) avec une option pour 2018, car il semble être possible de faire venir Vettel en 2019 chez Mercedes.

Les performances de Vettel chez Ferrari en début de saison vont ruiner cette idée à Brackley. De son côté le pilote allemand revient en position de force pour prolonger son contrat avec Ferrari. En Juin la proposition tombe : un contrat de trois saisons d’une valeur de 100 millions d’euros (qui sera majoré pour la presse de 20% pour donner une valeur massive à un contrat et jouer à un jeu de billard avec Mercedes qui doit prolonger Hamilton sur une valeur similaire). Un deal accepté par Vettel, mais les conditions ont changés.

En effet, Sébastian Vettel, alors que l’offre médiatique se répandait sur internet, imposa une clause de dernière minute : Une prolongation à sens unique. C’est-à-dire que désormais, chaque année jusqu’en 2020, Vettel activera en sa faveur sa prolongation à une date indiquée (Juin ou Juillet).

En réaction, au moment de la signature de l’accord Vettel/Ferrari au début de l’automne, la rumeur Verstappen/Ferrari dans les médias avec un salaire de 19 millions d’euros à la clé a surgit sans savoir pourquoi. Rumeur rapidement éteinte par la prolongation jusqu’en 2020 du pilote hollandais chez Red Bull fin octobre.

Sous le viseur d’une arrivée à Maranello, Daniel Ricciardo a récemment indiqué que les deux volants Ferrari seront disponibles en 2019. Un détail qui confirme l’idée d’une clause Vettel/Ferrari.

En coulisse, Ferrari et Sergio Marchionne à force de jeu essentiellement médiatique et de déshumanisation a probablement perdu deux pilotes en l’espace de quelques semaines. Vettel qui est le symbole de la relance de la Scuderia depuis 2015 et qui estime que le salaire n’est pas tout dans la vie et Max Verstappen avant même que cela ne devienne sérieux, qui estime qu’il a encore à construire sa carrière.

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Le prochain contrat de Lewis Hamilton chez Mercedes AMG F1

Lewis HamiltonLe quatrième titre de champion du monde de Lewis Hamilton, va ouvrir l’opportunité d’un nouveau contrat avec Mercedes AMG F1. Un contrat record.

L’actuelle entente entre les deux parties date de mai 2015. Un contrat de trois saisons (2016/2017/2018) établit sur une base financière de 32 millions d’euros (selon le Business Book GP Get this issue in PDF (English) by clicking here 
Obtenir ce numéro en format PDF (Français) en cliquant ici) et une évolution salariale sur l’obtention d’un titre de champion du monde. Cela n’a pas été le cas entre 2016 et 2017, ce le sera pour 2018.  Ce contrat est l’avatar du contrat qu’il avait signé chez McLaren entre 2008 et 2012 et même Mercedes AMG entre 2013 et 2015.

Lorsqu’en Février 2008, Hamilton signe son contrat avec McLaren Mercedes, l’évolution était implacable : 12 millions d’euros en 2008, 16 millions d’euros en 2009, 18,5 millions d’euros en 2010, 21 millions d’euros en 2011 et 23.5 millions d’euros en 2012. Mais cette évolution était uniquement conditionnée sur la base de l’obtention d’un titre de champion du monde. Hamilton a été titré en 2008 et entre 2009 et 2012 stabilisera son salaire à 16 millions d’euros. Même scénario lors de son passage chez Mercedes AMG F1. Le salaire était fixé à 20 millions d’euros et 25 millions pour l’obtention d’un titre. Il sera titré en 2014 et bénéficiera de l’augmentation par la suite.

La nouvelle convention entre les deux parties est destinée à se prolonger jusqu’en 2020. L’objectif des deux parties est clair : obtenir 7 titres de champion du monde pour le pilote. En cela les calculs du constructeur allemand sont clairs : avec un salaire qui augmentera en 2018, Hamilton sera le plus payé du paddock, mais avec le nouveau contrat quoi faire ?

Brackley étudie l’offre suivante : 38 millions d’euros de salaire de base avant même toute négociation avec son pilote. Une base qui ne sera pas définitive. En 2015, Toto Wolff avait proposé un salaire de 20 millions d’euros et 1 million d’euros la victoire à son pilote, qui a préféré une base de salaire de 32 millions d’euros par année et une évolution en cas de titre de champion du monde. Comme souvent dans ce domaine, la notion de continuité est une base de travail. Rien ne changera du côté d’Hamilton qui préférera prolonger son mode de négociation. En cela Toto Wolff l’a bien compris en proposer un salaire de base qui évoluera.

Le parallèle avec la proposition d’un contrat de trois saisons sur une base de 40 millions d’euros par année, proposé par Ferrari à Sébastian Vettel. Toutefois, comme souvent, la réalité de l’offre sera moins importante, Hamilton et Mercedes le savent très bien.

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Sauber et Alfa Roméo

sauber-alfa-romeo11 juillet 2017, la nouvelle tombe : l’accord entre Sauber et Honda a été annulé. Pourtant signé au début du printemps par Monica Kalterborn, avant son éviction, le projet de contrat indiquait que McLaren fournissait la boite de vitesse à Sauber. Tandis que Honda était disposé à offrir 40 millions d’euros d’apport financier en 2018 pour le budget de l’équipe suisse. L’avenir entre McLaren et Honda au début de l’été étant troublé, Sauber a rapidement négocié avec Ferrari une prolongation de l’aventure. Avec la promesse de perspectives.

Si Sauber a pu sauver les apparences avec cette prolongation, Sergio Marchionne a promis d’entrer dans le détail en temps voulu. Aujourd’hui les discussions entre Ferrari et l’équipe d’Hinwill tournent autour de la stratégie de Maranello et plus largement du groupe FCA.

Depuis 2015, la perspective de voir une Sauber en rouge et exposant au monde le logo d’Alfa Roméo est largement diffusée par Sergio Marchionne en personne. En coulisse, le patron italien souhaite rebaptiser l’unité moteur de la Sauber 2018 pour permettre à Alfa Roméo de revenir en Formule 1 et devenir un incubateur de jeunes pilotes. Une stratégie qui s’inspire largement de Red Bull depuis 2006 avec la Scuderia Toro Rosso. Ainsi, sur le papier, Charles Leclerc et Antonio Giovinazzi pourraient être les pilotes Sauber en 2018. Sauf que…

Sauf que Longbow Finance, le propriétaire de Sauber, souhaiterait avoir un programme complet de la part de Ferrari et FCA.

Le projet du fond d’investissements est de garantir un budget de 40 millions d’euros par année pour assurer l’avenir. Initialement trois axes ont été tracés. Le premier étant la commercialisation de la soufflerie d’Hinwill, le second est de permettre à Sauber de ne plus être un simple client moteur et le dernier étant une introduction en Bourse d’ici 2021.

Dès la signature du contrat avec Honda, Sauber a présenté un projet de Joint Venture industriel, permettant à l’usine de devenir un pôle technique performant et s’inspirer de Williams et McLaren en matière d’ingénierie commerciale.  L’annulation a révisé les ambitions à la baisse, mais l’objectif de dépasser le simple fait d’être un client moteur fait son chemin. En cela, il semblerait qu’une contre-proposition pour disposer gratuitement des moteurs Ferrari, rebaptiser Alfa Roméo dès 2018 et jusqu’en 2019 au minimum s’accompagne de l’apport du nom Alfa Roméo devant Sauber (à la façon de l’époque BMW – Sauber entre 2006 et 2009) et de la nomination par Ferrari de ses pilotes. Ainsi, contre un moteur estimé à 20 millions d’euros par année, Sauber deviendrait Alfa Roméo – Sauber F1 et devenir l’équipe B de la Scuderia Ferrari.

Si l’idée semble séduisante sur le papier, elle se heurte à la vision économique de la Scuderia Ferrari qui estime depuis 20 ans que vendre des moteurs est essentiel à son économie (environ 400 millions d’euros de bénéfice sur la vente des moteurs depuis 1997). En parallèle, le plan 2015/2016 d’investissement de 200 millions d’euros de FCA envers la Scuderia, sera prolongé jusqu’en 2020. Une rallonge de 20 millions pourrait compenser le manque à gagner de Maranello.

La signature Sauber-Ferrari de l’été indique une précipitation d’ordre technique (la conception de la nouvelle monoplace), et se heurte aux impératifs économiques. Longbow Finance souhaitant, ou faire des économiques, ou remplir ses objectifs, vend chèrement sa peau depuis l’automne auprès d’un Sergio Marchionne pris à son propre jeu de la communication de son groupe.

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Verstappen et Red Bull Racing

red-bull-2016« C’est déjà une affaire importante ! Mais certainement pas le plus cher de notre histoire. Cela aurait dû être le contrat de Sebastian Vettel pour les années 2012  à 2014. » a indiqué à Sky Sport F1, Christian Horner, le patron de l’équipe Red Bull Racing. Une indication importante au milieu des spéculations.

Alors que beaucoup dans le paddock ont indiqué que la prolongation jusqu’en 2020 de Max Verstappen aurait une équivalence à plus de 20 millions d’euros par année, l’histoire depuis le départ est bien différente. Historiquement, Red Bull Racing n’a depuis sa création en 2005 jamais était plus loin qu’un line up à 25 millions d’euros. Lors de son ultime contrat en 2008, David Coulthard touchait l’équivalent de 10 millions d’euros et Mark Webber 5.5 millions d’euros, soit 15,5 millions d’euros total.

L’émergence de Sébastian Vettel et les titres de champion du monde entre 2010 et 2013 ont fait évoluer les choses. Le salaire du pilote allemand a évolué passant de 1 million d’euros en 2009 à 1,5 millions en 2010, puis 8 millions d’euros en 2011. Puis il y a eu l’entre 2012 et 2014. 10 millions d’euros en en 2012, 12 millions en 2013 et 22 millions en 2014. En parallèle, Mark Webber touchait 10 millions sur la même période 2012 et 2013 et Daniel Ricciardo a touché modestement 750.000 euros (sans les primes). Auquel il faut ajouter une prime de titre de champion du monde de 4 millions d’euros pour le premier titre, 6 millions pour le second et 8 millions en cas de triplé.

Ce qui entre 2012 et 2014 a fait pour Vettel un total (prime comprise) de 20.3 millions d’euros, 27.5 millions d’euros et enfin 23.3 millions d’euros pour 2014. Les plus gros investissements sur un pilote de l’histoire de Red Bull Racing.

Pour Max Verstappen, il a été indiqué que son nouveau salaire était en cohérence avec le marché des pilotes. Selon le BusinessBookGP, il touche 6 millions d’euros pour l’année 2017, pour 2018 il devrait donc évoluer entre 10 et 12 millions d’euros et une troisième année autour de 15 millions d’euros.

Alors que beaucoup s’étonne de la rapidité des négociations pour ce nouveau contrat, seulement 4 semaines de négociations et de la durée contractuelle de trois saisons, il y a un raisonnement à avoir. Jos Verstappen, père et conseiller de son fils, a connu Michael Schumacher chez Benetton en 1994 et sait que le pilote allemand a été 5 saisons dans l’équipe anglo-italienne avant de partir chez Ferrari. Fernando Alonso 5 saisons chez Renault avant de piloter pour McLaren, Lewis Hamilton est resté 6 ans chez McLaren avant de partir pour Mercedes et que Sébastian Vettel est resté 7 ans chez Red Bull avant de céder à Ferrari. Même Kimi Raikkonen est resté 5 ans chez McLaren avant de piloter pour Ferrari et gagner son titre de champion du monde. Pour se construire il faut rester un moment et Max Verstappen est jeune. Il le sera encore en 2020. Entre temps, Hamilton aura 35 ans, Vettel 33 ans et Raikkonen 41 ans. Les places seront libres chez Mercedes AMG et Ferrari.

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Note du Mardi – Williams cumul son expérience en sponsoring

Note du mardiDiscrète cette saison, l’équipe Williams concentre surtout son énergie à consolider son aspect économique afin de respecter ses objectifs d’atteindre 250 millions d’euros de budget. En cela, elle cumul son expérience de ces dix dernières années.

Forte d’un budget estimé par le BusinessBookGP 2017 à 189 millions d’euros, Williams est 6ème du championnat et en progression depuis 2014, loin derrière Mercedes AMG F1, Ferrari, McLaren, Red Bull Racing et Renault.

Retour en 2006

Après une saison 2006 marquée par le départ de BMW et le sponsor principal HP, Williams a consolidé son budget grâce à l’augmentation de la contribution de certain sponsor (Allianz par exemple) et la vente des contrats de Jenson Button et Nick Heidfeld. La Royal Bank of Scotland, alors sponsor secondaire de l’équipe en 2005 est devenu le principal grâce à un découvert de 21 millions de dollars en plus des 15 millions de sponsoring. RBS souhaitait pour 2007 un renfort du sponsoring pour terminer la décennie qui s’annonçait difficile alors. C’est ainsi que Williams a signé AT&T, AirAsia, Lenovo et renouvelé Petrobras pour un total 49 millions de dollars. Ajoutant que la FOM promettait 75 millions de dollars par année à l’équipe et le budget était intéressant pour l’avenir.

L’après 2008 va ébranler l’édifice. Lenovo parti chez McLaren, RBS touché par le scandale financier mondiale des subprimes indiquant ne pas prolonger son aventure au-delà de 2009. Pire, le deal avec le groupe islandais Baugur (d’une valeur globale de 120 millions de dollars) sombre lui aussi.

Après un remake de la saison 2006 en 2010, il fallait trouver une solution. Pastor Maldonado et PDVSA permettront d’entrevoir le bout du tunnel avec 32 à 38 millions d’euros d’apport annuels jusqu’en 2013.

Le fracas des mondes

Depuis 2014, Williams F1 fait la synthèse de son passée. Martini est l’équivalent de AT&T, Unilever l’équivalent de Lenovo, Petrobras est revenu jusqu’en 2016. La FOM a signé un accord spécifique avec une prime jusqu’en 2020. L’arrivée de Lance Stroll est un accord sur une base de trois saisons (30 millions d’euros en 2017, 35 millions en 2018 et 40 millions en 2019, selon les estimations.

Reste l’avenir. Martini a prolongé discrètement son accord jusqu’en 2019 contre 15 millions d’euros annuel, Unilever arrive au bout de son contrat de trois saisons (contre 15 millions d’euros annuel également), mais il n’est pas impossible que le géant anglais quitte Williams pour une autre équipe l’an prochain (comme cela avait été le cas de Lotus fin 2014), McLaren serait une cible séduisante, comme Renault. A suivre, car en cas de renouvellement la barre des 20 millions d’euros pourrait être atteinte.

Williams F1 de part sa présence en Bourse est concentrée sur son aspect financier, en cumulant son expérience dans le sponsoring depuis la dernière décennie. L’arrivée de Paddy Lowe lui permettra d’entrevoir un avenir à un plus haut niveau technique et sportif afin de consolider encore plus son aspect financier. Reste à trouver un remplaçant à Felipe Massa…

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