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Note du Mardi : L’ère des pilotes fils de milliardaires

Note du mardiIl y a quelques années, le pilote russe Vitaly Petov entrait chez Renault F1 Team, alors propriété de Genii Capital, avec un apport de 15 millions d’euros. En réalité un soutien de Moscou grâce au patriarche du pilote, qui était un des proches du président Vladimir Poutine. Quelques mois plus tard, Pastor Maldonado entrait dans le paddock avec le soutien de son pays et 32 millions d’euros. Une nouvelle ère était lancée. Elle est désormais remplacée par les fils de milliardaires.

Force India a signé en début de semaine un jeune pilote russe de 16 ans, comme pilote de développement. Nikita Mazepin. Son palmarès est anecdotique à ce stade, car il est surtout le fils de Dmitry Mazepin, un oligarque russe actionnaire de la plus grande entreprise d’engrais d’ammoniac en Russie, URALCHEM. Milliardaire de son état donc. Mais dont la dette de la société est estimée à 4 milliards de dollars par Bloomberg.

En fin de saison dernière, Williams F1 Team a confirmé le pilote Lance Stroll comme pilote d’essais. Il est le fils de Lawrence Stroll, milliardaire du prêt à porter et créateur de Tommy Hilfiger.

Une nouvelle ère de fils de

Ces pilotes sont dans l’aspiration d’un Giedo Van der Garde (soutenu par son beau père l’actionnaire principal de McGregor)  et du duo mexicain Sergio Perez/ Esteban Gutierrez (soutenu par le milliardaire Carlos Slim)

C’est une évolution progressive. L’idée initiale était de s’associer à un pilote représentant un pays (directement ou indirectement), avec l’espoir de signer d’autres partenariats. Pastor Maldonado (Venezuela), Vitaly Petrov (Russie) en était des illustrations. L’héritier de cette stratégie est encore Felipe Nasr soutenu par Banco du Brazil.

L’association avec un pays avait des risques et le filon exploité depuis 6 ans s’estompe petit à petit au profit de pilotes dont le père est multi-millionnaire ou milliardaire. Max Chilton, aujourd’hui en Indycar,  était soutenu au début de sa carrière F1 par son père Grahame, l’un des hauts responsables de l’assureur AON, dont la fortune était estimée à 100 millions d’euros. C’est au tour de Mazepin et Stroll de suivre les traces de cette évolution.

Le marketing des pilotes payants

La bonne conscience du paddock a un discours entendu concernant les pilotes apportant un budget. Ils sont là pour que l’équipe ne perde pas d’argent. Depuis un long moment, un pilote apportant un budget était destiné à combler le déficit de l’équipe. Une évolution qui a plus favorisé les pilotes doués pour les affaires au détriment du talent.

Pour rendre l’opération plus acceptable, les équipes après la crise de 2008 ont développés des packages inspirés par ce qui ce faisait dans les 80/90. A l’époque le sponsor augmentait sa participation au budget de l’équipe, à cause des coûts galopants de la technologie F1. Un prétexte qui a fonctionné une dizaine d’années. C’est ici la même chose pour les pilotes apportant ou garantissant les budgets.

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Vers une augmentation de l’influence Honda chez McLaren

McLaren Honda Le ciel au dessus de l’usine de Woking a été aussi sombre que les couleurs des MP4-30 en 2015. Si en interne le mea culpa technique est de rigueur, la stratégie a changée concernant Honda. L’heure n’est plus de critiquer son partenaire sous couvert de lettres émotionnellement troublantes pour la direction du constructeur japonais. La frustration passe et les intérêts économique reviennent au premier plan.

Dans une interview pour le magazine économique nippon Nikkei, le responsable F1 de Honda, Yasuhisa Arai a été obligé de reconnaître les erreurs et le manque de réalisme qu’à représenté l’entreprise du retour de la marque en 2015. Toutefois, il reste des points de divergences entre les deux parties.

Honda indique que l’étude du nouveau moteur a débuté en Août, au laboratoire de Sakura dans la préfecture de Tochigi.  Pour le moment la discrétion est de mise concernant l’engagement de ce nouveau projet. L’organisation Honda F1 est un aigle à deux têtes : Milton Keynes sert de première ligne pour la course, mais tous les projets de développements se réalisent à Sakura. Un laboratoire composé surtout d’ingénieurs n’ayant que très peu d’expérience de la Formule 1. En cela, le constructeur revient dans ses travers, emporté par son glorieux passé et sa doctrine du turn over qui était la cause du manque de performance au début des années 2000 et qui avait été profondément changé en 2003/2004 sous l’impulsion de son partenaire de l’équipe : British American Tobacco.

La situation est identique aujourd’hui, une décennie plus tard, mais la capacité d’écoute nippone est moins évidente. McLaren a souhaité l’embauche d’ingénieurs européens, extérieur à la culture Honda, mais le retour du constructeur japonais s’accompagne d’une philosophie différente.

Une philosophie favorisant la main-d’œuvre et les têtes pensantes japonaises, ainsi qu’une communication discrète. Yasuhisa Arai  n’a pas le droit d’annoncer une hausse du budget F1. Toutefois, le président Takahiro Hachigo a confirmé un engagement 2016. En langage asiatique, cela signifie qu’une augmentation de budget a été accordée. Il était de 300 millions d’euros en 2015, selon les données du BusinessBookGP (édition française et english edition).

Plusieurs fois le budget moteur de Honda a évolué depuis 2013. Passant de 100 millions à 150 millions, puis 300 millions aujourd’hui. Il pourrait être de 320 à  350 millions demain.

La perte de sponsoring du côté de Woking sera compensée par l’augmentation du budget de Honda. Le marketing McLaren aurait proposé que les couleurs rouges et blanches reviennent sur le devant de la scène. En échange, Honda a accepté que certaine marque signée par l’équipe anglaise soit valorisée sur les McLaren. Surtout les marques premiums.

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Total – Renault : Committed to better energy

Romain Grosjean Total L’affaire PDVSA/Lotus-Renault devrait trouver son épilogue d’ici vingt-quatre heure. L’ultime échéance pour le pétrolier vénézuélien de déposer le premier versement de son contrat 2016. En attendant, un pétrolier en chassera un autre sur la prochaine monoplace de l’usine d’Enstone.

En 2014, la cohabitation entre PDVSA et Total était des plus confuses. Le premier déboursait 38 millions d’euros pour une visibilité sur les rectos des ailerons avant et arrière des E22. Le second via un apport estimé par le BusinessBookGP 2014 à 3 millions d’euros devait se contenter d’une présence sur les flasques latéraux et les rétroviseurs et 5 millions pour la promotion de l’équipe via Romain Grosjean.

Pour 2016, le retour de Renault à Enstone est également le retour de Total comme partenaire. Malheureusement l’arrêt du programme du constructeur français avec Red Bull Racing laisse un important manque à gagner en termes de visibilité pour le pétrolier français. De plus, l’arrêt du partenariat avec RBR aura un impact sur le budget de Lotus-Renault évaluée entre 25/30 millions d’euros. Ce qui mérite quelques considérations et une plus importante visibilité sur la prochaine monoplace.

A l’origine, l’idée était que PDVSA s’expose comme aujourd’hui sur les ailerons avant et arrière et que Total dispose des pontons latéraux. Les deux parties devant accepter que leur marque soit entourer de noir, afin de ne favoriser personne et mettre surtout en avant l’image de Renault Sport F1.  Mais la résiliation de l’accord avec les vénézuéliens ferait augmenter la visibilité du pétrolier français sur la prochaine monoplace.  Un accord serait déjà convenu…

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Kevin Magnussen, l’alternative de Renault au duo Maldonado/PDVSA

Kevin MagnussenL’émergence de Kevin Magnussen dans l’échiquier d’Enstone résulte d’une manœuvre de pression de Renault envers le pétrolier PDVSA, mais aussi pour réduire l’influence de l’ancien propriétaire luxembourgeois.

Selon Autosport, le danois a signera son contrat dans les prochaines heures et sera présenté le 3 Février par Renault. En remplacement de Pastor Maldonado ? Peut-être ou peut-être pas. L’annonce démontre que les manœuvres récentes autour du pétrolier vénézuélien, PDVSA n’ont pas abouti vers une issue heureuse. Pour la saison 2016, par l’intermédiaire de Genii Capital, la société avait acceptée, à la fin de l’été, de financer l’équipe basée à Enstone et nouvelle propriété de Renault Sport, à hauteur de 45 millions d’euros. Un contrat uniquement d’une saison qui devait être confirmé 10 jours après l’annonce de reprise par le constructeur français. Le silence des dirigeants vénézuéliens menaçait irrémédiablement le volant de Pastor Maldonado.

Auparavant, le pétrolier payait en une seule fois son sponsoring à Lotus F1 Team à l’aube de l’automne. Toutefois l’an dernier PDVSA avait retardé à Janvier son versement, soupçonnant son apport comme une garantie de remboursement de dette. Une année après, la situation économique de l’entreprise publique laisse entendre qu’un échelonnement de son investissement (en trois fois ?) serait à l’étude. Le premier versement devant aboutir sur le bureau de Renault le 30 Janvier au plus tard. Une situation qui réduit encore plus l’influence de Genii Capital qui dispose de 10% du capital de l’équipe. Le fond d’investissements avait été mandaté par le constructeur pour garantir environ 50 millions d’euros dans le budget 2016 de Lotus F1 Team. En cas de défaillance de PDVSA, la somme devra être couverte par la société luxembourgeoise. Selon toute vraisemblance.

Avec la signature de Kevin Magnussen serait une sorte d’assurance pour Renault, en cas de défaillance du duo Maldonado/PDVSA.

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SportMarks – FC Barcelone – Neymar et l’enjeu du renouvellement de son contrat

Neymar fait bien des envieux et son futur est encore incertain. - @Facebook

Terminant troisième du Ballon d’or 2015, le Brésilien Neymar est l’objet d’une convoitise importante de trois clubs, en plus du FC Barcelone qui vise une prolongation. Derrière le duo Messi, Ronaldo déclarant 65 et 54 millions d’euros de revenus en 2015, Neymar complète le podium avec des émoluments annuels estimés à 36,5 millions d’euros, dont 10 millions de salaire. L’enjeu pour le FC Barcelone est de renouveler le contrat du brésilien expirant en 2018. Malheureusement les tarifs vont exploser.

Opération Neymar

Selon la presse espagnole le Real Madrid préparerait une offre faramineuse : 35 millions d’euros de salaire, ainsi qu’une prime à la signature de 30 millions d’euros. La maison blanche proposant même 190 millions d’euros pour libérer le joueur de sa clause. L’objectif du Real est de trouver un successeur à Cristiano Ronaldo.

Le Real Madrid et le PSG fourbissent leurs armes

Côté Paris Saint Germain, l’autre prétendant, une offre d’un total de 150 millions d’euros pour attirer le joueur serait à l’étude. Les dirigeants parisiens estiment à 125 millions d’euros le transfert et 25 millions la prime à la signature. Le salaire ne serait pas encore connu, mais estimé à plus de 20 millions d’euros par an. Puisque l’objectif du PSG est d’être un club mondial, Neymar fait figure de candidat idéal.

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Pat Fry : Faire entrer Manor dans une autre dimension

Manor GP LogoL’annonce Lundi de la signature de Pat Fry comme consultant de l’équipe Manor est le premier signe de l’évolution de l’équipe anglaise, comme une junior team de Mercedes-Benz.

Fry est un ingénieur ayant une doctrine qui n’a pas réellement évoluée depuis une dizaine d’année. Venant en ligne droite du bureau d’étude Renault ou il a été l’un des concepteurs du système de la conception en équipe doublé (une équipe concevant une monoplace une saison et une seconde équipe pour la saison suivante), l’homme a ensuite signé chez McLaren en 2008, puis chez Ferrari en 2011. A chaque fois, Fry a initié le concept de la double équipe de conception avec moins de succès qu’à l’époque de Renault F1.

Toto Wolff souhaite faire progresser Manor. La signature de la fourniture moteur Mercedes-Benz pour 2016 s’accompagne d’un consulting technique informel. Une réponse allemande au projet Haas/Ferrari, qui reste un partenariat de soupçons.

Entre 2012 et 2013, Pat Symonds avait mis en place un bureau d’étude pour installer une culture de conception qui a permis une première progression. Pat Fry mettra en place deux équipes de conception pour la monoplace 2017 et 2018, car la monoplace 2016 est en réalité celle qui devait rouler en 2015. En cela, Manor s’inspirera à son échelle de ce que Mercedes AMG F1 a mis en place entre 2011 et 2014, avec l’embauche de Bob Bell, Aldo Costa et Goeff Willis.

Je vous invite à lire dans le détail : L’héritage Ross Brawn et Brawn GP 

Pendant que Force India cherche à imiter Williams, Manor va ressembler à une mini Mercedes AMG F1 avec l’ambition de viser le milieu de grille et même pourquoi pas la place de Williams à moyen terme.

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La normalisation de Ferrari

Abu Dhabi 2015 Vettel Raikkonen FerrariLa nouvelle indépendance capitalistique de Ferrari SpA pourrait avoir des conséquences dans plusieurs domaines majeurs. Le premier étant l’augmentation de la production de voiture et le second concernera la Scuderia.

En plein Salon de Détroit, Sergio Marchionne a indiqué à la presse qu’à l’horizon 2019 la production de Ferrari dépassera les 9.000 voitures par an. Le plafond des 10.000 unités, historique pour la marque est en ligne de mire. Cette annonce fait également échos à la chute de 16% de l’action depuis Octobre 2015. En cela, Ferrari deviendra une société automobile comme les autres dans sa communication.

Selon les estimations de la banque Mediobanca de Milan, si la production augmente à plus de 9.000 unités, le bénéfice progressera de 59% pour s’établir à plus d’un milliard d’euros. Toutefois pour passer à l’étape supérieure, il y a deux manières : soit un SUV, soit un plus petit modèle. Le SUV étant naturellement exclu de l’ADN Ferrari, la relance d’une DINO, plus petite que le modèle 488 autour de 100/150.000 euros, est dans l’air du temps à Maranello. Principalement poussé par les logiques de marchés. Dans les prochaines années, Bloomberg indique que l’Amérique du Nord représentera 40% du marché des voitures de plus de 100.000 euros. La Chine seulement 6%. Un aspect important.

Cette normalisation de Ferrari en Bourse va avoir aussi des conséquences sur la Scuderia, mais dans le sens qui pourrait être perçut. Selon le BusinessBookGP2015 (version française and english version), le Groupe FCA (FIAT-Chrysler) subventionne à hauteur de 100 millions d’euros la Scuderia. C’est un détail intéressant, car si le constructeur devient indépendant du groupe italo-américain, l’équipe de course reste financée par Turin et Détroit. Ce qui la rend moins indépendante que par le passé, où l’usine de Maranello injectait jusqu’à 60 millions d’euros dans son écurie et FIAT n’en déboursait que 20. Les bénéfices du domaine automobile allant aux actionnaires et à la recherche et développement, la Scuderia ne bénéficie plus de cette attache entre les deux mondes crées par Enzo Ferrari.

En cela, la Scuderia devient une filiale de FCA et imite les autres constructeurs des années 2000 en Formule 1. Aujourd’hui le modèle est Mercedes AMG F1, qui est une imitation de Renault F1 Team période 2002-2009. Mais elle peut devenir un avatar de Jaguar ou de Toyota assez rapidement. Si les objectifs annoncés ne sont pas atteint. L’histoire entre FIAT et Ferrari depuis 1988 nous démontre la propension des manageurs de Turin à imposer leur vision à l’équipe F1, quand les objectifs ne sont pas à la hauteur des l’investissements. Il aura fallut le retour de Luca di Montezemolo en 1992 pour retrouver l’indépendance de la marque.  Cette évolution de Ferrari comme une marque en bourse et la Scuderia comme une filiale d’un grand groupe automobile subventionnée rend subitement moins exclusive Ferrari. Qui ne sera désormais plus qu’une marque.

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Honda – La perception du futur

McLaren Honda 2015En indiquant que si Williams souhaite avoir une chance de remporter le titre mondiale, l’équipe de Grove devait changer de moteur en osant passer de Mercedes-Benz à Honda, Damon Hill met le doigt sur un détail important : la place du constructeur japonais dans l’échiquier.

Après une saison difficile, malgré une courbe de puissance évoluant progressivement, tout en étant encore derrière Ferrari et Mercedes-Benz.  Honda devrait être, selon le champion du monde 1996, dans de bonnes dispositions pour la saison 2016. Tandis que la marque allemande et la Scuderia Ferrari gèrent leur fourniture moteur à la fois politiquement et sportivement, en faisant varier les évolutions de leur client, Honda ne sera pas dans cette optique, car simple fournisseur d’unité moteur, mais visant la domination. Seule manière d’obtenir la visibilité nécessaire pour un retour sur investissement massif.

Le contrat McLaren indiquait une fourniture exclusive pour une saison (2015) et une possibilité d’ouverture sur le marché dès 2016, mais sous conditions de la part de McLaren qui disposait d’un droit de véto. Un droit utilisé l’an dernier avec Red Bull Racing, mais qui n’existe plus aujourd’hui. Toutefois, le constructeur japonais a indiqué qu’il serait disposé à équiper l’équipe que son choix en complément de McLaren en 2017. Une promesse d’avenir pour une alternative qui pourrait être séduisante.

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Gravity, l’autre versant de l’affaire Lotus-Renault

Lotus F1 2015A Abu Dhabi, les représentants de Lotus F1 Team et de Renault ont trouvé un accord concernant la cession de l’équipe basée à Enstone au constructeur français. Le contrat est prêt, il n’attend plus que la signature du PDG Carlos Ghosn. Si le document n’est pas paraphé, le plan B est de continuer avec le moteur Mercedes et sous le nom de Lotus en 2016. Toutefois, l’accélération récente des événements a aussi un levier plus méconnue : L’affaire Gravity.

Annoncée en liquidation volontaire en janvier 2015, la société Gravity Sport Management est l’objet d’une bataille juridique violente entre ses actionnaires. Crée en 2009 pour soutenir des pilotes F1 dans un premier temps, la société disposait d’une activité de gestion des droits des pilotes de l’équipe Lotus (environ 20% des salaires). D’après le journal économique luxembourgeois, PaperJam, d’importantes incertitudes sur la valeur des actifs de Gravity Sport Management opposent Promobe Finances lié au promoteur immobilier Flavio Becca, au duo Lopez-Lux. Ces derniers ont proposé de racheter les parts de Becca via une société au nom très proche de la première, Gravity Sport Agency.

Cette guerre violente entre les deux camps est présente partout. Dans la F1, le secteur immobilier et la construction. En bref tous les secteurs ou les (ex) associés sont liés.

En amont du GP d’Abu Dhabi, Gravity Sport Agency (la nouvelle entité) a proposé 2,47 millions d’euros pour la reprise des parts de Becca. Sauf que le clan de ce dernier estime la part perçue par Gravity Sport Management sur le salaire de Romain Grosjean n’est pas comprise dans la valorisation. En réponse, ses partenaires actionnaires ont indiqué que le pilote français ne percevait pas de salaire de la part de l’équipe Lotus en 2015. Une somme d’environ 4 millions d’euros (selon le BusinessBookGP 2015).  Les derniers comptes indiquaient que Gravity Sport Management a perçu  922.000 euros sur le salaire de Romain Grosjean. Une demande de clarification des actifs a donc été demandée.

Pour payer les 33,3% de Gravity Sport Management, la nouvelle société Gravity Sport Agency proposait un paiement en 14 mois à échéances semestriel courant jusqu’au 1er Juillet 2022.

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Note du Mardi : Etre champion du monde et devenir conseiller de pilote

Note du mardiL’après carrière est toujours une période délicate pour un pilote, surtout quand celui-ci est champion du monde de Formule 1. Certain s’inspire du Tennis pour s’inscrire dans un projet de carrière valorisant.

Auparavant la situation était clair, les champions du monde quittaient la scène et se tournait le plus souvent vers le business. Certains sont même devenus plus riche que durant leur carrière de pilote en créant des sociétés commerciales, c’est le cas de Jackie Stewart, Niki Lauda, Jody Scheckter et Nelson Piquet. D’autres ont continué leur carrière de pilote comme Mario Andretti et Nigel Mansell. Enfin il y a ceux qui ont eu une carrière hybride, ayant crée des équipes F1, puis reprenant leur carrière de pilote et miser sur des investissements. Alain Prost et Emerson Fittipaldi font parti de cette case.  Peu de champion cherche à devenir conseillé, voir agent d’autre pilote. Pourtant Mika Hakkinen et Jenson Button sont dans ce mouvement.

L’exemple du tennis

Le mouvement est né dans le championnat ATP de Tennis. Si Raphael Nadal est toujours conseillé par son oncle, Roger Federer est désormais conseillé par Stefan Edberg, Novak Djokovic par Boris Becker et Andy Murray par Amélie Mauresmo. Chacun de ses conseillés sont d’anciens numéro mondiaux. Un ensemble qui a des réussites visibles. Federer est devenu efficace, Djokovic une machine à gagner et Murray a franchi un cap vers le top 3 (il est actuellement numéro 2 mondial).

Hakkinen et Button dans l’aspiration

Après une retraite courte et une seconde carrière de pilote en DTM, Mika Hakkinen avec le soutien de son ancien agent, Didier Cotton, c’est lancé dans le conseil de pilote. Le double champion du monde finlandais aide la société de management dans son accompagnement de champion. Valtteri Bottas est l’exemple concret de cette politique.

Ce sera aussi le cas de Jenson Button, actionnaire de la société The Sports Partnership, le champion du monde 2009 s’emble s’inscrire dans la même optique. L’ambition du pilote anglais est d’inspirer un nouveau pilote anglais en Formule 1. Plus jeune. Comme un reboot de sa carrière. Arrivée à 20 ans chez Williams, Button est devenue une coqueluche qui a perdu du temps dans ses choix de carrière. Une expérience qu’il souhaite mettre, à 35 ans, à profit pour le futur champion anglais. Spéculons sur l’idée que le remplaçant de Button chez McLaren, soit un pilote conseillé par Jenson Button en personne à l’horizon 2017.

Notons la contribution de Kimi Raikkonen dans la carrière de Felipe Nasr. Coactionnaire de l’équipe de Formule 3 Raikkonen Robertson Racing, le deal est un classique du genre : en échange du financement d’une saison de F3, la carrière jusqu’en F1 est géré par Steve Robertson. Nasr actuellement chez Sauber bénéficie de ce schéma rodé depuis des années.

L’idée d’avoir un pilote champion du monde conseillé d’un autre pilote en devenir est intéressante en terme marketing pour la Formule 1. La présence de Niki Lauda chez Mercedes AMG F1, de Keke Rosberg dans la gestion de son fils Nico et d’Alain Prost comme ambassadeur de Renault Sport sont des exemples intéressants de mutualisation d’images. En ajoutant l’idée de conseiller un autre pilote, la perspective est certes risqués, mais hautement valorisante pour l’ancienne gloire. Et une excellent storytelling pour la Formule 1.

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