Archives de la catégorie : Management

Lewis Hamilton et sa clause de performance

Lewis Hamilton 2014 GP ItalieAvec le sourire, Ron Dennis était présent dans le paddock de Monza. Le grand patron de McLaren était heureux de souligner les très bons résultats économiques de son empire aux journalistes anglo-saxon souhaitant obtenir une réaction aux sous-entendus de Toto Wolff laissant deviner que si la guerre entre Hamilton-Rosberg nuisait à l’image du constructeur Mercedes-Benz, l’un des deux devra quitter l’équipe. Ils l’ont obtenu sous la forme d’un indice.

« La disponibilité en Formule 1 n’est pas aussi noir et blanc que vous le croyez » débute t’il à l’adresse des journalistes anglais. « Parfois, il y a des clauses de performances qui fournissent l’opportunité aux pilotes de partir et avec ce mécanisme il est possible de dire que l’on n’a pas atteint cet objectif. » Avant de conclure plus énigmatique : « Sans parler des choses qui ont été dites par les dirigeants ou les pilotes, nous pouvons tous imaginer une série de scénarios qui pourraient voir un de ces pilotes (Mercedes) sur le marché d’ici la fin de l’année. »

La suite de son intervention n’est qu’une suite de mesure de communication corporate commune (le fait de ne pas changer de pilote pour l’an prochain et que Button et Magnussen sont de grands pilotes etc…)

Juillet 2011. La presse britannique dévoilait une clause du contrat de Lewis Hamilton permettant au pilote de quitter McLaren une année avant l’expiration de son contrat (fin 2012) à la condition unique qu’il ne soit pas champion du monde ou que l’équipe ne soit pas championne du monde en 2011. Cette clause a été ajoutée par Anthony Hamilton, sur les conseils de Steve Robertson durant l’été 2007, lors des négociations avec Ron Dennis pour la signature d’un nouveau contrat entre Lewis Hamilton et McLaren.

Quelques mois plus tard, la clause de sortie de fin 2011 d’Hamilton a été affinée. Le contrat de 5 ans annoncé initialement était en réalité un contrat de trois ans (2008/2009/2010) et deux années en option. Les options 2011 et 2012 dépendaient du fait que Lewis Hamilton soit en tête du championnat du monde au 1er Septembre. Ce qui expliquait alors les rumeurs Red Bull – Hamilton de Juin/Juillet 2010 pour la saison 2011.

Connaissant cette clause, entrecoupant l’observation de Ron Dennis et le choix de Lewis Hamilton lors de son arrivé chez Mercedes AMG F1 (voir ici), l’idée d’une clause de champion du monde en 2014 comme levier de performance dans un contrat avant prolongation pour 2015 est logique.

Ainsi, nous pouvons imaginer qu’au 1er Septembre 2014, si Hamilton n’est pas en tête du championnat du monde des pilotes, il ait la possibilité de discuter ailleurs. Et que suite à l’incident de SPA, cette clause (d’un commun accord) est repoussé au 31 Octobre, suite au gêle des négociations entre l’anglais et l’équipe pour une prolongation jusqu’en 2018. Si début Novembre Hamilton n’est donc pas en tête du championnat du monde pilote, il aura la possibilité de quitter Mercedes AMG F1 et retrouver son élan de négociation à son avantage.

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Daniel Ricciardo gagne plus en primes qu’en salaire

Prime au talent pour la star montante de la F1 2014, Daniel Ricciardo - @Facebook

C’est la nouvelle star de la Formule 1, fort de trois victoires, dont deux consécutives. Daniel Ricciardo était jusqu’à présent une excellente affaire pour Red Bull Racing. Etait, car désormais, l’australien coûte cher à son écurie.

Quand Ricciardo a signé son contrat avec Red Bull Racing, il a en effet accepté de n’être rémunéré « que » 750.000 euros sur l’année 2014, à condition qu’il soit augmenté en 2015 s’il était performant. La prolongation ayant été activée dès le début de l’été, Riccardo sera toujours présent dans l’équipe autrichienne, la saison prochaine. Reste que si son salaire actuel est bas, ses primes sont, elles, plutôt importantes.

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Jeu d’échec à moyen termes Alonso-Hamilton-Vettel

Echiquier, echecC’est une partie de billard à trois bandes à moyen termes qui se joue sous nos yeux entre Lewis Hamilton, Fernando Alonso et Sébastian Vettel autour du volant McLaren-Honda. Ou plutôt un jeu d’échec avec un coup d’avance. Le coup étant une saison dans ce cas présent.

En entrant dans le jeu des transferts à la fin du printemps, Ron Dennis a sérieusement perturbé le jeu bien entendu alors. Fernando Alonso avait son contrat jusqu’en 2016 avec Ferrari, Sébastian Vettel lié jusqu’en 2015 avec RBR et Lewis Hamilton avec Mercedes jusqu’en 2015 également. Rien ne pouvait laisser croire à un changement. Rien, sauf que le constructeur partenaire de McLaren pour 2015, Honda, souhaite pour son retour un line-up de haut niveau. Composé d’un champion du monde, voir de deux si possible. La marque nippone est prête à payer pour cela. Cher. Plus cher que le marché. Au point que révulser la concurrence qui avait déjà anticipé en 2014 le tsunami japonais.

Sur le papier, Fernando Alonso touchera un salaire de 28 millions d’euros l’an prochain avec Ferrari. Sébastian Vettel 24 millions d’euros et Lewis Hamilton 25 millions d’euros. Alors que l’unité de mesure de McLaren pour séduire ces trois pilotes est un salaire de 30 millions d’euros comme base de discussion.

Ainsi la course à la clause autour d’Alonso, Vettel et même de Lewis Hamilton est distillé dans la presse pour mieux mettre la pression.

Ce qu’il faut comprendre de la situation actuelle est :

1/ Fernando Alonso a annoncé sont intentions de terminer le job chez Ferrari. Il ira jusqu’au bout de son contrat 2016 avec la Scuderia. Mais (car il y a un mais), il faut que Ferrari soit au niveau. Sa restructuration s’inspire beaucoup de celle de Ross Brawn avec Honda/Brawn 2008/2009. L’espoir à Maranello est donc de courte durée. Paradoxalement il a indiqué qu’il n’était pas en discussion avec McLaren, mais a confirmé que des équipes étaient intéressées par ses services. Ou comment confirmer une information que l’on vient pourtant de démentir dans la même phrase.

2/ Sébastian Vettel est tenté par l’aventure McLaren-Honda. Il souhaite gagner du temps et obtenir plus de garanties de Woking. Pourquoi ? Pour obtenir la même chose de Renault-Infiniti avec Red Bull Racing. En 2013, le constructeur japonais Infiniti a signé un contrat personnel avec le pilote allemand indexé sur celui de RBR (jusqu’en 2016 donc) et l’équipe autrichienne aurait demandé une augmentation (financière car le technique est déjà acquit) pour permettre à Vettel de rester en 2015 chez RBR.

3/ Lewis Hamilton a été contacté au début de l’été par McLaren. Il avait décliné, puis a relancé l’affaire une fois que son père Anthony Hamilton, soit revenu fin juin auprès de la destiné sportive de son fils. Le spectre McLaren sert à obtenir plus de Mercedes AMG. Suite à l’affaire de SPA, le constructeur allemand a annoncé n’avoir l’intention de discuter de l’avenir d’Hamilton qu’en fin de saison. Tout en obtenant du champion du monde la garantie d’exclusivité pour 2015. C’est-à-dire que Hamilton est désormais interdit de discuter avec d’autres équipes jusqu’à fin Octobre environ. La confiance a un prix.

Les rumeurs concernant le retard de l’unité moteur Honda proviennent d’Italie et son pilotée depuis Maranello. Les récentes sorties médiatiques des uns et des autres sont destinés à apaiser les esprits. Alonso ne veut pas détruire le projet Ferrari avant Monza. Vettel souhaite encore donner une chance à Red Bull et Hamilton n’a pas le choix que d’attendre.

Notons qu’une nuance est à présenter dans ces histoires. McLaren peut signer (ou avoir déjà fait signer) des contrats ou précontrat avec Vettel, Alonso, voir Hamilton. Récemment le discours autour du marché des transferts de McLaren a signé cette nuance. Signer un pilote en 2014, pour l’obtenir en 2016. 2015 serait un bonus.

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Note du Mardi : Les clauses de sorties des pilotes

La semaine dernière le magazine allemand Auto Motor und Sport  dévoilait une clause permettant à Fernando Alonso de quitter Ferrari : Si le pilote espagnol a plus de 25pts (l’équivalent d’une victoire) de retard sur le leader du championnat du monde pilote au 1er Septembre, il est possible pour lui de quitter la Scuderia.  L’histoire des clauses de sorties sont toutes aussi étonnante les unes que les autres.

Depuis les années 90 et les contrats à plusieurs millions de dollars sur une période supérieur à deux ans, les clauses de sorties pilotes sont indiquées comme volet de pression. Auparavant un pilote signait un contrat de deux ans ferme. Depuis les contrats d’Ayrton Senna chez McLaren en 1988-1990 et Alain Prost chez Ferrari (1990-1992) les clauses de sorties sont entrées en scène.

La plus connue reste la clause de performances.  Par le passé, le pilote étant plus influent que l’équipe cette clause était imposée pour avoir l’opportunité de quitter une équipe pour une autre plus performante. Depuis le développement de la Formule 1 autour des constructeurs dans les années 2000, les marques automobiles ont équilibré les rôles. Désormais le team peut se séparer de son pilote et le pilote à la possibilité de partir également.

Sébastian Vettel a une clause lui permettant de quitter dés la fin 2014 Red Bull Racing dans le cas ou il ne termine pas 3ème du championnat du monde des pilotes et/ou qu’il ne signe pas minimum deux victoires dans la saison. Dans le cas de Fernando Alonso c’est une double clause :  D’une part si Ferrari ne termine pas 3ème du championnat du monde constructeur à la date du 31 Juillet et d’autre part si l’écart au championnat pilote est supérieur à 25pts au 1er Septembre de chaque saison.

Il y a 10 ans, Jenson Button avait un contrat avec BAR-Honda qui indiquait que si le pilote avait au 31 Juillet de chaque saison 70% des points du leader, il était prolongé. Le plus souvent la clause indique la place de l’équipe au championnat du monde des constructeurs.

L’autre clause est une clause technique. Avoir un moteur officiel, un ingénieur ou la garantie technique égale à son équipier, sont les plus courantes. En 2004, lors du Button Gate opposant BAR-Honda à BMW-Williams, le principal problème était que l’équipe BAR n’avait pas de moteur Honda officiellement annoncé à la date d’échéance de la clause permettant de prolonger automatiquement Button, en cas de moteur Honda officiel au-delà de 2004.

Nous savons que pour le cas de Sébastian Vettel son contrat est indexé sur la présence d’Adrian Newey dans la direction technique de Red Bull Technology. Enfin, en 2007, Fernando Alonso a cassé son contrat McLaren-Mercedes en jouant sur le principe du doute sur l’équité technique du team de Woking envers sa personne et son statut de numéro 1 de l’équipe.

Enfin l’autre clause est une clause d’image. Imposée par les constructeurs automobiles propriétaires des équipes dans les années 2000, elle est l’héritage du fameux licenciement d’Alain Prost de chez Ferrari fin 1991.  Cette clause impose une auto-censure des pilotes. Ces derniers ne doivent pas critiquer publiquement ou voir leur propos repris dans la presse indirectement, sous peine de licenciement (ou de forte sanction comme uner retenue de salaire).  Cette clause a été activée par Ron Dennis en 2007 contre Fernando Alonso pour justifier le départ interne du double champion du monde espagnol auprès de son partenaire moteur, Mercedes-Benz.  Plus loin de nous, Alain Prost avait retenu 500.000 dollars du salaire de Jean Alesi en 2001 suite à des propos de l’avignonais dans l’Equipe durant l’été 2001. Notons que cette clause est essentiellement rattachée aux équipes soucieuses de leur image et non des pilotes. Il n’est pas connu de pilote qui ait quitté une équipe parce que l’équipe lui donnait une mauvaise image (une clause d’avenir toutefois).

Un cas qui peut se rattacher à cela serait un défaut de paiement des équipes envers les pilotes. Nico Hulkenberg est parti de Force India, puis de Sauber à cause de cela. Idem pour Kimi Raikkonen avec Lotus. Mais la séparation est basiquement financière et non un déficit d’image de l’équipe envers le pilote.

Héritage des précédents contrats, surtout sur la période 2000-2007, les accords d’aujourd’hui accordent  juridiquement une place nouvelle au pilote. Auparavant lié au bon vouloir du constructeur, qui décidait de sa carrière via des contrats long terme (3 ans minimum), le pilote peut désormais entendre la petite musique du choix de son avenir avec l’introduction de clauses de performances, ou d’avenir technique essentiellement,  au détriment de l’équipe. Equilibrant l’ordre des choses et ouvrant de nouvelles perspectives.

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Le statut de Nico Rosberg chez Mercedes AMG F1

Nico Rosberg Mercedes W05Les relations entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg, si elles atteignent un pic d’animosité ces derniers jours, donnent l’opportunité d’une nouvelle lecture. En plus du management de Toto Wolff, c’est le statut bien particulier de Nico Rosberg qu’il faut traduire.

Lorsque le pilote allemand signe avec Ross Brawn et Norbert Haug son contrat 2010 (valable jusqu’en 2012), Nico Rosberg savait qu’il devait composer avec un autre grand pilote à ses côtés. A l’époque Haug souhaitait Kimi Raikkonen et Ross Brawn envisageait le retour de Michael Schumacher. Le septuple champion du monde est arrivé en Décembre 2009 avec un contrat de trois années et le statut « implicite » de Numéro 1 naturel. Rejetant Rosberg au rang de numéro 2, mais avec de meilleurs performances en piste en 2010 et 2011.

Performances qui seront valorisées en deux temps. En 2012, Nico Rosberg prends le statut de numéro 1 de l’équipe et la promesse de le prolonger jusqu’en 2015 avec Mercedes AMG F1. Ce qui a été réalisé en quelques mois. Puis arrive 2013.

Ross Brawn et Norbert Haug avant de partir séduisent Lewis Hamilton avec un contrat de trois ans (2013, 2014 et une option 2015). Champion du monde en 2008, Hamilton s’impose naturellement aux yeux de Ross Brawn qui voulait que l’équipe s’articule autour de lui. L’an dernier, lors du GP de Malaisie l’allemand avec une certaine menace dans la voix demande à Ross Brawn, après avoir cédé la place à son équipier : « Bien. J’espère que vous allez vous en souvenir plus tard. » Brawn s’en souviendra une fois en effet. Mais a imposé Hamilton au championnat du monde. Pendant que Rosberg gagnait deux victoires à une pour Lewis.

Ross Brawn parti, c’est Toto Wolff et Niki Lauda qui gèrent désormais les pilotes. Personnes d’expériences les deux autrichiens ont toutefois été pris au piège du clan Rosberg. La prolongation insistante du pilote allemand était un signe de son statut envers son équipier (qui devra attendre la fin de saison pour avoir droit au même traitement). Un acte psychologique dans une guerre qui a débutée réellement lors du GP de Malaisie 2013 entre les deux hommes.

Pour mieux comprendre le statut de Nico Rosberg aux yeux de Toto Wolff, il faut lire la déclaration de ce dernier dans la presse pour justifier le report des discussions entre Mercedes et Hamilton pour une prolongation au-delà de 2015. Elle est édifiante.

«Lewis était nouveau dans l’équipe il y a un an. Auparavant, il était presque à vie chez McLaren, qui était comme une famille pour lui. Il a dû trouver son chemin dans un nouvel environnement avec nous, il a dû gagner la confiance de nos troupes. 2013 il a évolué pour nous et a activement participé à l’élaboration de la voiture de 2014. Il a clairement indiqué ce qu’il avait besoin. Ainsi, il est intégré dans la culture de l’équipe. Nous sommes devenus sa nouvelle famille, avec laquelle il envisage à long terme. »

Ce qu’il faut comprendre dans cette déclaration est simple : Lewis est jeune dans l’équipe. Le terme de « Famille » est indiqué pour montrer une direction commune à respecter. Le terme « chemin » est la décision qui doit être prise. « La culture » est une manière de comprendre la situation.

Lors de la signature d’Hamilton, la déclaration de Ross Brawn a été la suivante :

«Je crois que la combinaison de Lewis et Nico sera la paire la plus dynamique et passionnante sur la grille l’année prochaine et je suis impatient de ce que nous pouvons réaliser ensemble. Au cours des trois dernières années, nous avons construit les fondations et les blocs de construction nécessaires pour rivaliser régulièrement pour le championnat du monde. Le potentiel est maintenant là pour rivaliser avec n’importe quelle autre équipe sur la grille. »

En somme, pour Ross Brawn, Lewis est venu pour renforcer l’équipe qui a été construite avec patience  et solidité pour permettre de belles performances d’avenir, tandis que Toto Wolff  laisse sous entendre une autre lecture de l’arrivée d’Hamilton, plus obscure peut-être, moins linéaire. Tout le contraire de Nico Rosberg qui est là depuis 2010, qui a tout vécu en interne (il a la confiance de l’équipe, il fait partie de la famille depuis longtemps et il connait la culture du team pour y avoir posé sa patte avec le temps. Ainsi il compte bien récolter ce qu’il a discrètement semé. Dans l’esprit de Toto Wolff donc.

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McLaren, Vettel et Alonso dans la dernière ligne droite

McLaren MP4-29Autosport indique que McLaren pousse très fort pour signer Sébastian Vettel et Fernando Alonso, mais serait prêt à attendre 2016 ou 2017 pour obtenir leurs services, contre un engagement ferme des deux pilotes. Ce qui signifie deux choses. Soit que McLaren souhaite déjà signer des contrats avec les pilotes, soit qu’un précontrat est une option.

Premier choix de McLaren, selon nos informations. Nous savons que McLaren a déjà proposé depuis six mois un contrat à Fernando Alonso. Jusqu’à présent ce document a surtout servi de moyen de pression à Maranello, à tel point que Marco Mattiacci, en ayant pris connaissance de l’initiative de Ron Dennis, affirme à chaque course que le duo Alonso-Raikkonen sera chez Ferrari en 2015. Uniquement dans la presse (finlandaise, italienne et dernièrement sur la SKY). Fernando Alonso a refusé l’offre de prolongation jusqu’en 2019 qui lui a été proposé, préférant honorer son contrat jusqu’en 2016 et s’assurer des options.

Le cas Vettel est nouveau. Dans la presse allemande, Helmut Marko distille de nombreuses critiques de velours envers le quadruple champion du monde. Sébastian Vettel est disponible pour quitter l’équipe RBR en cette fin d’année. Contractuellement. L’implication de Red Bull Technology dans le système hybride  du futur moteur Energy Renault, égalise la déception de voir partir Adrian Newey de ses fonctions dans l’équipe autrichienne à Noël. Tout cela est fait pour maintenir l’intérêt de Vettel qui est séduit par l’idée de tenter une autre aventure. De plus, si départ il y a de Vettel, cela s’inscrira dans la logique de Red Bull en Formule 1. En effet, les jeunes pousses de Toro Rosso ne font que trois saisons, tandis que chez RBR les champions s’établisse pour 6 ou 7 ans (Webber 7 ans et Vettel est dans sa 6ème saison). La logique sera respectée pour faire un turn over de la filière. Surtout que Daniel Riccardo sera un bon leader en 2015 en cas de départ de l’allemand.

Autosport laisse entendre que les contrats Vettel-Alonso-McLaren pourraient être signés d’ici le GP de Singapour. Mais d’ici là un autre pilote pourrait revenir. Le deuxième choix de Ron Dennis sur la liste : Lewis Hamilton.

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Jenson Button et les trois scénarios McLaren

Jenson Button McLaren Belgique GPDans le paddock du Spa-Francorchamps les certitudes concernant l’avenir de Jenson Button chez McLaren étaient transparentes :  99% de chance de partir. Au micro de SKY, David Coulthard parlait pour la première fois de « départ ». Mais il existe encore un pourcentage de prolonger l’aventure à Woking. Voici les trois options.

En Juin 2014, Jenson Button affirmait que le moment de discuter de l’avenir n’était pas encore venue. L’été est passé est l’intérêt de McLaren pour renouveler le contrat du champion du monde 2009 est au point mort. Dans le paddock de Spa, Button a donc tenu un autre discours. Plus alarmiste. « Je ne me sens pas mal à l’aise. C’est une situation inhabituelle, c’est vrai. Parfois, cela arrive de cette manière. L’équipe est à la recherche des pilotes les plus rapides disponibles. Parallèlement, nous (Kevin Magnussen et lui) donnons le meilleur pour obtenir des performances. C’est la seule chose que nous pouvons faire. » Le message et les arguments du pilote pour une prolongation sont limpides.

Depuis Juillet, Richard Goddard, l’agent de Button prend contacts dans le paddock. La piste Williams, gelé à cause du salaire minimum exigé, a été relancé fin Août. Le crie de Button en Hongrie : « Je suis champion du monde, j’ai un statut qu’il faut respecter », est révélateur de la considération qu’il espère dans le paddock. La piste Williams se transforme en leurre rapidement masqué par la piste Lotus, en remplacement de Romain Grosjean. Après la séquence Raikkonen, Enstone ne serait pas contre retrouver un champion du monde dans ses murs. La perspective du moteur Mercedes-Benz en 2015 est prometteuse. Le problème étant l’aspect financier.  Toujours. Il n’est pas impossible d’ailleurs que pour obtenir des garanties et ne pas se retrouver dans la situation de Raikkonen en 2013, une avance sur salaire soit demandée par Goddard pour son client.

Côté McLaren la première solution pourrait être de proposer une prolongation d’une seule année (2015), avec un salaire en baisse. Anticipant à l’avance une possible demande d’augmentation, souhaité avec l’arrivée de Honda et le manque de performances en 2013 et 2014.  Avec comme perspective la possibilité de laisser la place à un autre top pilote.

La seconde solution pourrait être un remake de Mika Hakkinen. Ron Dennis peut attendre une proposition de Richard Goddard pour Button et lancer une contre-proposition radicale qui ne pourra être que refusée par le champion du monde 2009. Provoquant soit un départ de Button vers une autre équipe (mais le marché est en manque d’options séduisantes, comme nous l’avons exposé plus haut), soit vers le retrait et une année sabbatique avec perspective hypothétique de revenir à l’horizon 2016.

Enfin la troisième option est de faire un remake de Kimi Raikkonen. McLaren propose une prolongation de contrat pour 2015 en échange d’un salaire intéressant (16 millions d’euros par exemple), afin de s’assurer une option convenable. Puis, signer un autre pilote et payer Button pour ne pas courir et ne pas renforcer une autre équipe, comme l’a fait Ferrari avec Raikkonen en 2010.

La situation de Jenson Button, aujourd’hui, est dépendant de McLaren. Sans proposition de la part de Woking, le pilote n’a plus de valeur et se retrouve fragile sur le marché.

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Mercedes F1 à la croisée des chemins de son management

Toto Wolff 2014La collision (volontaire ou pas) entre Lewis Hamilton et Nico Rosberg à SPA est le pic d’une série d’événements tragiques en matière de communication et de management. Toto Wolff, après le Grand Prix de Hongrie était fier d’annoncer la nouvelle politique de Mercedes AMG F1 pour ses pilotes : Pas de consignes. Estimant que ces deux champions sont intelligents et que l’intérêt supérieur de la marque allemande les rendra responsables. Le résultat du GP de Belgique brouille le beau projet et impose au patron de l’équipe allemande de nouvelles méthodes. Mais le peut-il ?

Pour comprendre comment le duel Hamilton-Rosberg en est arrivé là, le focus doit se faire dans le style de management « à la l’allemande » prôné depuis son arrivée par Wolff dans la culture de l’usine de Brackley. Auparavant le style était hérité de Ross Brawn, large partisan de favoriser un pilote au détriment d’un autre et des décisions en petit comité (héritage de Jean Todt). Cette méthode a clairement été entrevue l’an dernier. Les décisions étaient prises en entretien individuel et la réunion n’était que l’aboutissement de décision déjà prise en coulisse. Cette méthode a permis de confirmer Hamilton dans son statut de pilote champion du monde face à Nico Rosberg lors de la saison 2013.

L’antithèse de Ross Brawn, Toto Wolff n’agit pas comme un patron dans le sens anglais ou français du terme. Idéologiquement son comportement insiste à discuter ouvertement  en réunion du bien fondé de telle ou telle décision ou projet, sans que cela ait pour effet de remettre en cause l’autorité du patron. Aussi, l’exemple de l’intégrité du patron doit inspirer ses pilotes dans leur comportement en piste. Cette méthode, si elle marche dans l’industrie qui épouse une doctrine de la vision à long terme, elle n’est pas véritablement adaptée au rythme de la Formule 1 et du sport business en général.

En définitif, par rapport à un management inspiré par Ross Brawn, rapide et brut,  Toto Wolff souhaite marquer de son empreinte l’équipe par une méthode « allemande » et dépense son énergie à convaincre son entourage direct avant de prendre une décision. En résulte le concept de consensus. Nous en sommes là à Brackley aujourd’hui. Toto Wolff va chercher à tout prix un consensus pour le bien être de l’équipe, de la marque Mercedes-Benz et de son autorité. Mais pas pour le bien de l’entente de ses deux pilotes…

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L’avenir de Jenson Button

Jenson Button 2014 GP HongrieLa situation du renouvellement de contrat de Jenson Button est l’exact opposé de la prolongation conclue l’année précédente.

La stratégie de Richard Goddard, l’agent de Button, était subtil. En opposition à la stratégie Simon Fuller-Lewis Hamilton en 2012, l’avocat anglais avait compris que l’ambition de McLaren était au statu-quo. La reconstruction de l’équipe d’une part et le manque de perspective pour le champion du monde 2009 provoquant cette situation.

18 mois plus tard la situation n’a malheureusement pas progressé. Pourtant le temps presse. En Juin, Jenson Button avait estimé que ce n’était pas encore le moment d’entrer en discussion avec l’équipe de Woking. Une erreur tactique ? Pas vraiment, l’objectif est surtout de jouer la montre.

Ron Dennis doit gérer les inquiétudes de Honda concernant le marché des transferts. Le constructeur débute ainsi sa communication d’avenir, affirmant que l’objectif est de gagner dès 2015. Un message pour dissiper le doute, mais Fernando Alonso (priorité de l’équipe), Sébastian Vettel et Lewis Hamilton n’ont qu’une écoute polie. Les inconnues sont trop nombreuses à Woking pour ce lancer.

Côté Button, après une approche auprès de Ferrari, profitant du flou Raikkonen et observant la situation de Lotus. Richard Goddard c’est dirigé du côté de Williams pour monter un plan de retour du pilote anglais dans l’équipe qui l’a fait débuter en 2000. Le salaire exigé étant trop important pour Frank Williams, l’idée en est restée là. Pour le moment. En parallèle, Goddard a demandé une prolongation de deux ans (2015 et 2016) à McLaren qui ne souhaiterait qu’une seule année (2015) pour se donner de nouvelles perspectives.

le danger de Button est qu’il existe une autre alternative à Woking : Acheter un contrat d’une des deux révélations de l’année 2014. Valteri Bottas et Daniel Ricciardo sont dans le viseur, tout comme Daniil Kvyat. A défaut d’obtenir une recrue de choix, Ron Dennis peut parfaitement refaire l’histoire. L’achat du contrat de Kimi Raikkonen à Sauber en septembre 2001 avait fait beaucoup de bruits à l’époque. Cette solution alternative est sérieusement étudiée dans les bureaux de Woking.

Pour Button l’avenir se dessine par la suivante : prolonger chez McLaren avec un salaire à la baisse et une saison ferme. Ou alors viser la place de Bottas chez Williams. Dans tout les cas le dénominateur commun est que ses prétentions salariales seront fortement réduite pour 2015.

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Hamilton inverse les rôles chez Mercedes

Lewis Hamilton GP Allemagne 2014Dans les jours succédant l’annonce de la prolongation de Nico Rosberg, Toto Wolff et Niki Lauda ont débuté les discussions avec Lewis Hamilton pour une prolongation de contrat dans la même aspiration que ce qui avait été conclu avec le pilote allemand. Si Lauda a directement été démarché le pilote, suivant ses méthodes. Wolff cherchait un interlocuteur, il l’a désormais trouvé en la personne d’Anthony Hamilton.

Lorsque Simon Fuller a signé son contrat de management avec Lewis Hamilton en 2012, l’ambition de l’impresario était de reproduire à l’échelle de la Formule 1 le succès de David Beckham. Homme de marketing, il avait soufflé l’idée d’emmener Roscoe, le chien d’Hamilton dans le paddock et de transformer le pilote en personnage fun. Pour entretenir sa notoriété le pilote doit réaliser presque toute les semaines des voyages aux Etats-Unis, suivant le plan média. Des voyages fatiguant et sans résultats tangibles pour le moment. Hormis donner l’impression d’un pilote de talent s’éparpillant, l’image de champion du monde 2008 s’entrechoque avec celle de Nico Rosberg, concentré sur l’objectif du titre.

Courant Juin, voyant qu’il avait besoin de plus de rigueur si il voulait viser sérieusement le titre pilote, Hamilton a demandé à son père de revenir dans son entourage. C’est pourquoi Toto Wolff a débuté les discussions sur l’avenir du pilote, non pas avec Simon Fuller, mais avec Anthony Hamilton depuis une semaine. Un changement notoire pour l’avenir.

Dans l’aspiration du contrat actuel, Mercedes propose une extension pour 2016 et 2017 avec une nouvelle option pour 2018.  Nous entendons qu’Anthony Hamilton a déjà donné le ton en indiquant que le salaire de son fils devra être augmenté de 5 millions d’euros chaque année et que l’option 2018 sera validée à la condition qu’il devienne champion du monde sur la période 2015-2017!

Le contrat actuel garantissait 20 millions d’euros en 2013 et 2014 et une augmentation à 25 millions d’euros pour 2015. La prime de titre était fixée à 5 millions d’euros. Pour 2016 le salaire sera de 30 millions d’euros, 35 millions d’euros en 2017 et donc 40 millions d’euros en 2018 en option ! Soit le double de ce que touchera Nico Rosberg. Une manière d’affirmer le statut de premier pilote informellement à son équipier et dans l’équipe.

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