Lorsque l’affaire du SingapourGate a fait trembler les murs de l’usine d’Enstone, la FIA a été clair en sanctionnant l’équipe Renault F1 Team de trois ans avec sursis, avec obligation pour le constructeur d’être encore visible dans le nom de son équipe jusqu’à la fin des Accords Concordes du moment. Ses derniers se terminant en 2012.
Le fond d’investissements luxembourgeois Geniii Capital, inconnu jusqu’alors, devient le propriétaire de ce qui restait d’une équipe en décomposition, avec cette contrainte : avoir le nom de Renault jusqu’en 2012. 2010 étant passé, la signature d’un contrat de sponsoring important (30 millions d’euros par année au total) avec Lotus Group – Proton comprenait un principe de Naming. Une manière astucieuse de contourner la sanction de la FIA. L’équipe se nommant LRGP pour Lotus Renault Grand Prix.
Las, une équipe d’origine française, dont le propriétaire est luxembourgeois et sponsorisée par un constructeurs de voiture de sport anglais, lui-même propriété du constructeur Proton, sous le contrôle bienveillant de l’Etat de Malaisie. Cela fait compliquer pour obtenir une image de marque.
Durant l’été 2011, une tentative de rapprochement sur un axe français, (avec demande de licence française) avait du sens. Un pilote français (Romain Grosjean), dans une voiture française sur le futur GP de France (Paul Ricard). Un tiercé gagnant qui a subi des secousses politiques.
Obligé d’avoir encore le terme Renault dans son nom en 2012, l’équipe se dirige vers une prolongation du terme LRGP pour l’an prochain. Certes Lotus Group dispose d’une option d’entrer dans le capital, mais pas avant 2014, selon nos informations. Soit lorsque Genii Capital sera le total propriétaire de l’équipe. Mais, il semblerait que cette idée ne soit plus à l’ordre du jour, car les dirigeants de Proton, ont publié un communiqué très discret durant le GP de Singapour, soulignant, avec étonnement « l’impact marketing de la marque Lotus dans le monde ». Précisant plus loin que «rien ne changera dans le partenariat entre les deux parties à l’avenir. » Si Lotus bénéficie d’une image forte en étant sponsor, rien ne sert pour elle d’être propriétaire.
La situation de l’équipe est donc compliquée. Construire une identité sur une contrainte majeure de préserver un nom jusqu’en 2013, tout en construisant sa vie, n’est pas facile et n’est visiblement pas compris par des médias à la puissante influence (ou par intérêt aussi).
Cela aurait été plus facile si l’équipe avait eu le droit de se nommer Gravity Team par exemple, mais Genii Capital ne pouvait pas. C’est un fait.