Rubens Barrichello, 19 ans et l’ombre de Senna
« Mes amis, je ne serais pas cette année chez Williams. Je souhaite que mon ami Bruno Senna le meilleur. L’avenir est grand ouvert. » tel ont été les mots de Rubens Barrichello sur son compte Twitter, après l’annonce de Bruno Senna. Le vétéran brésilien quitte discrètement la discipline, après 19 ans d’exercice. Un record.
Pour la première fois depuis le Grand Prix d’Afrique du Sud 1993, Rubens Barrichello ne sera pas au volant d’une monoplace de Formule 1 sur la grille de départ. Il cède sa place à un nom illustre qui aura hanté toute sa carrière. Senna.
Dès ses débuts, le triple champion du monde brésilien prend sous son aile le jeune homme de 21, qui avait signé un contrat de 4 ans avec Eddie Jordan. La monoplace n’avait pas l’allure de son illustre ancêtre de 1991 et Barrichello apporte environ 4 millions de dollars de sponsor brésilien. Pourtant, le jeune homme s’illustre lors du GP d’Europe à Donington ou il était 3ème avant qu’un problème technique ne ruine sa virtuosité sous la pluie. Une course encore dans les mémoires collectives pour la fantastique victoire d’Ayrton Senna. L’année 1994 sera meilleure et confirmera le talent de Barrichello. La J194 propulsée par un modeste V10 Hart, lui permettra d’obtenir un pôle position astucieuse à Spa Francorchamps cette année. Mais aussi de subit un terrible accident à Imola. Les images sont effroyables. Puis il y a eu 1995 et 1996. La période où Barrichello a été désigné comme l’héritier de Senna sur la piste. Le pilote devient une star et dispose enfin d’un salaire qui se compte en millions de dollars. Mais ses résultats en piste déçoivent. Un transfert avorté chez Ferrari (Jean Todt préférera Eddie Irvine) et le voici avec Jackie Stewart dans l’équipe éponyme, propulsé par un fragile moteur Ford. Et toujours ses 4 millions de dollars qu’il met à disposition dans le budget de l’équipe écossaise. La meilleure saison sera 1999, ou il rate plusieurs fois la victoire. Mais, le but est atteint. Un top team et un rôle de pilote N°1 bis avec Michael Schumacher.
Une période qui tournera au cauchemar pour Rubens Barrichello. Entre 2000 et 2005, il récoltera l’intégralité la majorité de ses victoires en carrière, touchera un salaire compris entre 5,5 et 12 millions de dollars, mais restera le N°2. Courant 2005, il quitte la Scuderia pour Honda. L’espoir renait.
Mais, il déchantera rapidement. Les voitures nippones ne sont pas au mieux techniquement et la fin de carrière s’approche. D’ailleurs, déjà, Honda signe un précontrat avec Bruno Senna fin 2008. Avant que Ross Brawn ne reprenne l’équipe et redonne un second souffle avec deux victoires en 2009. Williams décide d’utiliser son expérience en 2010 et 2011, mais jamais le brésilien ne sera en mesure de reproduire l’exploit. Pire, l’essoufflement était visible.
Pour 2012, Rubens Barrichello souhaitait participer pour fêter ses 20 saisons de Formule 1 et boucler la boucle. Il n’en aura probablement jamais le temps.









La phrase de Frank Williams est destinée à rassurer Nico Hulkenberg, mais aussi le vétéran Rubens Barrichello. Au point d’entretenir la confusion.